‹ Le français et le provençalChapitre 8 sur 36 · Consonnes · texte numérisé non relu

Consonnes

11. Ici comme précédemment, il y a lieu d'étudier d'abord des transformations communes à toute la Gaule et même à une région plus étendue. Ce n'est pas à dire que l'on doive attribuer à une époque postérieure les transformations spéciales qu'on peut constater isolément dans telle ou telle partie du domaine gallo-roman : le Nord et le Midi se trouvent quelquefois d'accord pour leur phonétisme, même à une date où la séparation des deux langues est déjà un fait accompli.

Le changement de di intervocalique enj est certainement antérieur à cette séparation : radius et majus sont partout

également devenus raios et maiosy et le changement provençal de i intervocalique en di (changement qui fut seulement régional) appartient à une époque postérieure.

Non moins ancien est le traitement, identique au précédent, que subissaient g et j (quand la première de ces consonnes était suivie de e ou de i) ; de même pour l'assimilation du son y (correspondant dans ce cas à j ou à g), qui, assimilé à dij devenait dy, dzy, di. Il faut faire une exception pour le y placé après des consonnes mouillées : folium, foVVo ; PLANGiT, plan'n'it ; moriar, actif moriam , mor'a ; basio, has'o ; de même pour le groupe -ndi -h voyelle, p. ex. VERECUNDIAM, prov. vergoTika, franc, vergoigne. Exemples d'assibilation : diurnum, prov. franc, jorn ; jam, prov. franc. ja ; GENTEM, prov. franc, gent ; argentum prov. franc. argent.

De même que dy devenait dzy, ty + voyelle devenait isy + voyelle. Ex : sperantia, prov. esperanza franc, espérance ; PRETIUM pretsyo prov. pretz franc, pris ; puteum potsyo prov. potz franc, puiz,

Ue dit prothétique, qui s^introduisait devant s suivi d'une consonne (groupes se, si, sp), s'est développé par la transformation de Vs en une syllabe accessoire : s-ta-re, s-pe-rat. Plusieurs preuves indiquent que prin^itivement cet e avait le son i ou du moins un son très voisin de i. Dans isnel de l'allemand snel, dans la forme provençale accessoire istar à côté de estar, Vi s'est conservé, et dans istrument = instrumentum, i long a été identifié par la langue à la voyelle prothétique, d'où en provençal et en ancien français estrument,

La voyelle prothétique n'est tombée que dans quelques localités frontières : ainsi en wallon S dans les patois lorrains parlés sur la pente Ouest des Vosges, sous l'influence de l'allemand ; dans le vaudois et dans le parler de Menton, sous l'influence de l'italien.

1) Déjà dans la traduction des dialogues de Grégoire.

DEVELOPPEMENT t>HONÉTIQUE 37

L'hypothèse la plus plausible, en ce qui concerne la formation des consonnes romanes, est celle de Vilhjalm Thomsen, et nous croyons pouvoir établir pour l'époque qui a précédé notre littérature l'existence de plusieurs consonnes mouillées, ayant diverses origines latines, et ne se présentant à nous dans la suite que sous forme de traces. Vs mouillé, qui s'est conservé dans certaines parties de la Lorraine et du Languedoc, peut être considéré comme un ^ : là où il n'a pas subi d'altérations phonétiques il se prononce comme à. Il vient des groupes latins ssi + voyelle, de sce, soi, sti + voyelle, et a?. Ex. : bassiare haëëare prov. baissar franc. baissier ; FASCEufaëëe prov. franc. /ais ; postea po^^a prov. pueissas franc, puis ; laxare laëëare prov. laissar franc. laissier ; sex seë prov. seis franc, sis.

Le t mouillé est ordinairement sorti de et, p. ex. factum faffo prov. franc, fait. Le t mouillé s'est conservé ou du moins peu modifié sur une grande partie du domaine provençal, depuis le Limousin jusqu'aux Alpes ; il a dans cette région à peu près le son de të (aujourd'hui il se prononce comme ts) ; mais il avait probablement à l'origine la prononciation tx qui s'est conservée en rhétoroman.

