‹ Le Français à l'Université d'OttawaChapitre 2 sur 3 · L. M. Gervais, O.M.I., M.A., préfet des études · texte numérisé non relu

L. M. Gervais, O.M.I., M.A., préfet des études

T. Campeau, O.M.I., préfet de discipline.

A. Martin, O.M.I., trésorier.

Parmi ceux qui précèdent, à l'exception du révérend Père Constantineau qui, quoique français de nom et de sympa-

thie, peut être réclamé par les deux nationalités, le rév. Père Murphy est le seul homme de langue anglaise, et comme il a été récemment nommé curé de la paroisse St- Joseph, il n'a que peu ou point de temps à consacrer aux affaires de l'université.

La faculté de théologie se compose comme suit :

Rév. J. M. Duvic, O.M.I., D.D., doyen et directeur des étudiants en théologie.

Rév. M. Froc, O.M.I., D.D., professeur d'Ecriture Sainte et de droit canon.

Rév. H. Lacoste, O.M.I., Ph. D., D.D., professeur de théologie dogmatique.

Rév. L. Peruisset, O.M.I., D.D., professeur d'éloquence sacrée.

Rév. F. L. Perdereau, O.M.I., D.D., professeur d'exégèse et d'apologétique.

Rév. C. F. Faure, O.M.I., professeur d'histoire ecclésiastique.

Aucun de ces messieurs n'est de langue anglaise.

La faculté de Droit est inscrite dans le calendrier, mais elle n'existe que nominalement parce que bien que des degrés en Loi soient conférés par l'université, aucun élève ne s'est présenté aux examens depuis plusieurs années.

La faculté de Philosophie, d'après le calendrier, se compose comme suit :

Rév. N. Nilles, O.M.I., doyen ; professeur d'histoire et de philosophie morale.

Rév. E. Blanchin, O.M.I., vice-doyen, professeur de métaphysique.

Rév. H. Lacoste, O.M.I., Ph. D., D.D., directeur de l'académie St-Thomas.

Rév. W. J. Murphy, O.M.I., M.A., professeur d'astronomie et de physique.

Rév. A. Baron, O.M.I., L. Ph., professeur de logique.

Rév. E. J. Cornell, O.M.I., professeur d'histoire naturelle.

Deux parmi ces messieurs sont de langue anglaise, le rév. Père Murphy et le rév. Père Cornell. Comme nous l'avons'

déjà dit, le rév. Père Murphy donne ses soins à la paroisse St-Joseph, et le Père Cornell vient d'être nommé curé d'Ottawa-Est.

Le calendrier donne la constitution de la faculté des arts comme suit :

Rév. N. Nilles, O.M.I., D.D., vice-recteur et professeur de philosophie.

Rév. L. H. Gervais, O.M.I., M. A., doyen, professeur de latin et de grec.

Rév. A. Antoine, O.M.I., Ph. D., D.D., vice-doyen, professeur de mathématiques.

Rév. A. Gladu, O.M.I., professeur de latin.

Rév. H. Lacoste, O.M.I., Ph. D., D.D., professeur de philosophie.

Rév. G. Gauvreau, O.M.I., M.A., professeur de grec et de mathématiques.

Rév. W. J. Murphy, O.M.I., M. A., professeur de physique et d'astronomie.

Rév. L. M. Lejeune, O.M.I., professeur de français.

Rév. A. Lajeunesse, O.M.I.,B.A., Ph. D., professeur d'histoire naturelle.

Rév. W. O'Boyle, O.M.I., B.A., D.D., professeur d'histoire.

Rév. T. F. Harrigan, M.A., professeur de littérature anglaise et de latin.

Dans une université anglaise on devrait naturellement s'attendre à ce que la faculté des arts, plus que toutes les autres, soit composée de professeurs de langue anglaise; cependant, parmi ceux qui précèdent, le Père Murphy dont il a déjà été question, le Père O'Boyle et M. Harrigan sont les seuls professeurs de langue anglaise.

