MONTREAL
Avant-propos
Pans le tirs grand nombre des démonstrations publiques faites en Ontario cette année, pour solenniser la fête nationale des Canadiens-français , le Ralliement de Sturgeon Palis a été Vun des plus importants. La population de la ville est de 3,500 à peu prés, et se divise en proportions presque égales entre les habitants de langue française et les autres. Or il y avait plus de cinq mille Canadiens-français, autour du kiosque improvisé où les orateurs du jour portèrent la parole. C'est dire que tout le Notivel Onta?rio était représenté.
Plusieurs de nos amis notes ont demandé de publier le texte de notre discours, dans le but de le répandre chez ?ios concitoyens de la?igue anglaise qui lisent le français —ils S)nt plus nombreux qu'o?i ?ie croit — autant que chez les nôtres. Nous r avons donc reconstitué à même nos quelques notes constellées le 24, et nous V offrons au lecteur dans le but d'être utile, si possible, à une cause pour laquelle nous avons combattu publiquement depuis mars içio.
Ce discours a été publié eti partie dans la "fuslice" d'Otlaîia, Hz maisons du 4 et du 11 juillet 1913, avant qtie f eusse quitté la direction de ce journal.
Monsieur le président,
Mesdames,
Mes amis,
Je suis trè's heureux d'apporter à la population du Nouvel Ontario, et principalement aux habitants de l'Esturgeon, l'hommage de la presse militante française de notre province. Je ne borne pas cet hommage aux Franco-Canadiens, mais je l'adresse à tous ; car tous, ici, le méritent en ce jour de fête canadienne et française, puisque plusieurs industriels anglophones ont bien voulu fermer leurs établissements afin de permettre à leurs employés de langue française d'assister et de participer aux solennités du Grand Jour. Un si bel exemple d'entente ne saurait être perdu, surtout à l'heure actuelle, 011 la question française intéresse tout le Canada, et de façon si différente selon les milieux.
Cet hommage du journalisme actif est un simple écho de la lutte qui se fait actuellement et depuis plusieurs années autour de l'école bilingue ontarienne ; la presse vient mêler sa voix à vos protestations, et comme elle a pour mission d'examiner et de défendre les causes qu'elle croit justes, sa présence au milieu de vors s'explique.
* La lutte de 1913 est celle de 1910. Elle provient d'un fait dont l'importance est trop souvent méconnue et qui se résume dans quelques mots : les lois donnent des droits, et non pas des privilèges. Ce sont les lois
provinciales qui assurent, à l'usage et à l'enseignement de notre langue maternelle dans l'école, un status précis. En effet, l'emploi de notre idiome ancestral et son enseignement par nos instituteurs s'étayent sur le droit de première occupation du sol, sur le droit des gens, sur la coutume, sur le droit constitutionnel et même sur les statuts de la Province.