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is BiscHOPF, p. 84.
position qui primitivement avait son existence à part, et dans le subjonctif le mode de la supposition (supposons ceci : qu'un baron ne lui envoie pas son fils ; il n'y en a pas qui se trouve dans ce cas). Cependant, d'après Diez * il se peut que cette construction doive être attribuée à l'influence de la langue franque.
84. L'accord grammatical peut être remplacé par l'accord logique. C'est ainsi qu'aujourd'hui la plupart se construit avec un verbe au pluriel ; de même en ancien français la gent voulait le verbe au pluriel. En provençal et en ancien français on pouvait dire ieu mi tenc per pagatz (à côté de pagat), je me tien porpaiez (à côté à.Qpaié) parce que le participe avait la valeur d'un substantif employé comme attribut. Des phénomènes semblables propres au provençal, qui se retrouvent également en ancien français, sont : se clamar accompagné du nominatif (cas de l'attribut) (clamet se dolens), se faire (se vol far predicaire, se fan devinador), se/n6Zar non seulement au sens de ((paraître», mais encore au sens de « avoir l'air )) ; voilà pourquoi Uc Faidit, dans sa grammaire provençale, s'exprime ainsi : lo cocatius deu semhlar lo no minât lus»
Le sujet d'une proposition peut se mettre au nominatif quand même il dépendrait d'une préposition. Desi qu'a trente cheoalier Suèrent aie esbaniier. Après son dos le siuent plus de chent cecalier, Li fel d'anemis H conselle la rage.
85. Une explication pireille peut s'appliquer aux changements de genre qu'ont subi beaucoup de substantifs. On dit d'une petite fille une enfant, c'est-à-dire que le genre réel l'emporte sur le genre grammaticale Lem,^mefait arrive pour
2) Nous n'avons aucun exemple d' enfant féminin au moyen âge Hoir {droite hoirs dans Join ville) est sans doute des deux genres comme le latin hœres; cependant, on trouve dans Ch. ii. esp. 11987 droia hoirs à propos d'une dame.
le pluriel gens qui est proprement féminin : tous les braves gens, les gens sensés. Ici l'adjectif, étant ou assez éloigné du substantif, ou placé après lui, la construction est assez libre permettre de négliger le genre grammatical ; mais quand ïctif précède immédiatement le substantif, la liaison est étroite pour permettre une différence de genre (les bonnes I. On s'expliquera de la môme façon les expressions intes : prov. quasqus persona; lo gaita (le gardien), itivement la gaita (la garde, — de l'allemand wacht) ; . : un enseigne, un trompette, a. fr. un prison = un priier; prov. lo — k côté de la — poestat.
us les changements de genre n'ont pas la même origine ; , selon nous, ce sont les variations de l'accord auxquelles nt toujours l'influence principale dans ces sortes dephé- ^nes, et l'on ne constate guère une modification du sens. 5 ne croyons donc pas qu'il faille considérer en roman langement de genre comme une sous-espèce du chanmt de sens.
I changement de genre a pour cause ou la forme ou le d'un mot. Dans le premier cas un mot prend le genre ;res mots qui lui ressemblent par les sons (c'est ce qui e surtout pour les désinences) ; dans le second, il prend nre de mots qui lui sont parents pour le sens. Mais les actions peuvent se combiner. D'ailleurs, beaucoup amples du changement de genre ne sont pas encore rcis.
5S dialectes de la Gaule, comme toutes les langues mes, ont abandonné le substantif neutre, et rattaché la art des neutres au masculin, et quelques-uns (surtout irmes de pluriels) au féminin. Le mouvement commença es neutres de la 2® déclinaison latine, qui, au temps oii Lin avait encore tous les cas, étaient identiques aux masis partout, sauf au nominatif et au vocatif (ce dernier, les neutres, ne pouvait naturellement pas être d'un e fréquent). Tectus pour tectum était une formation
proportionnelle, et devait favoriser l'emploi de l'accord masculin (tectus ALTUs). Lc grammairien Curius Fortunatianus dit au m® siècle : Romani vernacula plurima et neutra multa masculino génère potius enunciant. Ce n'est que bien plus tard que les neutres de la 3« déclinaison latine suivirent cet exemple (médius tempus dans Anthimus vi® siècle). Les pluriels neutres en a reçurent plus tard Vs, indice du pluriel, et ainsi devinrent des féminins pluriels, d'où naquirent de nouveaux singuliers en a (folia, folias vi® siècle, feuilles ; ensuite, au singuL, folia feuille). Toutefois, un certain nombre de pluriels en a restèrent sans s.
La ressemblance de forme a assimilé les masculins qui se terminent par é, lat. atum, et surtout par té, lat. tatum, aux féminins en té, lat. tatem : de là duché, éoèché, comté, qui d'abord avaient les deux genres (il en est resté une trace dans la Franche- Comté), Parenté = parent atum est devenu invariablement féminin.
Comme les mots en on étaient pour la plupart des masculins (excepté ceux en ion), on voit ce genre s'étendre en a. fr. à roion = regionem, et en fr. mod. à poison = potionem, soupçon = suspiciONEM. De même, les nombreux masculins en ain^ in entraînèrent le changement de genre de avertin = VERTIGINEM, plantain = plantaginem, provin = propaginem; et les nombreux masculins en é (excepté ceux en té), celui de eé = ^etatem, qui en a. fr. est masculin.
