X. Eh ! parbleu l c'est bien simple. Les meilleores inven
tioûft ont tine foule de côtés fâcheux aujourd'hui ; et voici pourquoi. ;L'iQventear étant isolé, comme tous les indus« irieQXy et n^ayant aucun moyen de produire sa machine, d'en tirer un bon parti ,f est inévitablement exploité par ces ioups-cerviersdfi Findustriequi, après avoir attendu patiemment que les inventeurs se soient ruinés, épuisés en longs efforts, en pénibles sacrifices, viennent, quand toutes les expériences sont faites, recueillir les fruits d'une affaire désormais sûre et qui n'a besoin que de capitaux pour donner d'immenses bénéfices. Voilà pour l'inventeur. Quant aux ouvriers, comme ils sont tous attachés pour la vie à une seule et unique fonction, il est évident que ceux dont une nouvelle machine vient supprimer le travail n'ont aucun moyen de se rejeter sur une autre branche d'industrie, et se trouvent ain^i ploi>gés dans la plus affreuse détresse. — Dans la Phalapge où^chaeun, obéissant à ses impulsions naturelles, De manqqe pas de vaquer à plusieurs occupations à la fois, l'introduction d'une nouvelle machine,^ loin d'être une cause de ruine pour quelques-uns, ne produit pas même le moindre froissement ; car elle ne représente pas autre chose qu'un moyen plus puissant de production, c'est-à-dire d'accroissement de ta richesse générale, et partant de celle des individus dans la proportion de leur capital, de leur travail et de leur talent, — sans compter la récompense acquise, assurée à l'inventeur qui, outre la gloire qu'il attache à son !)om, (gloire qu'en Civilisation il voit trop souvent lui échapper et passer à un autre), trouve, en Harmonie, lout l'argent, toutes les ressources et même tous les conseils nécessaires pour assurer le succès de son invention.
L'aghicultevr. Il est certain que de cette façon tout est pour le mieux.
Le docteur. H en est de même pour tout. C'est ainsi qu'est résolue tout naturellement la question de la Propriété ttltéralre «i aetistiqne. fit en général » soyes str que
timt problème qui n'a pas encore tronfé sa sototioA, tout débat sur lequel les avis sont également partagés, ne peut être résolu que dans l'Ordre combiné on sociétaire.... Mais à propos de machines, avez-vons remarqué, à l'Exposition, tontes les inventions dirigées contre les voleurs ?
X. Oui, et j'avoue que tontes ces précautions me paraissent fort comiques.
UiNDUSTRiEL. U j a dcs caisscs en fer qui valent, dit-on, jusqu'à 30 mille francs.
Le comédien. Diable! Uendes gens, après avoir payé la caisse, n'auraient plus ika à mettra dedans.
X. C'est pitoyable!... Poulr indi, je Taviniet tootei ces grilles qui s'ouvrent et seferment d'elles-mêmes, ces coffreforts qui tuent celui qui veut les forcer, ces serrures devant lesquelles la foule s'arrête ébahie , toutes ces belles et poé* tiques choses me semblent des inventions diaboliques devant lesquelles je passe le plus rapidement possible, car elles me répugnent ; je ne vois là que de la force perdue, que du temps mal employé pour la Société.
L'AmcHiTBCTE. Comment? Il firnt cependant bien se garantir, se préserver.
X. Eh ! monsieur, au lieu de faire des serrures si ingénieuses, au lieu de combiner, de calculer tout cet attirail de prévention , supprimez-moi les voleurs, morbleu I ce sera bien plus tôt fait.
— Ah! ah! ah! ah!
X. Mais sans doote; en d'mtne termes , fUtes que pe^ wwud n'ait ptiis intérêt a voler, et même ne pmm pins voler.
Lb peintre . La bonne plaisanterie ( .
X. Ne pensez pas que je plaisante. Au Phalanstère, il ne peut plus y avoir ni voleur ni receleur. C'est prouvé.
L'industriel. Mais si je veux vous voler votre montre?