Dans TUTTI prov. tuch, tug à côté de tuit, franc, tuit, dans wahta (langue franque), écrit aussi wactha, prov. gâcha à côté de gaita, ancien français guaite, le même son est venu d'origines différentes de celles indiquées plus haut.

Parmi les formes intermédiaires que divers savants établissent pour expliquer le passage du et latin aux sons romans, la forme ff (avec une mouillaison ou avec nnjod) me parait la plus vraisemblable. Cependant Schuchardt * donne des raisons importantes en faveur d'une opinion qui remplacerait cette forme par celle de x^ 7^ ; de sorte que l'on peut considérer la question comme n'étant pas encore résolue.

l mouillée est résultée de Z + ^ (folia prov. folha franc.

1) Zeitschrîft, iv, 146.

fueille ; colligit prov. cuelhy franc, cueilt), de gl (vigilat prov. velha, franc, veille), et de cl (veclum de vetlum prov. velh franc, melh).

n mouillé correspond k n + y (seniorem prov. senhor franc, seignor ; pungit prov. ponh, franc, point de pont), à nd-^ y (verecundiam prov. vergonha franc. vergoigne),kgn (agnellum prov. anhel franc, agnel).

Quand le son suivant était une consonne, le français a développé le son mouillé en i + consonne (point de pont = pungit), mais il a aussi rétabli i simple ou l simple de V : merveit et meroelt, 3* pers. sing. du subjonctif de merveillier.

Entre des voyelles, / et n mouillés ont été conservés dans toutes les régions (abstraction faite des altérations absolument modernes). Parmi les autres sons mouillés le x% affaiblissement de s\ devient partout iz ; r' devient partout ir ; f dans la plus grande partie du territoire, it ; s^s\ dans la plus grande partie du territoire, iss : basiare has'ar baz'ar prov. haisar franc, haisier ; moriar prov. moira franc, muire ; FACTUM prov. franc, /aiï; laxare prov. laissar français laissier,

L'assibilation de c devant e et i s'est introduite, on le sait, dans tout le domaine des langues romanes sauf la Sardaigne. Les plus anciennes preuves épigraphiques apparaissent vers la fin du vi® siècle. Si Ton fait d'abord abstraction des groupes ci et ti placés entre des voyelles, les dialectes montrent partout, à la place du c assibilé, le même son qu'à la place du t, assibilé beaucoup plus tôt : ce son est prononcé dans l'extrême nord ts, dans le reste de la France ts. La limite des deux sons traverse les départements de l'Oise et de l'Aisne. Ex : caelum, picard chiel, normand littéraire ciel, prov. cel ; sperantia, picard esperanche norm. espérance prov. esperanza. Mais à côté du ti intervocalique et de c intervocalique le ^ a eu une tout autre action qu'à côté de ci intervocalique : dans les premiers cas, y s'est, après

rassibilation (tsy), perdu dans ts en mouillant le groupe ; par conséquent, il modifiait la position des organes sans altérer la quantité (pretiat pretsyat pret's^at, prov. prexa avec perte de la mouillaison, franc, priset ; placere piaf s* ère prov. plaser franc, plaisir) ; dans le second cas, après Tassibilation (tsy) le ^ a disparu en s'assimilant kis, q, à d. qu'il a allongé la quantité, sans modifier la position des organes (faciat fatsyatfatssat fattsat ipTOv./aza/assa franc, facet), — Il y a lieu de remarquer encore que le groupe ts résultant de ci doit avoir, un degré de prononciation moins avancé que ts résultant de ti [ts de ci équivaudrait à peu près à të) ; notre groupe ts ne peut donc pas désigner dans les deux cas des sons absolument identiques. La partie picarde du Nord substitue aussi au ci intervocalique le son të (fachet) ; c'est le seul cas où le picard puisse avoir conservé un son ayant appartenu d'abord à toute la France. Mais dans tous les autres cas, le picard ^^ doit être considéré comme un épaississement de ts, puisque les formes picardes plaisir et priset de placere et pretiat prouvent qu'avant l'affaiblissement de l'intervocalique aphone, le picard prononçait comme f s le c simple (c. à d. non combiné avec i), et le groupe ti + voyelle. De platëere pretëat, auraient dû résulter par affaiblissement pladzere, predzat picard *pZagier*prieget, formes qui n'existent pas.

