PERTE DE MOTS. PHÉNOMÈNES D'ISOLEMENT
La langue a perdu, dès l'époque antérieure à la formation d'une littérature, un grand nombre de mots, les. uns formant des types complets, les autres étant simplement des formes particulières de ces types (p. ex. vis, volt, volumii8 vultis).
109. Comme types toutes les langues romanes ont perdu lesformesverbalesdu subjonctif imparfait (conservé en Sarde), du subjonctif parfait, du futurum exactum (conservé en espagnol et dans le roumain du Sud), de l'impératif, à l'exception de la2'pers. Bg,,et du passif tout entier (à l'exception du participe partait). Du futur il n'est resté que ero, L'Auvergnat a gardé des traces de la 3» pers. plur. de l'impératif.
Le plus-que-parfait français de la 1" conjugaison faible se conjuguait probablement amere, arriéres, amerei, ameruns, amerei, amerent. La 3^ pers sg. se trouve seule dans les textes ' ; le dernier exemple se lit dans Alexis [firet] . En provençal le plus-que-parfait s'est maintenu, mais a changé de fonction .
Peut-être faut-il voir encore dans laforme actuelle aimèrent un reste du plus-que-parfait, car l'influence de amerent =^ AMARANT a empèché l'introduction à la 3» pers plur. de l'a caractéristique du parfait. Des formes comme amareni (introduit dans Rabelais par Dolet) sont des formes provençales dues à l'analogie.
1) V. FoTH dans Blâmer, Roman. Studien, u, 254.
La déclinaison perdit le datif et l'ablatif du pluriel, le vocatif singulier, le datif singulier, (saut les forines pronominales illI, mihIjCCi), et au féminia le nominatif dont il ne reste que fort peu de traces.
Il est demeuré des restes du génitif (singulier et pluriel) et de l'ablatif singulier. On reconnaît p. ex. uq génitif sg. dans oenres di ou divenres (les deux sont aussi prov.} et dans les autres noms de jour de la semaine, excepté samedi. Des traces de génitifs plurielsse trouvent dans lor ^= illorum (avec changement d'emploi), geale Francor, checal milsoldor, [la/este) chandeler = VEsrACAHDELfLRVM; dans des noms de lieux comme curtis francorum Con/racourt (Haute-Saône) Con- /récourt (Aisne) Con/rancon (Ain], francorum villa Francourville (Eure-et-Loir) , villa fabrorum Villefavreux (Seine), curtis fabrorum Confacreux (Aisne), castellum wandalorum Castello Wandelors, au x« siècle Castetjaloux (Lot-et-Garonne), curtis au sorum Cowriiso fa (Marne) .Citons encore villa britannorum Villa Breienoro au ix» siècle Breionoua: (Lot), villa magnalorum Mignalaux (Vienne).
Comme restes de l'ablatif latin, citons les adverbes en -ment ^ lat. mente ; les gérondifs accompagnés de en {en arricant) ; or :^= hac hora ; com = quomodo, les noms de lieu Reims = remis, Meaux ^ meldis, Or liens aujourd'hui Orléans en trois syllabes = aurelianis.
Le neutre adisparu. Toutefois il est resté des traces de pluriels neutres comme mïïfe au], mille (pluriel de »m7 mille); a. fr. la deie, la paire, cent almaille =^ cbntum animalia ' .
Les formes latines des degrés de comparaison se sont perdues et ont cédé la place à des tournures où entre pitts. Des comparatifs latins it n'est resté que melior, pejor, major, minor, les neutres magis, plus et quelques autres ; enfin quelques superlatifs (haltisme saintisme) h sens t< élatif » (très haut, très saint).
Les formes pronominales neutres quel, cel, eest encore
1) V. TOBLBR, p. 150.