Pour d'autres désinences plus rares, le masculin et le féminin se faisaient mutuellement concurrence. C'est sans doute par analogie à vice que malice se présente au masculin en a. fr. ; piège= pedicam est de même modifié d'après siège, manège; image, qui autrefois était aussi masculin d'après voyage, âge, etc.; étude, masculin en a. fr., est devenu féminin sous l'influence de habitude. D'une manière générale, on peut dire que les mots terminés par un e muet (prav. a) deviennent féminins, tandis que les mots oxytons deviennent masculins. Voilà pourquoi même des mots comme
pape, profete sont quelquefois féminins en a. fr. et en
is, la réciproque n'est pas sans exemple : témoin, me [k côté de wn), osi = hostem, un couple = un manche = manicam. (Ce dernier a sans doute çenre d'un type manico qui est resté en usage en
3 fois, le changement de genre est dû à Tinfluence Hé •= iESTATEM, est dcvcnu masculin parce que les autres saisons étaient du masculin ; minuit masc. I midi\ val masc. à cause de mont (mais dans les >res on trouve encore Laval, Val Sevrée dans le font fémin. à cause àQ fontaine \ aigle = aquilam tuse de oiseau ; brebis = vervecem fémin. à cause ort masc. (autrefois fémin.) à cause de bonheur \ il. (autrefois fémin.) à cause de métier \ prov. mar^
MARE, fém. à cause de terra. On ne peut admettre 5 du gothique marei, car mare est également Q roumain (et aussi bien masculin que féminin en it en provençal). Au contraire, dans le mot prov.
souris = soRiCEM, féminin en Gaule, on peut re une influence de l'allemand Maus.
ns d'arbres sont devenus des masculins en roman ; ut tenir à différentes raisons. La désinence latine ^fraxinus) devait favoriser le passage de ces noms in. Peut-être même, dans la langue populaire, les bres étaient-ils masculins depuis une haute antisqu'on en rencontre déjà quelques-uns de ce genre cien latin. Arbor aussi, n'a que rarement con- ,. fr. son genre latin.
ns abstraits en -or, désignant des qualités, sont le ent devenus féminins en roman : calor, dolor, 3. ; FLOS même a partagé leur sort. Ce phénomène \ aisément, si l'on songe qu'en latin les noms ivaient pour la plupart une forme féminine (-tas,
-TUS, -TUDO, -Tio, -iTiA, -lA, -ura) et quG la désinence ura, en particulier, faisait concurrence en bas-latin à la désinence -OR (frigdor, frigdura\ rancor, rancura; pavor, it. paura). Y a-t-il ici une influence germanique, comme on Ta supposé? Ce n'est pas probable, ce changement de genre s'étendant (ou du moins s'étant jadis étendu) même au roumain et à Tespagnol. C'est sans doute grâce à une influence savante qu'en français moderne honor et amor sont devenus l'un invariablement, l'autre généralement, masculins.
La langue hésitait entre le masculin et le féminin, dans les substantifs commençant par une voyelle, devant lesquels les deux articles (défini et indéfini) semblaient avoir la même forme pour les deux genres. Cette hésitation existait ainsi au XVI® siècle pour abîme, absinthe, affaire, air, ais, alarme, anagramme, énigme, épisode, épigramme, épitaphe, épithète, espace, hymne, idole, etc. *.• C'est ainsi qu'il y a encore hésitation pour orge, orgue, œuore, apostume, etc., et que la langue populaire dit une- grande incendie, une belle autel*.
Il se présente, en quelque sorte, un chanpcement de genre restreint dans la langue moderne, quand à un féminin commençant par une voyelle est joint un possessif singulier ; dans ce cas, évidemment pour éviter l'hiatus, on emploie la forme masculine, par exemple : mon àme^ son indignité. Les plus anciens exemples de ce changement se trouvent au début du XIII® siècle dans des textes wallons et lorrains; plus tard seulement il est entré dans la langue littéraire qui, au xiii® siècle, élide encore devant les voyelles l'a de ma (m^ame, m'onor). Des restes de cet usage se reconnaissent dans m'amour et m'amie (écrit aujourd'hui ma mie).
86. Quand l'accord est modifié sous l'influence du sens, on peut appeler logique le changement qui se produit. Si l'accord est modifié sous l'influence d'un ou de plusieurs
1) De môme qu'en aUemand les mots empruntés perdent facilement leur véritable genre.
2) Reviie de Ung., ix, 166.
)ts (parenté fém. à cause de plenté, ^^^ mascul. à cer), on le peut qualifier de changemeat analogique ilif.
sième cas peut se présenter, c'est le changement >ire : un mot se règle sur un autre qui l'avoisine liscours. A ce dernier cas appartient la tournure par Tobler^ : il fut un des premiers qui s* arma où tion relative se rapporte à un au lieu de se rapporpremiers. Citons encore l'ancienne tournure : es tu o/es*? et celle-ci qui est de la langue moderne : >as moi qui suis le maître. Il faut citer ici encore
tour : celui où l'adverbe déterminant un adjectif lé à la forme de cet adjectif. Ainsi on lit souvent
textes du moyen âge ; li devanz diz, en prov. liegz mortzy en a. fr. au fém. demie morte, ^z au lieu de boneiirez, caoiax menus recercelés, , cet usage s'est conservé jusqu'à nous pour l'adinin ; au moyen âge il était obligatoire même pour masculin (toz est mudez dans Alexis ; remarquer la
mots, qui est la plus familière à ces sortes de ren- Ls). Un adverbe de quantité, suivi de de et d'un !, peut lui-même s'accorder avec ce dernier, surtout nçal : tanta de vertut, en petita d'ora^ tropas de
hreus de jorns ; mais aussi en a. fr. tans de ma^. 5 le prouvent déjà les exemples cités, l'assimilation r lieu par rapport à un mot suivant (assimilation m) ou à un mot précédent (assimilation régressive), i phénomène se présente encore quand un démonsid le cas du relatif qui le suit : Si jure (Renarz) cil mdra que Roonel ilec pendra ; voici au contraire pie du premier cas : li vins encressiez,.. desplest d le boit^,
des roiSydb.