Le son t's' a perdu partout la mouillaison après l'affaiblissement de l'intervocalique ; il fut réduit, en provençal d'abord, puis en français, au son simple de s. On trouve en provençal les premières traces de cette simplification dans des documents du x® siècle. Le français a perdu le t du groupe à partir du xiii*- siècle, et cela d'abord dans la région lorraine.

Il y a deux faits phonétiques pour lesquels les langues romanes de la France ont marché d'accord jusqu'à une époque tardive : le premier, c'est l'abréviation des longues (lettres redoublées) à l'exception de rr (Abbas âbas ; netta

néta etc..) ; le second, c'est l'aphonie des finales (verd réduit à vert ; long à lonCy etc.),

12. L'aflEaiblissement de l'intervocalique aphone et de l'intervocalique sonore nous ramène à une époque plus ancienne. Les consonnes aphones dont il s'agit, sont c, t, p, s, s' , t's', et aussi les premiers éléments des groupes cr, qu, tr, pr : quand ces diflEérents sons étaient intervocaliques, ils devenaient les consonnes sonores correspondantes (g, d, b, z, z, d'z). Les consonnes sonores, qui furent aflEaiblies sont g, d, b (et aussi gu, et les combinaisons où elles entrent avec r et l) : ces consonnes devinrent alors les fricatives sonores correspondantes (y, ^, r). Les deux affaiblissements se sont introduits en français et en provençal ; toutefois, comme les sons ainsi formés ne sont point les mêmes dans le Midi que dans le Nord, le développement phonétique ne doit pas avoir été pareil dans les deux cas. On peut réduire cette différence au trait suivant : le français et le moyen-rhodanien aboutirent d'abord à l'affaiblissement des consonnes non sonores, puis firent passer à l'état de fricatives, en même temps que les sons primaires g db, les sons secondaires résultant àe c t p; le provençal, au contraire, commença par affaiblir les consonnes sonores (aver = habere ; veder prononcé ve^er = viDERE ; leyal = legalem) et n'affaiblit qu'ensuite les consonnes non sonores ; par conséquent, ces dernières ne pouvaient plus se modifier que d'un degré (saber = sapere ; amada = amatam ; pagar = pacare.) En français on retrouve dans les exemples que nous avons cités les mêmes sons pour la consonne douce latine que pour la consonne forte : aveir saveir, ve(d)eir ame(d)e, leial paier.

Parmi les cas qui ne sont pas absolument conformes à la formule ci-dessus, mentionnons seulement la chute de c ou g à côté de voyelles sourdes en français (soûr = securum; rue= rugam), et les deux degrés d'évolution de c dans le provençal, où se trouvent l'une à côté de l'autre les formes braga et braya, lat. bracam; plegar etpleyar, lat. plicare.

Le français a peu à peu perdu le son S dans la première moitié du xii® siècle, et cela aussi bien dans le corps d'un mot qu'à la fin, où il avait vraisemblablement une prononciation non sonore (B).

Le provençal a entièrement perdu le son 5, quand il se présentait à la fin d'un mot : tebe = tepidum, fe = fidem, au = audit; dans le corps d'un mot, il l'a exprimé, jusqu'à 1150 environ, par d, ensuite par z, notation qui correspond peutêtre à une altération phonétique de cette consonne.

Le changement de dr (lat. tr) et de Sr (lat. dr) en ir est tout à fait propre au provençal. Il est probable que dr est d'abord devenu Sr, de sorte que nous avons là un exemple où le son latin passe, comme d'ailleurs en français, par deux degrés : «îr est devenu ensuite yr (écrit ir) ^ De là : paire = patrem ; caire = quadrum.

Le son v est devenu u en provençal lorsqu'il se trouvait après une voyelle, et servait de finale d'une syllabe ou d'un mot : liura = libram ; viure = vivere ; viu = vivit (ou vivum) ; niu (pour nûu) = nubem.

