LE FRA
NÇAIB ET LE
volt
tint
cint
volimeë
ienimen
DCnimes
colis tes
teniates
cenistea
mldrent
tindrent
oindreni
subj
coUaee
tenisse
veniase
part
mlu(d)
term{d)
r,enu{d)
1,63 formes de volui {voUa, etc.) acceotuées sut la désinence ne se présenteul qu'en peu d'endroits ; elles ont été remplacées par oolsis, etc. Vint ne peut pas être dérivé de venit, car la /orme usitée en Hainaut est viunl, celle usitée en wallon est mncet. D'après ye tina,je tins, on forma aussi au xin* siècle je prina {prindrent, 1248).
Les groupes suivants, en ancien français, admettent encore l'alternance des formes à radical accentué et des formes à désinence accentuée : ara ^= ahsi, deuxième personne singulier arais ^^ ARBisTi, oi := HABui, deuxième personne singulier oûs ^= HABuiSTi, dui = DEBui, deuxième personne singulier deûs = DEBuiSTi, ni ^= vroi, deuxième personne sing. ceïa^ viDiSTi, dis ^= dixi.^s ^ feci, deuxième personne singulier desis ^:= dixisti, fesia r^ fecisti. Dans tous ces verbes, l'accentuation est aujourd'hui unifiée.
Dans desis fesia, etc., l'a intervoealique tomba : c'est un fait que Grôber rapporte à l'influence de veîs. Cependant, n'oublions pas que cedis ne devint veîa que vers 1100, et que feïssent est déjà employé dans le Saint-Léger. Diez considère cette chute de s comme une caractéristique delà langue frança.ise.
Depuis le commencement du xiir" siècle, l'e atone dans le corps des mots commence àdevcnir muet, d'abord seulement dans les dialectes spécialement en wallon et à Met^, puis aussi à Paris, où les formes réduites sont encore isolées au xivB siècle, mais prennent la plus large extension dans Secours de ce même siècle. Grâce au passage de pets, ews, deûa aux formes monosyllabiques cis, us, dus, les différences existant dans l'accentuation des diverses personnes furent supprimées.
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le/et's et deïs avaient déjà perdu l'a întervooalique, ces formes passèrent aussi à /» et à dis. Dans le domaine wallon les formes avec « {fesis, desis, etc.) se sont conservées plus longtemps (Jean des Preis) ; de là, la conjugaison wallonne. Je disis, tu disis, il dîaii et je meti, tu métis, il metit (en souvenir des formes du présent). De telles formations étaient usitées dans toute la région de l'Est jusqu'à la Bourgogne.
Dans six parfaits, les voyelles n'étaient pas les mêmes aux formes accentuées sur le radical qu'aux formes accentuées sur la désinence : c'étaient :
Oi^=i HABUi deuxième pers. sg. eiii, poi = pavi deuxième pers. 8g. peûs, poi = potui deuxième pers. sg, peâs, ploi '=: PLACui deuxième pers, sg. pleiis, soi ^ sapui deuxième pers. sg. seiis, toi ^ tacui deuxième pers, sg. leùa.
Les trois formes à radical accentué de ces parfaits (la première pers. sg,, la troisième pers. sg., la troisième pers. plur.) furent refaites sous la double influence de dui, dut, durent et de (e)«s {e)ume3 {e)usies ; elles devinrent par suite {e)u {e)ut {e]uren( ', ou eà eut eurent. La prononciation de eii, etc., avec e formant une syllabe distincte, eut de très bonne heure la destinée ordinaire de cette voyelle, et disparut.
Pour 00(7, tinc, fine, ou créa, à la fin du xni'etdu xiV siècle, les autres personnes lu cola {ooula) tins vins, etc. *.
Dans ces verbes, l'unification s'est donc accomplie au profit des formes à radical accentué.
Elle était assez difficile dans une classe de verbes de la deuxième conjugaison forte, dont le radical se termine par gn : ceins = cinxi, deuxième pers. sg, ceinsia, troisième pers. ag. ceinat. Ici on refit, à l'aide du radical du présent, un nouveau parfait : eeigni. La forme accessoire qui se présente au xv8 siècle, piaindi, a pour base les formes du présent
1) Cf. ut. Actes du Parlement, 1250, su = SAPmr, 1278.