Le cours collégial (collégial) course) et le cours commercial qui ne font pas partie de l'université contient à peu près la même proportion de professeurs de langue anglaise que les facultés déjà mentionnées.

Sous le titre de u Disciplinaires " nous trouvons les noms suivants dans le calendrier :

Département des jeunes. Département des grands.

Rév. T. Campeau, O.M.I., Rév. E. Pépin, O.M.I. , prépréfet.

Rév. R. Legault, O.M.I.

Rév. J. Racette, O.M.I.

fet.

Rév. L. Binet, O.M.I.

Rév. A. O. Normandin,O.M.I.

Rév. Assisant Butsar. Rév. F. David, O.M.I.

Ces révérends messieurs sont avec les élèves tout le temps à part le temps des cours, et naturellement exercent une forte influence sur les étudiants et ont beaucoup à faire dans la formation de leur caractère, leurs sentiments, leur langage. Aucun de ces révérends messieurs n'est de langue anglaise.

Le sénat de l'université est un corps de première importance. Il imprime la direction à l'université et dicte à ses différentes facultés les principes qu'elles devront suivre. Laissant de côté la faculté de Droit qui, comme nous l'avons dit, n'existe pratiquement pas, le sénat, d'après le calendrier, se compose comme suit :

Chancelier apostolique, Sa Grandeur Mgr J. Thos. Duhamel.

Recteur, le très révd A. Constantineau, O.M.I., D.D. Vice-recteur, révd N. Nilles, O.M.I., D.D. Directeur des théologiens, révd J. A. Poli. Secrétaire, révd W.-J. Murphy, O.M.I., M.A. Préfet des études, révd L.-H. Gervais, O.M.I., M.A. Préfet de discipline, révd T. Campeau, O.M.I. Trésorier, révd A. Martin, O.M.I.

Faculté de théologie

Révd J. M. Duvic, O.M.I.— Révd H. Lacoste, O.M.I., D.D.— Révd M. Froc, O.M.I., D.D. —Révd L. fcPeruisset Q.M.I.

haculté de philosophie

Révd E. Blanchin, O.M.I.— Révd A. Baron, L. Ph.— Révd G. J. Faure, O.M.I.

Faculté des arts

Révd M. Harnois, O.M.I.— Révd L. Lejeune, O.M.I.— Révd A. Gladu, O.M.I.— Révd G. Gauvreau, O.M.I., M.A. —Révd A. Antoine, O.M.I.— Révd E. David, O.M.I., M.A. —Révd A. I^ajeunesse, O.M.I., B.A., L.Ph.

Dans ce corps directeur composé de vingt-deux membres, seul le rév. Père Murphy est de langue anglaise. Plusieurs de ces révérends messieurs sont des étrangers (foreigners) et beaucoup ne sont pas en sympathie avec l'esprit national du Canada.

Les affaires de l'Université ne sont pas conduites de façon à satisfaire les catholiques d'Ontario, ni de façon à garder leur confiance. Ce n'est pas par accident que le nombre des professeurs de langue anglaise à l'Université ou des hommes de langue anglaise est si extraordinairement petit dans son sénat. Ce qui semble être un plan bien arrêté pour décourager et chasser tous les prêtres de langue anglaise de l'université, y est mis à exécution depuis quelque temps. Depuis quelques années, les prêtres de langue anglaise suivants qui faisaient partie du personnel de l'université en ont été éloignés : Révérends Pères McRory, Patton, Tighe, Smith, Sullivan, Sloan, Dufïy, McArdle, Whelan, McKenna et M. F. Fallon.

On a dit que l'ordre des Oblats ne recrute pas beaucoup de sujets dans Ontario et que, par conséquent, il n'a pas de prêtres de langue anglaise à mettre sur la faculté de l'université. On nous permettra de faire observer qu'on ne fait aucun effort pour gagner la confiance des étudiants d'Ontario et qu'à l'avenir, tant que l'état de choses actuel existera, l'ordre ne peut pas compter recevoir beaucoup d'appui dans Ontario. L'ordre a néanmoins reçu d'Ontario des sujets de très grande valeur et très bien doués ; mais ces derniers n'ont pas reçu l'encouragement auquel les catholiques de cette province croient avoir justement droit.