Un changement très important, au point de vue de la formation des dialectes de la France, a atteint c devant a ; ce c devient palatal dans une large zone qui s'étend de l'Ouest à l'Est, et comprend le Sud du domaine de la langue française, et le Nord du domaine provençal. Cette zone traverse la Rhétie vers l'Est, et atteint, dans le Frioul, la mer Adriatique. En France c* a donné généralement naissance au son tëj qui s'est maintenu dans les dialectes jusqu'à nos jours, mais qui en Provençal s'est fréquemment adouci en ts, et en français a été allégé en à au xiii« siècle. Ex. : gantât prov. chanta, franc, chantet; vaccam prov. vacha, franc, vache; ARCAM prov. aj^cha, franc, arche»

Le t final est conservé dans les plus anciens textes du français, et ne tombe en général qu'aux xi^-xii^ siècles. Le

1) Cf. Nyrop, Zeitschrlft fur rom. Phllol., m, 476.

provençal au contraire ne présente le t final qu'à la 3e pers. sing. de l'indicatif des parfaits faibles en avit, dédit, ivit : amet = amavit (à côté de amec), vendet = vendedit (à côté de vendec), auzit = audivit (à côté de auzic). Dans tous les autres cas, le t final lui manque depuis le x® siècle (atra = at- TRAHiT et peut-être pas dépassa dans la plus ancienne Alba). Il serait diflScile de décider formellement à quelle date le provençal a perdu le t final. Au Sud-Ouest, jusqu'à Montde-Marsan et Tarbes inclusivement, le t final n'apparaît pas; ex. : cante (dép. des Landes) canta (Basses Pyr.) = GANTA VIT. La limite méridionale de la région où le t se conserve comme en français coïncide, jusqu'à la Loire, avec la frontière méridionale du français, mais à droite de la Loire elle comprend encore Lyon et le village d'Oingt ; sur la rive gauche, Grenoble.

Le groupe fs' est également devenu sonore entre des voyelles, et a été par conséquent traité comme un son simple. D'après cela, lors de l'affaiblissement intervocalique, le c latin et le Ti latin furent représentés d'abord par d'ï : placere plat' s' ère plad'zere; pretiat pret's'dt pred'zat. Ce son d'z perdit en français son premier élément rf, et z fut atteint par la dissolution ordinaire aux sons mouillés (pla-z -ir pla-is-ir ; prie-z-at prie-is-et d'où priset). En provençal la mouillaison se perdit, et l'on peut fixer à l'an 1000 l'époque où tomba ce premier élément d, si toutefois cette chute s'est produite en même temps que celle du t venant de ts.

A l'égard de quelques groupes particuliers de consonnes, groupes remontant au latin, le Nord et le Midi ont appliqué le môme traitement; ex. : suBTvs^suttm prov. sotz franc, soz ; CAPTivuM prov. caitiu franc, chaitif; advenire prov. franc. avenir. Plus tard, le provençal admit beaucoup de groupes, que le français évite. Cf. : misculare prov. mesclar franc. mesler ; capitale prov. captai franc, chatel ; au nomin. sing. prov. draps franc, dras ; prov. pics franc, pis * ; prov. terras

1) Déjà dans les Gloses cle Çassel.

= vERMis, franc, vers. Mais dans hospitale prov. ostal franc, osiel, blasphemare prov. blasmar franc, hlasmer^ etc., les deux langues sont d'accord.

Toutes deux évitent également la finale -sis. D'ordinaire, le premier s est rejeté, de sorte qu'au latin Christus correspond le prov. Critz franc. Criz\ mais dans estz = istos, aquestz = eccum istos, ce groupe est toléré en provençal.

^. Changements survenus au xii* siècle

Aux changements de sons dont nous avons traité jusqu'ici, viennent s'ajouter encore quelques modifications qui se produisirent au début de l'époque littéraire.

