‹ Le français et le provençal: Trad.par P. MonetChapitre 33 sur 38 · ORDRE DES MOTS ET DES PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

ORDRE DES MOTS ET DES PROPOSITIONS

Les libertés de la langue latine en ce qui concerne l'ordre des mots n'ont été, dans aucune langue romane, aussi restreintes qu'en fmnçais; mais cet état ne s'est produit que peu à peu, et l'ancien français, qui pouvait par sa déclinaison distinguer le sujet du complément, possédait encore quelques traces de l'ancienne liberté.

93. C'est ainsi que l'inversion du sujet était au moyen âge bien plus étendue et plus rigoureuse qu'aujourd'hui ; à mesure que la langue s'est développée, l'inversion a graduellement disparu.

11 y a en général inversion du sujet dans les propositions commençant par un complément circonstanciel; dans les autres, seulement quand on veufmettre le verbe en évidence, par exemple j)/M/-en( Franceis; muntet li reis en sun cheval curant. Cette sorte d'inversion se trouve régulièrement daus le Roland avec les cerba dicendi. En français elle est tombée dès le xni= siècle ; en provençal elle s'est maintenue jusqu'au xiv«.

L'ordre sujel — nerbe — complément, qui prédominait déjà avant la disparition des flexions casuelles, fut d'autant plus fréquent, en français et en provençal, après la perte de la déclinaison. A côté de cette tournure, on pouvait aussi placer le complément avant le verbe' sans qu'il tût nécessaire de le

1) Il en tut ;iinsi jusqu'au xv siècle et quelquefois même au xvi'

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