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3) Voy. par esemple Lkbinski, Die Dccliitation (1er Substanticn in lier Oîtsjiraehe, p. 40.
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DiBM. De même prov. cassa pour casso ^^ lat, captio, fr. chace de chaça pour ckaço ; de même encore prov, iraasa = lat, TRACTio fr, trace. C'est pour la même raison qu'en provençal des formes féminines d'adjectifs finissent en a au lieu de finir en e : amabla, oribla, nobla, et cette forme doit aussi être considérée comme appartenant au français antérieur à l'époque littéraire. Aussi des adjectifs de cette sorte n'ont-ils jamais un s au nominatif féminin,
62. Tandis que la formation nouvelle d'un nominatif d'apirès l'accusatif, grâce à l'introduction d'un s est un phénomène très fréquent, on a rarement recours au procédé in verso, ii savoir, l'abandon de l's du nominatif pour former l'aceusalif. Oa peut rapporter à l'influence du nominatif sur l'accusatif la chute de m et de n dans des mots comme cerm, enfern, jorn, char»; dans la (i Navigatlo Sancti Brendani ' », on n'en a encore aucun exemple certain, La déclinaison vert, accus, verm, fut réduite à vers, accus, cer.
Des exemples semblables, d'une époque postérieure, sont l'aecus. sg.'e^oW pour la forme ancienne es/on (dérivé du verbe es/orcier), eslan (xvie s.) d'après eslanz (xiii^ s. d'eslancier), romant d'après romane =^ românice. Ainsi s'expliquent yoii, bailli^, d'après le nomin, sg, jolis, baillis; primitivement l'accusatif était yoft/, fcafWy'. De même dans f/enou, a, fr, genouil ^ genucolum, il n'y a pas eu aniuissement de l mouillée, mais la forme a été lefaite d'après le nomin. sg,, ou plutôt, dans ce cas particulier, d'après l'accusatif pluriel.
D'autre part, quelquefois un s a pénétré à l'accusatif ; cet s provient plutôt du vocatif que du nominatif comme dans Loois de Ludovicus, aujourd'hui Louis (prov, Looïo de Ludovicum}; fiz à côté de//, aujourd'hui//». Dans quelques cas on trouve des neutres en us qui étaient propres à la langue populaire; ainsi en a, fr. /ons, /eus, guet s'expli-
13i LE Français et le provençal
quent par les neutres pundus, fëmus (pour fim us, piov. fçms à côté de/ems), vadus; et. aussi le prov. pois de pdlvcs. Les seules autres formes en 8 sont encore roa = lat. ros, U» =: LtLiUM, et ^09 prov. I<m9 (sg. masculin du lat. laus ou laudes).
Comme le nomin. sg., l'accus ptur, fut aussi formé d'après l'accus. sg. en ajoutant à celui-ci un s. C'est ainsi qu'on rencontre dans la langue du continent au xiii^ siècle, et en anglonormand dès le xii", des formes où l's de flexion est précédé de la consonne finale du radical (sac:», hmfs au lieu des formes anciennes »as, bues). Le français moderne a appliqué à i>eu près à tous les mots cette formation du pluriel {roc, plur. roe.t, a. fr. ros; chef. plur. c/i«/s, a. fr. chiés); il l'a même maintenue dans l'écriture là où elle a disparu de la pronon* eiation, par exemple dans bœufa, œufs, nerfs, cerfs, échecs ; et, il n'y a pas bien longtemps, les mots où existait ce désaccord de l'onbographe et de la prononciation étaient bien plus nombreux : ,iu xviu" siècle encore, on prononçait co{q)s; et au xviû siècle, coii{p)s, sa(c)s Gre[e)s, tandis que dans les formes du singulier coq, coup, sac. Grec, on faisait sonnerie y, le p et le c.
p- — L'adjectif.
Ci'i. La déclinaison de l'adjectif ne diffère pas de celle du substantif, et, jusqu'à 1150 environ, certaines formes françaises d'adjectifs féminins oxytons, comme tel, fort, n'ont, pas plus que des substantifs féminins, eu un s au nominatif. En provençal seulement on peut constater, dans ce cas particulier, dès les débuts de la littérature, des nominatifs en s (tals.fon, granz).