2) Vofs déjà (tans Beauroaaoir J. B1. 1239, et souvent dans les (quarante Miracles de Notre-Dame par personnages, voulstes tismcs ou tinsmes chez Christine do Pizan.
ptaindons,plaindet, plaindre, reapondons, etc. Dans conduis =::cONDuxi deuxième pers. sg. conduisis, et dans des formes de parfait semblables, la forme nouvelle {Je conduiai) peut être sortie aussi bien de la deuxième pers. sg. du parfait {tu conduiais] que du présent [conduisons].
Je voulus est une formation nouvelle d'après le participe voulu ; elle fut faite comme je valus, mais bien plus tard que celle-ci. Paisgrave enseigne encore vouhiase à cftté de voulusse.
53. En ce qui concerne le futur, nous mentionnerons seulement ici la formation de enverrai. Jusqu'au xvii* siècle, le futur de envoyer était toujours enooierai qui se trouve encore chez Molière, Comme pendant longtemps on pouvait dire soit je voirai, &aixje verrai (fut. de videre}, la coexistence de ces deux formes entraîna, à côté de envoierai (oii Ve était muet), la forme nouvelle enverrai.
53. Le subjonctif présent, comme l'indicatif présent, n'offre que deux tyçes de conjugaisons, celui de la première conjugaison faible en em, et celui des autres, en am. Les textes d'ancien français gardent assez rigoureusement cette distinction; on voit, cependant apparaître, isolément au xii9 siècle, plus fréquemment au xiir*, des formes de la première conjugaison faible avec désinence e ( aime aimes aime au lieu de l'ancien type ain, ains, ainl), et au xiv* siècle, ces formes font disparaître les anciennes. La locution Dieu voua gardt est un reste du subjonctif de l'ancien français. Le provençal hésite entre la forme abrégée par changement pho- D^ique {am), et la forme non abrégée (ame) dont Ve, servani de signe distinctif, pouvait échapper à ce changement. Plus tard, la langue renonce entièrement à la forme abrégée. La distinction de ame et fassa subsiste encore aujourd'hu dans certains dialectes.
91EM p6ssiem se changent eux aussi en siam possiam, fr, soie puiase, prov. sia {posca d'après l'indicatif pose + a) Les formes vadam stem donbm, furent refaites en françai
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d'après l'indicatif vois estais doina + e. Les subjonctifs puisse et truisse, de rooer irover reposent sur paisse.
Dans les autres conjugaisons aussi, un certain nombre de formes ont été refaites. Les radicaux terminés par le groupe consonne -\- g avaient primitivement la forme comonne + ge au subjonctif {sorge ^= surgam, eaparge ^ spargam, *plange ^^ plangam, "frange ^ frangam, "cenge = cit4GAM). Les radicaux en ng remplacèrent les anciennes formes par de nouvelles, qui prirent pour base la forme du radical développée devant i ou e latin t plaigne fraigne ceigne. Comme on disait il sorget à côté de l'indicatif il sort, et aussi planget à côté de l'indicatif il plaint, etc., on pouvait considérer ge comme la désinence caractéristique du subjonctif, et l'étendre à d'autres verbes. C'est ainsi que des formes telles que moerge ;= moriar, corge ^^= curram, tienge := tenbam, cienge ;= veniam, prenge ^ prehendam, furent créées à l'aide de l'indicatif moerl cort, etc. , et de la désinence ge. Un fait identique se rencontre aussi en provençal, où l'on trouve à côté de esparga sorga les formes ponga prenga (déjà dans Boèce).
Sans doute des formes comme moerge vienge prov. portg'a prenga ont été expliquées ordinairement par la désinence iam; cependant la diphtongaison dans les formes françaises parle contre l'hypothèse d'un développement phonétique pur, car ô et S devant -rge, -nge ne pouvaient se changer en diphtongues, et la comparaison de l'ancien français muife = moria(m} avec moerge permet à peine d'hésiter et de se demander laquelle de ces formes s'est développée régulièrement, laquelle a été refaite par
De même que plaigne, les subjonctifs florisse, naisse sont des formes refaites, tandis que les types latins se continuent dans les formes provençales fiorisea, conosca, nasca. Vienne et prenne se sont introduits dans l'usage au xvio siècle à côté des types plus anciens oiegne, pregne;
ils sont de même nés des fonnes de l'indicatif. De la même façon aussi a été créé d'après la première pers. sg. de l'indicatif met, pic. mech =z witto, le subjonctif lorrain mece, le picard mèche (mete resta en fruicien) : oe subjonctif peut aussi s'expliquer directement par une influence de /ace, pic. fâche. Les dialectes de l'Est présentent paiement des subjonctifs en -oie (d'après soiet)
En provençal estia = stem a évidemment été refait sur sia; la forme accessoire esto, sur do r=z donem, que la langue avait inconsciemment rapproché de l'infinitif dar.
