‹ Le foyer; les amantsChapitre 103 sur 201 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

BIRO.N

Une misère?... Vous êtes bon, vous.

COURTIN

Voyons... mon ami... mon cher ami. Moi, Courtin... le baron Courtin... Ce serait épouvantable'

BiRo:,- Je suis navre, parbleu 1... je suis navré... mais tout cela ne fait pas que j'aie trois cent mille francs... à voire disposition...

COURTIN

Vous avez tant d'argenf :... Vous gagnez tant d'argent 1

Rnio->- Naturellement, j'ai de l'argent... Tout le monde a de l'argent... mais personne n'en donne... On ne donne pas d*argent... comme ça... pour rien... pour le plaisir... Ma parole, vous êtes comme un enfant... On voit bien que vous n'en avez pas, vous !

COIRTIX, cligne.

Ce n'est pas une honte...

BIRON, vite.

Je ne dis pas ça... Mais comprenez donc que ce n'est pas possible... Vous ne savez pas... vous ne savez pas ce que c'est de ne pas en avoir... ne pas en avoir du tout... Et tout ce qu'on fait pour en avoir!... Donner de l'argent... ça n'a pas de sens... A partir de dix mille... de quinze mille francs... l'argent, ce n'est plus de l'argent... C'est des affaires...

Il remonte jusqu'à la cheminée.

COURTIX

Allezl allez! Faites l'homme d'affaires... l'homme

intraitable... A vous entendre, on dirait que vous n'avez jamais obligé un anii... Et c'est moi qui vais vou§ rappeler tous les services que vous m'avez rendus !

BIRON, se retournant.

Permettez!... Ah! permettez!... Ce n'est plus la même chose...

COIRTLN', luneiix.

Taisez-vous 1... Qu'est-ce que vous allez?... Mais

taisez-vous donc 1

11 remonte. Un silence.

BIRON, criblant les dicnets de coups de pieds.

C'est vous aussi qui me faites dire des bêtises...

COIRTIN, s'approchant, hors de lui.

Des bêtises?... (De très près, à Biron, qui s'est rctoui-nê.)

Cynique que vous êtes T.. . (Le bras levé.) Une infamie!

BIROX, qui a soutenu le rc.aard furieux de Courtin.

Et puis après? (Même attitude.) Alîons, allons, les mots ne sont que des mots... Mettons que j'en ai dit quatre

de trop... Ça s'oublie... (Suivant Counin, qui s'éloigne,) Y a-t-il

de quoi perdre la têle?... Est-ce le moment?... Songez donc plutôt à votre situation... Changeant de ton.) dont il faut sortir.

COURTIN, se rclournaiit, maître de lui et ricanant.

Mon cher, parce que vous m'avez vu un peu nerveux... je sius nerveux le matin... ça m'arrive... Parce que j'ai eu la puérilité de vous demander un service... On se trompe, voilà tout!... Mais ne vous mettez pas en peine... Mon pauvre Biron, nous sommes du monde, nous autres, depuis des siècles... et je savais déjà très bien comme il faut vivre (Se couvrant,), quand vous commenciez de gagner votre premier argent...

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