L'adjectif a sur le substantif l'avantage de pouvoir créer de la forme masculine une forme féminine. Comme la voyelle de la désinence tombait dans les formes masculines bono, BONOS, tandis que, dans les formes féminines bona, bonas, l'a subsistait ou s'affaiblissait en e, une modification phoaé-
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tique vint indiquer la différence d'emploi : il était tout naturel que l'e, considéré comme signe du féminin dans les adjectifs terminés en latin par -a, fût ensuite adopté par beaucoup d'autres, non terminés en latin par -a, et s'étendît finalenicm à tous les adjectifs féminins de la langue française.
Quelques formations de ce genre remontent à une date très reculée : ainsi paupera (prov. paubra) qui se trouve dans Plante et est accompagnée d'un masculin pauper gén. paupERi. AcRus, fém. acra', et tristus, fém. trista, se rencontrent dans le Probi Appendix ; les formes provençales agra, trisla remontent donc à une époque antérieure à l'affaiblissement de o final.
Il faut voir des créations nouvelles dans les formes féminines d'à. fr. dolente, grande à côté de grant, comune, prov. comuna (dans communis on crut sans doute reconnaître com et uNus), les adjectifs en eise, prov. eta {corteis, franceis, prov. cartes, frances, fém. corleise, franceise, prov. coriexa, franceia), dolce, prov. dousaa; cependant toutes ces formes se trouvent déjà dans les monuments les plus anciens de la littérature *. Dans d'autres mots, comme dans tel, quel, fort, loial, le xji^ s. n'a employé que rarement les formes refaites en e, que le xiii« s. adopta d'une manière définitive ; cependant tel, quel se sont conservés à côté de telle, quelle jusqu'à Marot, et des exemples isolés de l'ancienne formation ont survécu jusqu'à nos jours (grand-mère, et non grand'mère, lettres rot/aux ; et des noms propres comme Rochefort, Grandcille).
Dans certains cas particuliers la langue a procédé d'une manière opposée, et a étendu au féminin des adjectifs la forme
1) Neue. II. 92.
2) De FRANCISCO M, PRANciBc.vM étaient venus d 'abord /rancpr>,/janresche. La (orme frawoHche se trouve fréquemment dans l'ancien manuscrit de Holmcoltram du Comput (796, 1096, 1212, 1372) : ei il n'est nallement établi que la forme franceise citée par Mali fût la forme employée par le poète; car certainement cette torme /ranceise n'a été créée que par l'addition d'un e à la forme masculine.
puisque illic, placé comme proclitique, portait l'aocent sur la seconde syllabe, et que hic perdait l'A initial. La proportion (h)ic : iLLfc ^ (h)uic : x, qui est confirmée par l'orthographe iLLHic, isTHic', permet d'admettre l'existeuce d'un datif iLLÙic dont lui est la continuation naturelle. Ce lui (iLLui, lue) se présente souvent dans les Formulée Marculji (villes.), où il sert quelquefois à remplacer un nom propre comme chez nous le signe N. '.
De même que ce lui servait d'accusatif à la forme accentuée i7, il y avait aussi à côté de la forme accentuée ele l'accusatif li, lorr., wall. lei, normand du Sud lié, prov. lieia- Cette dernière forme repose sur un datif illXe, refait sur le datif HAE*. Cet illae se trouve dans les inscriptions de Pompeï'. Dans les Formulœ Marculfi, le féminin de lui est iLLGi ou LEI. On a expliqué l'adjonction de Vi dans les formes françaises par l'adverbe de lieu hic {ou tai), et le i« de ta forme provençale lieis par ipsuh.
Vers la fin du xiii" siècle, le pluriel il tut distingué du singulier il par l'adjonction d'un s [ils] ; ce changement fut sans doute causé par la forme féminine du mot eles ou etx, sg. ele ou el. Cet et monosyllabe se rencontre dès le début du XII" siècle (Philippe de Tbaûn) jusqu'à la fin du xvi° (encore chez Desportes).
p- — Pronom possessif
65. Tùus, sivs ne se sont pas maintenus en provençal; au pluriel seulement existent les formes toi, soi (Évaug. selon saint Jean, Boècc, Passion). Les formes remplaçant TUtis, suus ont été refaites suc le modèle mieus {iieas, sieus). Toa^^TUAM, «on ^= suam sont restés.
1) V. Neuf, h, S13.
2) Les passages soûl iniiîqués (peu corceclemeiU) dans Vlmlcx de
ZSL'MER.
3> Cf. Neub, II, ^06-311); BûcHELKn, Grundri^g, p. 14. 4) Corpiia inecr. fa»., iv, 1824.
