‹ Le français et le provençal: Trad.par P. MonetChapitre 21 sur 38 · CROISEMENTS · texte numérisé non relu

CROISEMENTS

ES3E, quia adopté la désinence des autres infinitifs, et en particulier de ceux de la troisième conjugaison latine.

Autre exemple. La désinence aris est plus rare en français que la désinence ahius ; la première devient d'abord er, la seconde ier, par exemple subtalare, prov. sotlar, a. fr. soller; pRiMARiuM, pro7., a, fr. primier. Or on trouve quelquefois au xiii» s., et généralement au xvio, les mots en er assimilés à ceux en ier ; ainsi aux formes d'à. fr. soller, piler, sengler, bocler (qui est propremant adjectif, car eacud bocler désigne un bouclier muni d'une bosse), bacheler, coler, singuler, correspondent les formes de français moderne soulier, pilier, sanglier, bouclier, bachelier, collier, singulier.

L'agent d'un métier est ordinairement désigné par un mot en ier comme barbier, cordonnier, ferblantier; on ne trouve dans celte classe de substantifs qu'un exemple isolé d'un mot en el, c'est ménestrel = ministerialem (au sens de jongleur}. Dans la suite ce mot reçut lui aussi la désinence ier, et dans • Joinville déjà il est devenu menesirier.

La désinence eus dans crudelis était aussi rare que la désinence alis était fréquente ; aussi la première fut-elle assimilée à alis, à une époque où cette dernière était probablement déjà devenue fis.

La forme peu ordinaire -e/ic, de l'allemand ing, a cédé la place à trois sufSxes différents et plus usités, dans^^amenc, ckamberlenc, Loherenc, cf. franc, raoà. fiamand, chambelttm, Lorrain.

L^similation n'a pas atteint seulement les désinences, mais mSmo les radicaux. L'a. fr. manjuel = manducat doit sonjk la crémière pers. plur. ninn/ons ^ manducamus, et avait primitivement la forme manduei (que l'on ne trouve déjà plus dans aucun texte). Le mot diamant s'explique probablement par l'influence de l'adjectif diaphane sur aïmani ^= ADAMANTEM. L'assimilation de gravis à levis, brevis est très ancienne (d'où prov. greu, fr. grief) ; de même celle de

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SINI3TBR à DEXTER d'où résuttc en prov. et en fr. la rinie de senesire avec destre; celle de deorsum, prov.yo», à surbum, prov, sus, d'où a. fr. jwt en face de sus.

Une assimilalion remarquable, où l'on serait tenté de voir un croisenaent, c'est guaimenier, dû à une déformation du verbe lamenter sou3 l'influence de l'interjection guai.

On trouve dans laLex Salica culcare pour collocare, et l'a. fr. prononçait, avec ç, colchel = collocat ; M. G. Paris ramène cet aïisourdissement de la voyelle à l'influence de la forme eulcita (auj. dans courte-pointe). Il se peut encore que dans nièce = neptiam il y ait un souvenir de nies ^= nepos, et peut-être dans rendre ^ reddere ud souvenir de pren-

DERE*.

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