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CHAPITRE IX

La réunion des mots en propositions ne repose pas sur une pure et simple juxtaposition ; quelques-uns sont considérés comme ayant entre eux un lien plus étroit que d'autres appartenant à la même proposition. Ces liaisons étroites que nous désignerons par le terme de « relations » peuvent subir des changements. C'est ainsi qu'autrefois un pronom était considéré comme dépend int non de l'infinitif qui le suivait, mais de la préposition qui le ipvécédàit (pour lui prendre) , tandis que dans la langue moderne le pronom est réuni à l'infinitif qui le suit, et que de la préposition dépend l'ensemble de l'expression formée par le pronom et l'infinitif (pour le prendre). Les exemples les plus anciens de cette dépendance de l'infinitif apparaissent au xiv® siècle : mais à côté de cet emploi, la construction usitée en ancien français subsiste jusqu'au xvi® siècle. L'allemand a suivi la même marche : actuellement on dit : « um Ihnen zu dienen » mais primitivement on disait « um Sie ».

83. Tandis qu'aujourd'hui la locution avant que, par laquelle on introduit une proposition secondaire semble former un tout indivisible, on pouvait, au moyen âge, réunir avant à la proposition principale : ce mot ne se plaçait pas alors immédiatement devant que ; et quand cela arrivait par hasard, on avait plutôt affaire à un adverbe de la proposition principale. Aujourd'hui avant s'est fondu avec que pour former une véritable conjonction de subordination. Il se Le Français et le Provençal. 12

présente donc ici un changement tout particulier : ce n'est point une modification de sons comme dans pour le prendre se substituant à pour lui prendre ; ce n'est pas non plus un déplacement de mots c^mme celui qu'on trouve dans il veut le donner au lieu de il le veut donner ; nous avons seulement dans l'exemple qui nous occupe à un changement de on ».

\ des constructions comme il fait cher vivre à Paris, vement cher vivre était une seule et même expression chère vie. Peu à peu l'on a détaché cher de vivre, et îut même être séparé par les prépositions à ou de *. rive parfois que deux propositions coordonnées gramiement sont, au point de vue logique, subordonen sorte que si l'on traduisait la phrase, il faudrait es deux propositions par une conjonction ou un relatif, le : trop ai estât mon bel Esper no vi (j'ai trop tardé, que je n'ai pas vu mon bel Espoir); ^a may nojinara, îs aura trobatz (il ne cessera pas, tant qu'il n'aura )uvé les Français) ; tant ont fouiy le mireoir ont 'é (ils ont creusé jusqu'à ce qu'ils eussent déterré le

courrait, dans l'avant-dernier exemple intercaler un si

le sens de Jusqu'à ce que), mais ce qui indiquerait,

alors, le sens, ce serait encore la relation des deux

îtions et surtout la corrélation des temps.

t probable que le subjonctif, dans la tournure non crei

mortz sia, est dû à l'influence de non crei que cons-

dinairement avec ce mode.

; des tournures comme una non sai, vas vos no

ta et Or n'a baron, ne H envoi t son fil, Diez veut

ïr que (non qui) ; mais cette hypothèse n'explique

obier* voit dans la proposition subjonctive une pro-

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