13. En français, la diphtongue ai a été, dès le xii® siècle, peu à peu contractée en ç (elle était déjà antérieurement devenue ci, comme le prouvent les assonances). Cette contraction eut lieu d'abord devant le groupe str (naistre, dans Philippe de Thaûn), puis dans une syllabe suivie d'une consonne (on trouve mais, à la rime avec après, dans un chant de croisade de 1146), et enfin, au xiii® siècle seulement, même dans une syllabe libre (faire). Devant n, ai est resté à l'état de diphtongue jusqu'au xvii® siècle, tandis que dès 1150 environ, -ein -eine a le même son que -ain -aine (en lorrain seulement, ein sonnait comme oin après les labiales : poine pena = poenam").

En outre, au xii® siècle, on voit se produire la dissolution deZ; dans certains cas, surtout après a, cette dissolution est de beaucoup antérieure à cette époque. On trouve déjà dans Boèce auça de altiat ; les exemples français dont les dates sont les plus anciennes se trouvent dans des chartes de Touraine : Girau Tours 941, Rainauds Tours ou Huismes 950 *.

En provençal, la dissolution de / paraît s'être introduite un peu plus tôt qu'au Nord (avant le passage de ts à ss), mais seulement à la condition expresse qu'il soit suivi de ty

1) BibL de VÉc. des Chartes, xlvi, pp. 395,421.

rf, is, d^, n, c. à d. d'une des linguales, exception faite de s. Exemples : aui = altum ; heutai = bellitatem ; ribauda ; caussa = calceat ; aauze = salicem ;feunia, de félon + ia. En français, l s'est dissout devant toute consonne : els = illos est devenu eus prov. els ; chevals = caballus, chevaus, prov. cavals ; colp = colaphum, coup, prov. colp ; vils = viLis, om«, prov. vils^.

bibliographie

Sur les formes du latin en Gaule, il faut consulter : H. Schuchardt, Vocalismus des VulgàrlateinSy i-iii, 1866-8. — E. Seelmann, die Aussprache des Latein, 1885. — G. Grôber, Vulgârlatcinische Substrate romanischer Wôrter, dans les Arch,f lat. Lexicographie und Grammatik de Wôlfflin, i-iii. Les Archives de Wôlfflin contiennent encore d'autres études qu'il faudrait citer ici, p. ex. Sittl, ^wr Beurteilung des sogenanntes MittellateinSf II, 550. — Geyer, Beitrâge sur Kenntnis des gallischen Lateins, 11,25.

Sur l'histoire du phonétisme français, les travaux principaux sont, sans parler de la Grammaire de Diez, ceux qu'ont publiés la Remania et la Zeitschrift fur romanische Philologie. Comme il faudrait accumuler les citations, nous renonçons à les énumérer ici. Relativement au développement des consonnes affectées d'un f, nous avons suiviVilhjalm Thomsen ; cfr Mémoires de la Société de linguistique de Paris, m, 106. — Pour connaître exactement le développement des voyelles toniques, il y a de nombreuses « Contributions » ; ainsi, sans compter ce qui a paru dans les Reçues indiquées, il faut mentionner surtout l'étude de Bôhmer, A E I im Oxforder Roland (dans les Romanische Studien de Bôhmer, tome i, p. 599). — Ten Brink, Dauer undKlang, 1879. — Fôrster, Bestimmung der lateinischen Quantitat aus dem Romanischen dans le Rheinisches Muséum, tome xxxiii, et : Schiçksale des lateinischen o im Fransôsischen (dans les Romanische Studien de Bôhmer, m, 174). — Gaston Paris, Étude sur le rôle de V accent latin dans la langue française, 4862. — Citons encore : A. Horning, Zur Geschichte des lat. c vor e

l)lNous ne pouvons entrer ici dans plus de détails sur les changements des voyelles amenés par la dissolution de l.

und i im Romanischen, 1883; et Joret, Du C dans les langues romanes, 1874. — H. Engelmann, Die Entstehung der Nasalvokale im Fran^ôsischen, 1882. — H. Schuchardt, dans Kuhn's Zeitschrift fur vergleichende Sprachforschung , xxu^ 153. — A. Toblep, dans la même reçue , xxiii, 414.

