X. Non?.... Expliquez -moi donc comment il se fait que
votii voTifl arrêtiez Id avee plaisir, comment il se fait qtii « pour causer avec noas, vous négligiez peut-être des affaires importantes? C'est que vous êtes aitiri , retenu par un besoin, par ane sympathie. <« Je ne dis pas que le lien sympathique qui vous retient aveo notis soit bien puissant; car il n'y a peut-être entre ces messieurs et vous nulle communauté de goûts , nulle affinité de penchants-, et d'ailleurs, loin de développer les sympathies, la Civilisation ne fournit pas même le moyen de les reconnaitrCé.. Mais transportezvous par la pensée dans une société où chaque caractère serait connu , iitri^ où les sympathiques seraient naturellement portés les uns vers les autres; évidemment, au lieu de rester isolé , Thomme serait entraîné vers Thonmie. Or, puisque déjà , sans que nous soyons d'accord sur aucun objet, sans que nous ayons un but coomiun, ou même un bat quelconque, nous préférons à nos affaires, à nos études, à notre isolement de chaque jovr» ce groupe sans unité, sans harmonie, formé par le hasard et le désœuvrement. ^ calculez les heureux résultats que produirait un ou plusieurs groupes d'individus accompUssant librement et de concert une fonction intéressante pour tous* agissant synergiquement, dans le même but , unis et mus par la même pensée, jaloux de se distinguer, de se surpasser les uns les autres? Comprenez-vous Tardeur, le plaisir, la fougue, l'entraînement, Tenthousiasme d'un grdupe ainsi composé ? comprenez- vous ?
U ARCHITE CTE . Hum ! . • •
X. Ah ! décidément je suis plus intelligent que vous. Car moi, sans avoir lu Foorier, je crois que j'aurais trouvé dans le iait du groupe une révélation dont le sens m'eût peut-être échappé, mais non pas l'importance.
Et comme l'architecte restait ébahi :
«-Tenez, lui dit-il brusquement, consolez- vous, car voua
êtes fort en politique. Oui! vous êtes fort, très fort en politique. Je vous ai entendu l'autre jour soutenir une thèse... Ah ! mon cher, dit-il en se touroant vers moi, que n'étiezvous là pour entendre monsieur? Il s'agissait de la fameuse maxime : Le roi règne et gouverne ou ne gouverne pas
Le docteur. Ah! ah ! Et quel était l'avis de monsieur?
X. Je ne sais pas trop bien; moi, j'oublie facilement ces choses-là. Par exemple je ne me souviens plus si Abailard était rialiite ou nominal, chose très importante comme vous savez... Mais n'importe, il faut en convenir, monsieur s'est montré très fort.
L'architecte. J'étais donc sur ce point plus intelligent que vous?
X. Ah ! prenez garde! je vous ai dit tantôt quMl y avait des gens qui comprenaient la mesure du cercle , etc. , etc. Malheureusement il y en a d'autres qui comprennent aussi la quadrature du cc^rde! C'est absolument comme vous, lorsque vous parlez politique, métaphysique ou morale; oui, oh ! oui, alors vous êtes plus fort que moi.
L'architecte (vexé.) C'est incroyable ! ils sont là. Je ne sais où, une douzaine de pédants qui veulent régenter la société, lui imposer des lois...