L<e subjonctif dicam avait encore au xvii^ siècle pour forme ordinaire die. Dise qui s'emploie aujourd'hui, a été refait à l'aide de disons, disait, etc.
54. L'iMPARPArr du subjonctif, qui est dérivé du plus-que-parfait du subjonctif latin, a subi également en français et en provençal l'influence des formes du subjonctif présent terminées en e (lat. et prov a). C'est ainsi que de AMAvissEM AMAVissES AMAVIS8ENT proviennent : en français amaifse amasses amassent, en provençal amessa (qui se rencontre déjà dans le fragment de l'Évangile de saint Jean) (à côtéde âmes), amessas (à côté de amessesi, ameasan (à côté de amessen). La troisième pers. sg. en français n'a point pris part à cette influence; on trouve isolément auuisset perdesse dans Eulalio, /ussei dans le Voyage de Charlemagne à Jérusalem.
55. L'impératif présente à la deuxième pers. sing. un s (qui manque le plus souvent en ancien français) toutes les fois que la personne correspondante de l'indicatif peut s'employer comme forme d'impératif; par exemple : aiues (Auc, = « aide »), oj (Saint- Alexis, ^= « écoute «), enten:i {= « apprends »). Jusqu'en plein xvio siècle la langue hésite entre les formes avec s et celles sans s; puis cette hésitation cesse en faveur des promîc^ dans la première conjug. faible, en faveur des sS o e noc S dans les autres conjugaisons. Quelques impératifs archaïques sont restés en
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usage; ce sont va ■=■ vade, et coi := vide dans ûoici ooilà {dois ailleurs); par contre, devant en et |/ on a ajouté un s aux impératifs de la première conjugaison faible et après va : pories-en, vas-y. L'influence de la première conjug. faible a entrfdné plus tard la chute de l'a dans saches aies veuilles.
56. Au PARTICIPE PRÉSENT, le français a remplacé, à l'époque « pré-littéraire », dans toutes les conjugaisons, la désinence ent par celle de la première conjug, faible [ani). Il ne peut être question ici d'une permutation entre è et a, comme le démontre le fait que, même les dialectes qui font une distinction entre è et à. n'offrent au participe présent qu'une seule désinence qui est ant.
Une retormation tardive du bas latin est habiens (à cause de HABio), fr. ayant, et estant (à cause de estre] qui, à vrai dire, pouvait être aussi la continuation phonétique du latin exstans au sens de existens',
57. Au PARTICIPE parfait passif, l'innovation la plus importante est la formation en utus. Elle était restreinte à l'origine à des radicaux verbaux latins ayant le présent en ko, parmi lesquels, il est vrai, un petit nombre seulement sont passés en roman. Ainsi consutus, cousu, TRmuTus, a. fr. treû (toujours substantif}, secutus, ^. fr, soii, battutus =^ battu. Peut-être rendu doit-il se rattacher à re-induere, qui a dû se croiser avec reddere (prov, redre] pour donner en fr. et en prov. rendre (cf. dans TertuUien redindutus). Comme M disparaissait au présent {je couds, bats, rends ; de même soLvo, VOLVO, à côté de solutus, volutus, qui plus tard furent remplacés par soltus, voltus), -utus dut être regardé comme la désinence caractéristique du participe ; cette désinence s'étendit à beaucoup d'autres verbes ; et cela dès un temps très reculé, puisque celte formation est commune à toutes les langues romanes.
1) Cf. RossBBRG dans l'Archir de Wôltflin, iv, 1.
Le plus souvent ces formations nouvelles se présentent là où, en latin, se trouvait îtus, désinence peu favorisée en roman à cause de son accentuation particulière (les autres désinences étaient a^Ks, ëtug, Itus, ûius) ; d'ordinaire celte désinence appartenait à un verbe ayant le parfait en ui. Les participes en utus sont si intimement unis aux parfaits en wi'que souvent le participe s'est formé du parfait, ou inversement, comme nous l'avons vu plus haut, le parfait du participe. Le premier cas se présentait en provençal, où les participes correspondant à saup = sapui, ac r^ habui, conoc :^ coGNovi, Bolc ^ volui, sont saubut, agut, eonogut, nolgui. Le gascon hésite entre la formation provençale et la formation française, et dit par exemple aût à côté de agut. Les participes français correspondant aux parfaits ci-dessus sontsou(rf), oà{d], coneû{d]', colu{d]. Des traces de la formation laline sur Hms se sont encore conservées isolément sous la forme de substantifs : renie = reddita, vente =
VENDITA.