Si, dans toutes les circonstances que nous venons d'exposer au très révérend Supérieur Général, les catholiques de langue anglaise d'Ontario, et du Canada en général, hésitent à "regarder l'université comme existant spécialement

pour eux," les causes de leur hésitation sont faciles à discerner.

Cette hésitation peut être définie avec encore plus d'énergie ; c'est plus que de l'hésitation: c'est de la suspicion, c'est même de l'hostilité ; et c'est la rupture malheureuse des bonnes relations existant à Ottawa entre les catholiques de langue anglaise et les directeurs de l'université qui ont aussi charge de la paroisse de Saint-Joseph, qui a provoqué ce sentiment regrettable.

Les soussignés regrettent souverainement d'avoir à opposer des paroles de critique à des déclarations venant d'une source qui devrait être inaccessible à la critique, mais les faits non moins probants contenus dans le calendrier de l'université pour l'année 1901-1902, fournissent à ces déclarations une réfutation qui suffit au but que nous voulons atteindre, et qui suffira, nous en sommes certains pour convaincre le supérieur de l'ordre qu'un changement est nécessaire.

L'état de l'éducation supérieure catholique parmi les catholiques de langue anglaise du Canada, et spécialement d'Ontario, demande donc la plus prompte et la plus sérieuse considération. Ne trouvant pas dans l'université d'Ottawa, sous sa direction et avec son enseignement actuel, l'éducation -qu'ils veulent donner à leurs fils, les parents les envoient en nombre sans cesse grandissant dans les collèges protestants et les universités protestantes, au prix d'un désavantage religieux considérable et de la tranquillité de leur conscience.

La demande des autorités de l'université en vue d'obtenir de l'appui et des dotations de la part des particuliers, restera vaine aussi longtemps que cet état de choses continuera. Lorsque les réformes nécessaires auront été faites et qu'elles inspireront un espoir raisonnable de permanence, les conditions changeront et on pourra s'attendre à des actes de grande générosité.

L'université d'Ottawa, dans les conditions actuelles, non seulement ne donne pas l'éducation qu'elle devait donner et à laquelle les catholiques de langue anglaise avaient

droit en justice, mais elle empêche la création de toute autre institution capable de la remplacer. Son existence empêche toute sanction législative d'un autre collège. Sa méthode défectueuse éloigne les étudiants de ses cours, empêche la popularité et la confiance, décourage les particuliers qui la doteraient. Elle nuit à la fois, positivement et négativement, à la cause de l'éducation de ceux pour qui elle existe spécialement.

Son existence même dans son état actuel constitue une double injustice à l'égard du peuple pour qui elle a été créée, parce qu'elle ne répond pas aux besoins des catholiques de langue anglaise d'Ontario et qu'elle est un empêchement à ce que la législature accorde des pouvoirs universitaires à toute autre institution que nos nationaux, dans leur détresse, pourraient désirer établir.

Les soussignés ont peine à croire (et nous tiendrions cette déclaration pour très douteuse si elle venait de critiques hostiles du dehors) qu'un Ordre aussi répandu, si généralemnet couronné de succès et si renommé pour son dévouement à sa mission religieuse et éducatrice, ne possède pas dans ses rangs un nombre de sujets de langue anglaise savants et habiles suffisant pour constituer à l'université d'Ottawa un corps de professeurs aussi admirable et compétent que les catholiques de langue anglaise les plus exigeants pourraient désirer.