D.q.t.zsdt)yG00l^lc
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En français, outre TÛua.sùus, manque aussi meus; cependant on peut conclure du féminin picard mieue, miue, la présence dans l'ancienne langue d'un masculin *mieus, *miua. La forme accentuée du masculin n'a plus en ancien français que les accusatifs mien =^ meum, (uen ^ tuum, suen ^^ suum. Les deux derniers furent modifiés en tien, sien d'après le modèle mien. De l'accusatif on forma les autres cas, le nominatif plur. sans s, le nomin. sg. et l'accus. plur. avec s," et enfin il ea résulta un féminin mienne, tienne, sienne. Les plus anciennes formes du féminin étaient moie, teue, seue, norm. mêle, toe, soe ; ces formes correspondent aux formes latines mïam, tuam, suam (cependant meie pourrait avoir été provoqué aussi par le pronom personnel më).
Quantaux formes abrégées nox, po^(de nosires, cosires], lé picard a refait, sur le modèle de ame^, amé, les formes no, oo qui complètent le paradigme, mais qui ne furent pas en grande faveur dans la langue littéraire de la France : voilà pourquoi le français actuel n'emploie nos et oos qu'au pluriel.
Les formes atones prov, mos, tos, sos, fém. ma, ta, sa, se ramènent évidemment aux formes latines accentuées sur la finale (meus, tuùs, suOs, meàm, tuàm, suàm).
y. — Pronom démonstratif
66. Le roman a fait de ille un article. Le nomin. sg. est U de iLLic dans le Nord, le de illé dans le Midi (par exemple dans Flamenca et à Toulouse), mais d'ordinaire le provençal emploie comme nominatif la forme d'accusatif lo = illûm.
A côté du nomin. sg. la, le féminin a encore une forme accessoire li, qui, dans le Midi comme dans le Nord, se rencontre sur un territoire très étendu et se trouve par exemple en picard, en wallon, en lorrain, dans l'Auvergne, à Valence, à Alais et en Provence. Ce /(' est-il proprement la forme masculine, que l'on transporta ensuite au féminin? C'est peut-être ce qui se passa en picard où le masculin et le fémi-
niii avaient en eomniun l'accusatif sg. le. Pour le provençal //, nous donnerions la préférence à une aulre explication, sur laquelle nous reviendrons tout à l'heure,
A Paris, dès le xni" siècle, la forme as résultant en français de AD iLLOs est déjà remplacée par la forme aua ou aux encore employée aujourd'hui, qui, devant les consonnes, est pareille au datif singulier [au chanoines, 1248) et, devant les voyelles, prend un s [aus. Actes du Parlement, 1246, 1270). On ne peut pas accepter l'hypothèse d'après laquelle il y aurait eu ici une influence exercée par le limousin (qui vocalisait 17 du prov. als) : il y a bien plutôt lieu de voir dans le aux actuel, dans le aus ancien, une formation nouvelle d'après le au du singulier.
Dans les autres démonstratifs on remarque en provençal une forme féminine en i, qui se présente à côté des formes régulières : i7A à côté de ela, cilh à côté de cela, aquîlh à côté de aguela, isl à côté de esta, cist à côté de cesia, aquiat à côté de aquesta. Ces formes n'ont, à notre connaissance, pas encore été expliquées; aussi voulons-nous exprimer notre opinion sur leur origine. Le provençal possède dialectalement à côté de ma, la, sa, un féminin mi, ii, si, par exemple si millier ', vostri beiUaU, vosiri ricors (Flamenca, 2818 sqq.). Déjà en latin la forme mI était unie à des mots féminins (mi soROR, Ml mulier) ', ct CH pFOv, les locutions midona, sidons = MI DOMiNus, si DOMiNus sont Ordinairement employées pour désigner la femme aimée. La forme mi était primitivement le vocatif de meus; elle s'employa aussi comme nominatif et comme féminin et amena, par analogie, les formes nouvelles ti et si pour la 2« et la 3^ personne. La coexistence de mi et de ma a probablement entraîné en provençal li comme forme accessoire de l'article féminin. Or mi, ti,
1) Reçue foréiienne i, 237; Paul Mbyisk. Recueil n- 51; Lrroux, MoLiNiER et Thomas, Doc. hiat. i, 175, daos des documents de Limc^s ; Baiitsch, Monuments 137, 88.
2) V. Nbue, 11, 188.