Le provençal dit, dick, fr. dit ^= dïctum a emprunté son i aux formes du présent ; au contraire rt' est resté dans un terme chrétien qui s'est séparé du simple dicere, savoir BENEDicTUM, prov, beneieg , tr. bene(d)eit. Le fr. mis {prov. mes) := MissoM doit son i au parfait ; le substantif mets, a, fr. mes est encore la continuation de la forme participiale latine. De même lèctus doit être rattaché à légère, col-
LfcTUS à COLLIGERE.
Il faut encore remarquer les participes ri, exclu, nui, lui qui avaient pour formes en ancien français ris, exclus, nuit, luit. Les deux premiers ont évidemment perdu leur s parce que les désinences participiales i et u étaient très fréquentes, et les désinences is et us au contraire, fort rares. Les deux autres se sont sans doute ralliés k/uï (ancien trançais/oï) ; la cause efficiente de cette transformation analogique n'est toutefois pas encore découverte.
<) Cf. AGNOUTA, Lece ealica.
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58. L'infinitif lui aussi présente des changements de diÉEérentes sortes. Sapère cadère fugïre cupire ridëbe respoNDËRE sont des infinitifs anciens. On refit, d'après le présent les infinitifs érgere, côsere, battere qui remplacèrent les formes latines erigere, consuere, battuehe; ainsi il ne peut être question ici d'un déplacement de l'accent. Potêre voLËRE s'introduisirent, grâce à debere, habere, pour posse VELLE. Esse se changea, par une analogie facile à comprendre, en ESSERE.
a. — Le substantif
59. L'ancienne déclinaison romane, qui remplaçait par .des prépositions les cas latins dans leurs principaux emplois, et ne laissait subsister que le nominatif et l'iiccusatif, ne s'est nulle part conservée aussi fidèlement que dans les langues anciennes de la France. On peut supposer que des dialectes rhéto-romans avaient de même conservé, au moyen âge, la division en cas aussi complète que les gallo-romans ; mais on manque de preuves écrites pour appuyer cette hypothèse.
Les substantifs français et provençaux se groupent d'après leur déclinaison en six classes, qui se sont constituées de la manière suivante. Parmi les cinq déclinaisons de la grammaire latine, la quatrième ne tarda pas à disparaître parce que les mots qui lui appartenaient se déclinèrent sur la seconde, où la ■ principale modification à subir était, au nominatif pluriel, le passage de la forme en -ms à la forme en -I. Les quelques mots appartenant à la cinquième déclinaison n'avaient pas le nominatif et l'accusatif bien distincts de ceux des mots de la troisième; de sorte que pour suivre le développement de la déclinaison romane, nous n'avons à tenir compte que de la première, de la seconde et de la troisième déclinaisons latines.
Une simplification importante, ce tut la perte du neutre.
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Au singulier, il se confondit avec le masculin, partout où il n'avait pas été refait sur le pluriel; au pluriel avec le féminin, partout oii il n'avait pas éxé refait sur le singulier. La déclinaison du neutre se trouva ainsi radicalement modifiée.
Si nous considérons maintenant les mots masculins et les mois féminins, noua devons constater que les premiers comme les seconds se sont groupés en trois classes. La première classe des masculins comprend ceux qui en roman ont le nominatif et l'accusatif sg. semblables. Exemple -.prophela^= PROPHETA et prophetam; pâtre ^^ patercI patrem.
On ne sait pas bien encore si des formes comme aller noster, pouvaient, jusqu'à l'affaiblissement de la voyelle finale, distinguer le nominatif singulier alÉre, nostre, de l'accusatif altro, nostro. Elles échurent à la première classe, pendant le ix^ siècle, oïi, d'après les monuments qui nous sont parvenus, o atone devient e. Le moyen-rbodanien aussi, qui a distingué o et e, semble avoir supprimé, dans cette circonstance, l'ancienne distinction des flexions,
La seconde classe est formée par les masculins (et les anciens neutres) dont le nominatif singulier se distinguait de l'accusatif par l'addition d'un s. Ici le plus fort contingent est fourni par la seconde déclinaison latine, que suivent aussi, nous l'avons vu, les mots de la quatrième ; toutefois, il faut y joindre, parmi ceux de la troisième, tous les mots qui présentent entre le nominatif et l'accusatif du singulier la même différence que ceux de la seconde. Exemple : nomin, MUROS, accus, muru(m), fascis, ace. fa8ce(m).
