Sixième leçon
l'homme à une moindre résistance et peut avoir des conséquences funestes.
Cependant ce principe si vrai, si nettement démontré, est chaque jour oublié par plus d'une ménagère, par plus d'une mère. Derrière les croisées fermées, les petits s'étiolent, tandis quils s'éi)anouiraient à lair li])re sous le soleil resplendissant !
Quels moyens avons-nous de cond)attre la viciation de l'air de nos demeures?
Ces moyens sont au nondjre de trois :
1° Faire, ou plutôt occuper des appartements assez grands pour que l'air ne s'y vicie pas trop vite.
i2" Renouveler cet air au moyen de la ventUation.
7)° Écarter les causes de viciation, c'est-à-dire ne pas salir i)lutôt que de nettoyer.
I. // faut faire des ajjjAirtcf/tcatf< assez vastes. Si quelqu'un vous demandait d'évaluer le volume d'air dune chand^re. vous diriez certainement, en Ijonnesélèvesque vous êtes, qu'il dé|)end <hi produit de la surface de la chambre nudtiplié par sa hauteur: et en général vous auriez raison. Au poiid de vue hygiénique cej)endant. il y aurait une restriction à faire, c'est que la hauteur de la pièce, au-dessus de i mètres, n'entre plus en ligne de conq)te: car au delà de cette hauteur l'air n'est plus utilisé j)our la i-espiration. et le seul i*(''sultat aurpiel on arrive, c'est d'avoir des pièces difficiles àchauffei*: il faut ajouter que ce fait se présente rarement. I) un autre c(Mé. du volume de la chambre il faut soustiaire le volume des ol)jets (pii s'y tiouvent: c'est pouiquoi on ne saurait trop v(kis lépéter d'éviter l'encond^rement des tentures et des meul>les.ils juennent la place de l'ail*, si indispensable à notre vie.— La Connnission d'hygiène de Paris a décidé de refuser toute pièce destinée à l'habitation permanente de jour et de nuit
COMMENT NOUS DEVONS NOUS LOGElî. 117
offrant moins de 14 mètres cubes par personne: et c'est là certes un minimum. Une chambre ayant A mètres sur toutes ses faces (4x4x4 =:(J4 m. c), occupée par le mari et la femme, est tout juste assez grande, et pour peu qu'il vieniK^ s"y ajouter un berceau, elle devient exiguë. Or, combien est-il de chambres plus petites môme dans des maisons riches ! Combien de femmes qui gardent les grandes pièces pour y recevoir une fois tous les huit ou tous les quinze jours leurs connaissances, et qui se contentent de vivre tom^ le>^ joun^ dans des espaces insuffisants ! Mais, me direz-vous, ne pourrait-on remi)lacei' le cubage par une ventilation plus énergique? Xon, pas complètement, car on ne peut renouveler plus de trois fois dans une heure l'air d'un appartement sans déterminer de véritables courants d'air.
II. // faut renouveler Vair par la ventilation. Cependant même dans des espaces suffisamment vastes il faut renouveler Tair par la ventilation.
En vous parlant de Fentretien de la maison (Leçon VI), je vous ai dit comment la ménagère pouvait nettoyer l'atmosphère de la demeure au moyen de courants d'air, mais pour cela il faut qu'elle dispose d'ouvertures opposées. Je ne comprends même pas comment on tolère encore des habitations n'ayant qu'une ouverture ou n'en ayant que deux situées du même côté, et cependant à l'heure actuelle, il existe encore en France 219 270 maisons n'ayant qu'une ouverture, la porte ; et I (35G636 maisons qui n'en ont que deux, la porte et la fenêtre presque toujours situées du même côté. A quoi nous sert-il donc de savoir que Fair pur est indispensable à la santé de l'être humain? Et tout nous le prouve ! N'avez-vouspas entendu parler de maisons spéciales situées à de hautes altitudes où l'air est précisément très pur, et dans lesquelles, grâce à cette pureté de l'atmosphère, on guérit des maladies graves telles
LE FOYEIÎ DOMESTIQUE.
que la phtisie? Pourquoi ne pas appliquer ces connaissances à la vie usuelle? Heureusement que bien souvent nous nous aérons sans le savoir par les parois, par les l'entes des portes et des fenêtres, etc. ~ Je vous parlerai tout à 1 heure des habitations à bon marché qu"ou a construites dans de nombreuses villes françaises;
toutes ces habitations à côté des avantages multil)les qu'elles nous ofliMMit devraient encore inaui2:urer des systèmes (le ventilation simples el pratiques. Pourquoi, ])ar exenq)le. ne pas établii* une viti'e du D' Castaing à chacune des croisées de la maisonnette?