ACTE PREMIER
Non... Je voulais parler du penchant que vous avez pour la satire, on ne se défie jamais assez du penchant pour la satire... A force de décrier les mœurs du temps, on fraie son chemin à la Révolution.
P.ELAIR
Dieu m'en garde 1
COURTIX
Je savais qu'il suffirait de vous avertir... Retenez bien ceci... Rion n'est capital, pour le maintien de l'ordre, comme de taire le mal... Il est beaucoup moins important de faire le bien que de taire le mal... Taire le mal... taire le mal... l'cmpécher, si l'on peut... mais, surtout, le taire...
BEL\IR, un pou étonné.
Voilà une maxime que je n'aurai garde d'oublier.
COIUTI.N
Elle vaut d'être méditée.
II 5C lève.
Alors, mon cher maître, vous me permettez de compter sur votre appui?...
COLRTIN
Vous pouvez y compter absolument.
Il lui tond la main.
BELAIR Merci, mon cher maître... (Il se dirige vers la porte, reconduit par Courtin.) Si je ne Craignais pas d'abuser, je vous demanderais la permission de vous mettre à contribution, pour une série... (H s'arrête.; pour une série sensationnelle que je prépare au Figaro, sur ce que j'appelle
le « Personnel de la Charité»... les « Salons cliari
labiés )) . . .
COURTI.>-
M:;is c'est fort délicat !...
BELAIR
Oh !... Ce n'est pas pour tout de suite... Pour l'entrée de l'hiver... La charité ne redevient d'actualité qu'aux premiers froids....
Il reprend sa direction vers la porte.
COURTIN
Eh bien... nous verrons à la rentrée...
A la porte.
BELAIR
Merci, mon cher maître... merci encore...
COl'RTIN
Taire le mal... taire le mal... taire le mal...
Bola'r approuve et sort en s'inclinant profondément. Il serre la mal de Dufrère qui paraît à la porte.