La troisième classe est formée par des masculins latins de la troisième déclinaison, qui différencient le nominatif et l'accusatif du singulier : dona{n)s donante(m), imperator imper atore(m).
, La première classe des féminins comprend d'abord les féminins de la première déclinaison latine, qui se terminent tous par un a atone : pemina(m).
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La seconde classe comprend les féminins delà troisième déclinaison latine (et de la cinquième) qui ont à l'accusatif une finale autre que a : fine(m} fide(m).
Presque tous les féminins ont de bonne heure perdu partout, à l'époque romane, le nominatif du sg. et du plur., lorsque ce nominatif était différent de l'accusatif. Les quelques féminios qui présentent encore un nominatif singulier difîérent de l'accusatif, forment la troisième classe : nom. soROR, accus, sorore(m).
GO. 11 nous res1« à examiner les modifications les plus importantes qui se produisent dans la formation des cas.
Le nombre, déjà grand par lui-même, et encore augmenté par l'adjonction des neutres, des masculins en us fit considérer leur déclinaison comme le type de la déclinaison masculine. Quand on créa de nouvelles formes, ce fut d'après ce modèle. Or l'accusatif était le cas le plus usité puisqu'il s'employait non seulement pour marquer le complément direct, mais . aussi après toutes tes prépositions. Il demeura en général sous sou ancienne forme, et c'est d'après cet accusatif que l'analogie créa les autres cas.
Ainsi tut constitué, sans doute, tout d'abord le nominatif pluriel. Du moins, partout où il n'était pas identique à l'accusatif sg., il fut refait d'après lui. Voilà comment tous les masculins de la troisième déclinaison latine ont abandonné au nomin. pluriel ta désinence es ; et l'on se demande encore si l'on n'a formé le nomin, plur. qu'à une époque où l'accusatif pluriel était déjà emperadors (le nomin. correspondant est alors emperador, de même que pro/eta est le nomin. dérivé de l'accus, plur. profelas) ; — ou bien si, à une époque où l'accus. plur. était encore emperadores, on avait déjà refait un nomin. plur. emperadori (cf. dui, treij, le aaptenii des Gloses de Cassel).
Le nomin. sg. a été refait dans la plupart des mots où il avait une forme complètement distincte de l'accusatif; il ne différa plus de ce dernier cas (dont Vm était muet),
que par la présence de l'a de flexion. Quelques exemples de cette formation remontent à une date très reculée ; ainsi le nomin. sg, bovis (dans Pétrone et Varron) au lieu de bos, prov. bous, a. tr. buea, pectinis dans le Probi Appendix,
MUNICIPES, ANTIBTITES', LOCOTENENTES (VH« S.); cf. aCUSSi
HEREDES, prov, erês, LEONis, prov, leos, a. fr. liuns, paris, a. fr. pers, ordinis, a. Et. ordenea, m.-rhod. ordenoa. 11 faut y joindre tous les radicaux en nt, à l'exception de INFANS, a. tr. énfes, accusât, enfant (mais prov. nomin, enfàns, accus, en/an) '. ainsi en a. fr, mam, prov, mons, refait à l'aide de l'accua. monte{m) +s; a. tr, donam, prov. donana de l'accus. donante{m) + s.
Un petit nombre seulement de substantifs, désignant pour la plupart des personnes exerçant une action quelconque [nomina acioria], comme amatoh, cantator, des dignitaires, etc., se sont soustraits à cette reformation, qui a notablement enrichi la seconde déclinaison romane aux dépens de la troisième. Comme ils s'employaient fréquemment en qualité de sujets, ou dans l'interpellation, ils ont conservé le nominatif sg. latin ; cependant, au xuja siècle, on trouve des exemples de nominatifs de formation nouvelle, même dans des mots de la troisième déclinaison (par exemple garçons, barona au lieu des formes anciennes gan, ber). Voici quelques exemples qui se rattachent à la troisième déclinaison :
coMES, prov. coma, a. fr. cuena, accus, comitem, prov. comte, a. fr. conte.
SENIOR, prov. senker, a. tr. sire, accus, seniorem, prov. senhor, a. tr. seignor.
