ACTE PREMIER
THÉRÈSE
Ils sont toujours trop courts... (Elle rit.) Je ne sais pas comment il fait, ils sont toujours trop courts... (Elle pouiTe de rire.) Avec ça, il a des prétentions à l'élégance.
COCRTIX
Eh bien, moi, je lui sais gré...
THÉRÈSE
Parbleu I II vous singe !
Un valet de pied est entré, apportant une carte sur un plateau. COURTLN
Je vous assure que ses efforts pour atteindre à la noblesse...
THÉRÈSE, riant et tombant dans le fauteuil.
Pouff!...
COURTIN
Ne riez pas, ma chère amie... Moi, je ne trouve pas le bourgeois gentilhomme si ridicule!... C'est un bel hommage que ces g^ns-là... Et puis, tenez, Birou... j"ai reinarqué souvent ce qu'on peut tirer de lui, en faisant appel à des sentiments de générosité, aux bcUes manières.
THÉRÈSE, se levant et marchant.
Je ne suis pas chargée de son éducation.
COURTIX
Sans doute...
THÉRÈSE
Son optimisme aussi. . . son optimisme entêté d'homme eurcux m'est intolérable...
Laissez-moi préférer cet excès-là... Laissez-moi vous dire aussi — et c'est sur quoi je voulais attirer votre attention — qu'il m'est pénible de voir comment on en vient à traiter Biron, parfois.
THERESE
Par exemple?
COl'RTIX
Oui... tenez... à la table, tout à l'heure... après déjeuner aussi... Il arrive trop souvent à d'Auberval de manquer de tact... Il est bien jeune... Et je n'aime pas... quand on vient d'être admis dans une maison...
THÉRÈSE, interrompant sèchement.
Faites-lui vos observations...
COUR TIN
Je ne dis pas... Si je vous en parle à vous, ma chère amie, c'est que, peut-être, sans vous rendre compte, votre manière d'être autorise ou semble autoriser les saillies de d'Auberval... (Thérèse sourit.) Mais oui, votre façon de rire à tout ce qu'il dit...
THÉRÈSE
Pourquoi Biron ne comprend-il pas qu'il vient trop souvent/... Cela devrait se voir quand on déplaît I...
COURTIN
Sérieusement... détestez-vous si fort le pauvre Bironï
THÉRÈSE
Je serais ravie d'avoir une occasion de me brouiller avec lui.