ACTE PREMIER
COrRTIN
Qui vous empêche...?
THÉRÈSE
Quoi?... De faire comnie vous?
COlRTIN, se rapprochant.
De donner aux malheureux ce temps dont vous ne faites rien... Je n'en parle, remarquez, qu'au point de vue de votre santé... La charité, rien de plus hygiénique...
THÉRÈSE
Si l'on pouvait distribuer de la joie... vraiment de la joie... à pleines mains I... Mais toutes vos œuvres, elles ne m'intéressent pas...
COURTI.X
Dites qu'elles ne vous intéressent plus... Vous, à qui j'ai connu une si belle ardeur, autrefois...
THÉRÈSE
Dans ce temps-là, je ne pensais à rien... Je prenais du plaisir à tout... Il ne faut pas rélléchir à ce qu'on fait quand on tient à son bonheur...
COrRTI.N"
Comme vous avez raison I... Vous réfléchissez beaucoup trop... Laissez-vous vivre. ;Un petit temps.) Le petit d'Auberval est ridicule, avec ses théories, son pessi-
uisme... 11 y a un peu de sa faute... sa société ne vous
.aut rien.
thérèsf:
Je ne sais ce que vous allez chercher... Je m'étonne ue vous ne me proposiez pas la gaieté d'Armand Biron...
76 LE FOYEU.
COUPvTI-N
Justement... Biron...
THÉRÈSE, agressive.
Et puis, ne dites donc pas toujours « le petit d'Aubcrvai ». Il s'appelle d'Auberval... Robert d'Auberval...
COURTLN
Ma chère amie, c'est de Biron, justement...
THÉRÈSE
En voilà un qui m'agace I... Dieu! Qu'il m'agace !...
Depuis quand?
THÉRÈSE
Depuis qu'il m'agace ! . . .
COURTIN
D'Auberval lui fait tort... d'Auberval a trente ans de moins et s'habille à ravir...
THÉRÈSE
Ça... oui!
COLRTIN
La belle affaire! Biron a pour lui des qu:ditc's plus sérieuses, et son intelligence...
THÉRÈSE
Je ne demande pas qu'un homme soit trop occupé de sa toilette, mais ce n'est pas une raison pour être
mis comme Biron. (Se levant pour aller s'asseoir à la tablebureau.) Ce qui fait ma joie, ce sont ses pantalons... Avez-vous remarqué ses pantalons?
COCRTl.N
Oui... Eh bien?