AMATOR, prov. amaire, a. fr. amere, accus, amatorem, prov. amador, a. tr. ameor.
11 faut y joindre aussi le mot itptut^spot qui en latin devint presbyter, accus, pre(s)byterum ; delà le nomin. sg. a. tr. prealre. accus, prov, preveire, a. tr, proveire.
1) Voy. VArckir. de Viàhvrun, il, 559.
CHANGEMENTS A890CIATIP8 129
Des mots comme liber, venter, iNXEGER présentent àes formes en us (librus, ventrus} refaites d'après l'accusatif, déjà dans le Probi Appendix, d'où libres dans Boèce, ventres dans le Psautier d'Oxford. Accideoteltement, des mots de la première déclinaison romane présentent aussi, au nomin. sg. un s (ii pères}, par l'adjonction duquel leur déclinaison se confond avec la seconde. Les mots de la troisième eux-mêmes, quand ils ne se terminent pas au nomin. sg. par un s, peuvent en admettre un : bera, empereres, Guenes de Wenilo, déjà dans le Saint-Léger. Le nom. sg. papes qui se rencontre également dans le Saint- Léger, repose sur la forme du moyengree papas, qui est aussi passée en allemand {Pabat, ancien haut-allemand bàbes) ; d'après cela, ce mot ne peut pas servir à prouver que l's s'est introduit de bonne heure au nomin. sg. de la première déclinaison.
Les infinitifs suivaient, dans le principe, la première déclinaison : nomin. sg. li prendre, li ferir, li aoeir; dans la suite, grâce à l'adjonclion d'un s au nominatif sg., ils passèrent à la seconde (pas encore dans le Sermon rimé). En provençal ce passage est beaucoup plus ancien, car on rencontre déjà dans Boèce le nomin. sg. acers.
61. La seconde déclinaison des masculins n'agit pas seulement sur la déclinaison des autres masculins, mais même sur celle des féminins. Seule la première déclinaison des féminins avec ses nombreux mots- en a, f r. e, n'a pas subi cette influence, parce que la désinence a, rare dans les masculins, fut considérée comme caractéristique du genre féminin. Mais les féminins oxylons ont, à peu près au milieu du xii" siècle, adopté en normand la désinence du nominatif a, qui manque dans les plus anciennes poésies — et non pas seulement, comme on l'a affirmé, dans celles des Anglonoruiands — ex. : la leis, la dolora, la parz. En provençal l'adjonction de s remonte beaucoup plus haut ; déjà dans Boèce nous trouvons les nominatifs dolora, onora, et commuta- TiONis, ainsi que des nominatifs semblables, se présentent et le Procencal. 9
dans des textes de bas-latin '. Tandis que pour le français il n'y a de possible qu'une explication (le transport de l's du masculinau féminin), on pourrait songer, pour le provençal, à une autre hypothèse : on pourrait croire que des nominatifs comme ^/M,/es seraient la continuation directe des nominatifs latins FINIS, fides, et que Vs aurait, de semblables nominatifs, passé à la part, la Jlor. Pour le français, où la Jin, ia/ei sont les formes de nominatif exclusivement en usage dans la première moitié du xii» siècle, une pareille explication n'est pas admissible.
Il n'y a pas longtemps encore, des savants ont affirmé que, puisqu'on trouve dans les pjus anciens textes provençaux des nominatifs féminins en a, cette même désinence avait dû également être adoptée par l'ancien français; ce serait là une conclusion par analogie qui n'est rien moins qu'évidente. Dans notre édition du Sermon rimé*, où nous avons traité du nominatif en s des noms féminins, nous avons démontré que l'absence de cet « dans un monument qui garde pures partout ailleurs les flexions casuelles, était une marque incontestable de son ancienneté. Pour soutenir une opinion contraire, il faudrait présenter au moins un monument littéraire d'époque postérieure, qui maintienne, comme le Sermon rimé, les flexions casuelles. Jusqu'à ce que ce monument soit trouvé, on pourra soutenir l'hypothèse que nous avons défendue d'accord 'avec d'autres savants '.
Quelques féminins ont été attirés par la première déclinaison féminine, en particulier ceux qui étaient terminés par une voyelle atone, qui fut ensuite remplacée par a, par exemple prov. imagena =^ imaginem, oergena =^ viRGi- NEM, glassa = glaciem fr. glace, fassa (à côté de /aU) = FAciEM fr. face (cf. facias, Gloses de Casse!), prov. dia =
1) Arckif). de WôLFPLiN, II, 575.