Le besoin d'un changement qui soit une amélioration est urgent. Chaque année ajoute aux inconvénients et aux pertes endurées par les catholiques de langue anglaise, etcreuse le fossé de discrédit qui les sépare de l'Université d'Ottawa. Le degré ès-arts, ou l'inscription dans les arts, sont nécessaires pour l'admission des élèves à l'étude des professions. Les catholiques de langue anglaise, ne voulant pas envoyer leurs fils à l'université d'Ottawa, et recevant la défense de les envoyer dans d'autres institutions, sont placés dans le dilemme pénible et irritant d'envoyer des élèves à une université qui ne leur inspire pas de confiance, ou d'encourir la censure ecclésiastique en envoyant leurs enfants dans des institutions protestantes.

Les alternatives qui s'offrent aux soussignés et sur lesquelles nous attirons respectueusement mais fermement l'attention du supérieur de l'Ordre des Oblats, sont les suivantes :

1° Que l'Université d'Ottawa soit réorganisée de façon à remplir avec une fidélité scrupuleuse et une parfaite obéissance les conditions stipulées par le Bref pontifical, et les promesses faites sous son autorité par les directeurs de l'Université d'Ottawa, savoir que l'Université d'Ottawa seraitdirigée comme une institution destinée aux catholiques de langue anglaise, ou

2° Que la charte civile et religieuse de l'Université soit transportée dans le plus court délai possible à quelque autre établissement catholique qui serait en état de remplir les conditions de la loi civile et religieuse, ou

3° Que, si les supérieurs de l'Ordre ne peuvent pas ou ne veulent pas effectuer ou accorder Tune ou l'autre des alternatives mentionnées ci-dessus, les catholiques obtiennent alors la permission d'envoyer leurs enfants dans les universités laïques, afin que se réalise le vœu exprimé par le Père McGuckin, savoir : "vu le changement de leur état de fortune, les conditions de leur époque exigent que les catholiques soient au niveau de leur temps et donnent toute leur mesure dans la vie intellectuelle de la nation."

Les soussignés veulent qu'il soit bien compris et clairement établi qu'ils ne cherchent en aucune façon à diminuer ou limiter les avantages dont jouissent leurs coreligionnaires catholiques canadiens-français en matière d'éducation. Dans toute entreprise d'éducation supérieure, la langue et la littérature de la France — en autant que cette dernière est chrétienne et catholique — doivent occuper une place considérable ; et toute mesure sauvegardant cette doctrine sera acceptée et respectée. L'attitude de l'Université Laval au sujet de l'enseignement de l'anglais offre un exemple à suivre même dans une mesure plus libérale.

La déclaration qui précède est respectueusement exposée par les soussignés.

-OTTAWA, 7 octobre 1901.

R.-W. Scott, Secrétaire d'Etat pour le Dominion du Canada et membre du Sénat du Dominion pour la ville d'Ottawa.

John- A. MacCabe,

Principal de l'Ecole Normale.

W.-L. Scott,

Magistrat local de la Cour Suprême de Judicature de la

Province d'Ontario.

M.-P. Davis,

Entrepreneur.

Martin-J. Griffin, Bibliothécaire du Parlement du Canada.

Richard Tobin,

Entrepreneur.

John Hevey,

Entrepreneur.

M.-J. GORMAN,

Avocat.

JAMES-G. FOLEY, Membre du Service Civil du Dominion.

M. BRADY, Membre du Service Civil du Dominion.

D'Arcy Scott,

Avocat.

Charles Murphy,

Avocat.

D.-J. McDOUGALL,

Avocat.

E.-P. GLESSON,

Avocat.

P.-J. COFFEY.

Enregistreur des Actes pour le comté de Carleton. P. HARTY, Membre du Service Civil du Dominion.

Wm Kehoe, Gouverneur de la prison du comté de Carleton.

Anthony Frkeland, M.D., Percepteur du Revenu de l'Intérieur pour la ville d'Ottawa.

E.-P. STANTON, Membre du Service Civil du Dominion.

James O'Connor,

Entrepreneur.

J.-J. HENEY,

Marchand de charbon.

Geo. O'Keefe, Magistrat de police pour la ville d'Ottawa- Wm-H. Barry,

Avocat.

M.-C. MACKORMAC, Assistant bibliothécaire du Parlement du Canada.

Page 1