Chanson de Roland, vers
6. C'est le ms. f. f. 1450 de la Bibliothèque nationale, décrit par Leroux de Lincy en tête de son édition de Brut. Il a été utilisé par W. Foerster pour l'édition de quatre des romans de Chrétien.
7. On a à cet égard une indication marginale de l'abbé De la Rue (voyez fol. 225 v-b) où reprend le récit de Wace (il n'y a qu'un fragment du Lancelot, et la fin d'Yvain est omise).
8. Sur aventure, voyez G. Paris, op. cit., § 72, et la note bibliographique, page 302. Lemot a d'abord signifié : ce qui doit arriver, le destin. Puis : ce qui peut arriver, le hasard. M. L. Constans, dans son édition de Troie (glossaire) , relève l'expression maies aventures qu'il traduit : événements fâcheux. En réalité le mot suffit, sans adjectif qui le qualifie, à revêtir
cette signification péjorative (voyez 24520). Mais, corrigé par le qualificatif, il est aussi usité dans un sens tout opposé (12593) :
Bêle avanture et gravit honor.
Et c'est probablement l'acception qu'il a chez Wace dans le passage allégué par moi.
Ailleurs il est personnifié, comme le Destin antique :
Mont est fort chose d'Aventure Moût est as plusors aspre et dure...
(Troie, 17 549-50).
Mais ce n'est pas tout ; car aucune de ces acceptions ne convient au vers 20 240 du même texte, où Briséida, pré« voyant qu'on va médire d'elle, ajoute :
Tel aventure ne tel don Ne vousisse fa for aveir...
où l'on peut se demander si c'est le sens de « bonne fortune », employé ironiquement, qu'il faut admettre.
9. Voyez G. Huet (dans Romania, 1916, 237, note 2) qui semble n'avoir pas connu mes propres remarques du Moyen âge, 1914, p. 116.
10. Encore un passage significatif. Je l'emprunte à l'Histoire de la Guerre Sainte d'Ambroise (éd. G. Paris). V. 4179, suiv., on y trouve une énumération complaisante des < aventures » d'un certain nombre de héros de romans, Alexandre, Tristan, Paris et Hélène, Charles, Agoland, Guiteclin (donc nulle distinction entre conte et geste). Puis l'auteur, qui ne veut pas se prononcer sur le degré de véracité de ces histoires, ajoute :
Ne vos s ai mentir ne veir dire
Ne afermer ne contredire,
Ne jo ne trois (trouve) qui lo m'esponge (explique)
Se (si) ç 0 est veir (vrai) 0 tôt mençonge.
11. Ce n'est pas le heu d'exposer ce point de vue. On me permettra toutefois de renvoyer, parmi les constatations récentes, à de très justes considérations de M. Camille JulUan (Revue des Etudes anciennes, 1915, p. 186, à propos d'Aimoin). Il n'est pas jusqu'à l'humble auteur de la Vita de
JeandeGorze(M . G. H., IV, p. 335, suiv.) quej 'invoque ailleursi qui n'ait, au début de son œuvre, fait allusion aux conditions dans lesquelles doit être écrite la biographie d'un personnage. L'ascendance, l'époque, le milieu, la langue sont, dit-il, pour certains le fondement de leur étude (Cap. VIII).