La grammaire de la langue littéraire normande aux xi*-xii" siècles a été traitée par Gaston Paris (La vie de saint Alexis, 1872; cfr. les remarques deTobler, Gàtt, Gel Ans., 1872, p. 881), et par E. Mail (Li cumpoz de Philipe de Thaûn 4873), ainsi que dans Tintroduction de Fauteur à la Reimpredigt de 1879. Comme étude soignée des formes données par le principal manuscrit anglo-normand, mentionnons : Meister, Die Flexion im Oxforder Psalier (1877).

Nous ne citerons pas les écrits disséminés dans diverses éditions d'œuvres d'ancien français, et dans les travaux qui ont pour objet les langues romanes en général (Mussafia, dans les SUsungsherichte der Wiener A kade mie ; Ascoli dans son Archicio glottologico italiano ; etc. . .). On peut se reporter à la bibliographie indiquée dans Grôber, Grundriss, p. 109, et aux listes d'ouvrages modernes, données dans le Literaturhlatt fur rom, und germ. Philologie, de Neumann, ainsi qu'à un excellent travail du même auteur : Die romanische Philologie 4886 (dans VEncyclopàdie de Schmid vu, 2).

Pour le provençal, il faut mentionner les travaux de Diez et de Raynouard ; la Reçue des langues romanes; Paul Meyer, O provençal (dans les Mémoires de la Société de linguistique de Paris,!), — Un article du même, Provençal language, dans VEncyclopaedia Britannica, 4885. — E. Wiechmann, ûher die Aussprache des procensalischen E, 4881. Die beiden àltesten provenjsalischen Grammatiken : lo Donatz Proensals und Las Rasos de Trobar, publiés par Stengel, 4878. — Les Legs d' A mors dans les Monuments de la littérature romane publiés sous les auspices de l'Académie des jeux floraux par Gatien- Arnoult, 1842^ vol. i-iii. Chabaneau promet de publier une autre rédaction, inédite encore, des Legs d* A mors.

B. — Aperçu des soxib an XII* siècle

a. Provençal 14. Les sons que possédait le provençal au xii« siècle

étaient les suivants

pp a q, ce i — û uo, dial. ue le*.

CONSONNES

EXPLOSl non sonores

sonores

PRICATI non sonores

VES sonores

NASALES

VIBRAHTES

VéUires.

Palatales

iè

di

Dentales.

Labiales.

SEn-TOTEUES

Il faut y ajouter letn mouillés.

Comme i et i ne se trouvent que dans les combinaisons të et di, nous avons introduit ces dernières dans le tableau cidessus.

15. Au point de vue de la graphie des sons indiqués, il y a quelques remarques à faire. En général, la graphie est la même que dans notre tableau (mais, bien entendu, sans signes diacritiques).

Le son û est exprimé par u :

Le son Ar, devant a, o, u, par c (ou devant a, o, par qu) ; devant e et i, par qu ;

Le son g, devant a, o, u, par g (ou devant a, o par gu) ; devant e et i, par gu ;

Le son z s'écrit ^ ou s ; le son s, entre deux voyelles, est indiqué d'ordinaire par ss : cessa, baissa.

Le son dz s'exprime d'ordinaire par z ; le son ta par c, et, devant a, o, u, aussi par z. Cfr : marce=: mercedem ; dreca

(1) Nous n'indiquons ici que les diphtongues dérivées de voyelles simples latines, comme dans miel de mel, uec de (h)oc.

= DiRECTiAT ; faca = faciat (Boèce) ; facam = faciamus (Passion), c pour le son dz est très rare (conducentj, dicen Passion).

On note ta final par z et, depuis le xii« siècle, aussi par tz.

Le son 5 s'écrit d, et aussi z (seulement depuis le milieu du xiie siècle, où il passa vraisemblablement au son z).

Le son tè s'écrit ch (sapcha, tuch) ; quand il se trouve à la finale, on rencontre aussi la notation g (tug).

Le son c?i est rendu par j (dans les manuscrits ï) ; et devant e et i aussi par g. Pour noter le son ïj, on emploie n ; pour l mouillé, Ih ou ill ; pour n mouillé, nh ou ign.

p. Français

16. Nous pouvons attribuer à la langue littéraire du xji* siècle les sons suivants :

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