‹ Le français et le provençal: Trad.par P. MonetChapitre 7 sur 38 · Changements xuroenus au xii' siècle · texte numérisé non relu

Changements xuroenus au xii' siècle

Aux changements de sons dont nous avons traité jusqu'ici, viennent s'ajouter encore quelques modifications qui se produisirent au début de l'époque littéraire.

i3. En français, la diphtongue ai a été, dès le xii« siècle, peu à peu contractée en f (elle était déjà antérieurement devenue fi, comme le prouvent les assonances). Cette contraction eut lieu d'abord devant le groupe sfr {naistre, dans Philippe de Thaùn), puis dans une syllabe suivie d'une consonne (on trouve mats, à la rime avec après, dans un chant de croisade de 1146), et enfin, au xni" siècle seulement, même dans une syllabe libre (/ai>e).'' Devant n, ai est resté à l'état de diphtongue jusqu'au xyu^ siècle, tandis que dès 1150 environ, -ein -eine a le même son que -ain -aine |en lorrain seulement, ein sonnait comme oin après les labiales ; poine pena ^= poenam).

En outre, au xii« siècle, on voit se produire la dissolution de^; dans certains cas, surtout après a, cette dissolution est de beaucoup antérieure à cette époque. On trouve déjà dans Boèce auça de altiat ; les exemples français dont les dates sont les plus anciennes se trouvent dans des chartes de Touraine : Girau Tours 941, Rainauds Tou.*s ou Huismes 950 '.

En provençal, la dissolution de / parait s'être introduite un peu plus tôt qu'au Nord (avant le passage de (s à su), mais seulement à la condition expresse qu'il soit suivi de /,

1) Bibl. de'l'Éc. des Chartes, xlvi, pp. 3ffi,421.

D.q.t.zsdt)yG00l^lc

d, ta, rfî, n, c. à d. d'une des linguales, exception faite de s. Exemples : aut ^ altum ; beutat ^ bellitatem ; rihauda ; caussa = calceat ; aauîe = salicem \feunia, àe/elon + ia. En français, / s'est dissout devant toute consonne : els = ILL09 est devenu eus prov. els ; chevals = caballus, ekevaus, prov. cavats ; colp = colaphum, coup, prov. colp ; cils =^ viLis, vius, prov. ri7s'.

BIBLIOGRAPHIE

Sur les formes du latin en Gaule, il faut consulter : H. Schuehardt, Vocalismus des Valgdrlateins, i-m, 1866-8. — E. Seelmann, die Aassprache des Latein, 1885, — G. Grôber, Valgârlatcinischc Substrate rotnaniscker Wôricr, dans les Arch.f- lat. Lexicographie and Grammatik de WOlfflin, i-iii. Les Arckiocs de Welffiin contiennent encore d'autres études qu'il faudrait citer ici, p. ex. Sittl, sur BeartoHung des sogenanrttes Mitlollalains, II, 550. — Geyer, Beitr&ge sur Kenntnis des galliscken Lateine, H, 25.

Sur l'histoire du phonéttsme français, les travaux principaux sont, sans parler de la Grammaire de Diez, ceux qu'ont publiés la Romania et la Zeitschrift fur romanische Philologie. Comme il faudrait accumuler les citations, nous renonçons à les énumârer ici. Relativement au développement des consonnes affectées d'nn i, nous avons suiviVilhjalm Thomsen ; ctr Mémoires de la Société de linguistique de Paris, m, 106. — Pour connaître exactement le développement des voyelles toniques, il y a de nombreuses Contributions »; ainsi, sans compter ce qui a paru dans les Reçues indiquées, il faut mentionner surtout l'étude de Bobmer, A E I im Oxforder Roland (dans les Romanische Studien de Bôhmer, tome i, p. 599). — Ten Brink, Daucr undKlang, 1879. — FHrster, Besiimmung der laleinisehen Quantitàt aus dem Ronianischen dans le Rkeinisches Muséum, tome xxxni, et : Schicksale des laleinisehen o im Fransôsischen (dans les Romanische Studien de Bohmer, ni, 174). — Gaston Paris, Étude sur le rôle de l'accent latin dans la langue française, 1862. — Citons encore : A. Horning, Zur Gesckickte des lat. c eor e

I)"NouB ne pouvons entrer ici dans plus de détails sur les changemenls des voyelles amenés par la dissolution de /.

und i im Romaniscken, 1883 ; et Joret, Du C dans les langues romanes, 1874. — H. Engelmann, Die Enlstehung der Nasal- Dokale im. Franaôsiscken, 1882. — H. Sehuchardt, dans Kuhn's Zeitschrift fur vergletchende Sprachforschung, xxii, 153. — A. Tobler, dans la même remie, xxm. 414.

La grammaire de la langue littéraire normande auï xi'-xii' aièclea a été traitée par Gaston Paris (La de de saint Alexis, 1873; cit. les remarques de Tobler, GôU. Gd.An^., 1872, p. 881), et par E. Mail (Li cumpos de Philipe de Thaûn 1873), ainsi que dans l'introduction de l'auteur à la Roimpredigt de 1879. Comme étude soignée dea formes données par le principal manuscrit angio- normand, mentionnons : Meister, Die Flexion im. Oxforder Psaltcr (1877).

Nous ne citerons pas les écrits disséminés dans diverses éditions d'œuvres d'ancien français, et dans les travaux qui ont pour objet les langues romanes en général (Muasafia, dans les Sit- 3ungsherichte der Wiener Akademie ; AscoH dans son Archioio gtottologico iialiano ; etc . , , ). On peut se reporter à la bibliographie indiquée dans Grôber, Grundriss, p. 109, et aux listes d'ouvrages modernes, données dans le Literaturblatt fur rom. und germ. Philologie, de Neumann, ainsi qu'à un excellent travail du même auteur : Die romanischc Philologie 1886 (dans l' Encgclopâdie de Schmid vu, 2).

Pour le provençal, il faut mentionner les travaux de Diez et de Raynouard ; la Meoue des langues romanes', Paul Meyer, O provençal (dans les Mémoires de la Société de linguistique do Paris, i). — Un article du mSme, Provençal languagc, dans VEncyclopaedia Britannica, 1885. — E, Wiechraann, ùber die Aussprache des proeemalischen E, 1881. Die beiden âllesten proccnsalischen Grammatikon : lo Donaù: Procnsah und Las Rasos de Trobar, publiés par Stengel, 1878. — Les Legs d'Amors dans les Monuments de la littérature romane publiés sous les auspices de l'Académie des jeux floraux par Gatîen- Arnoult, 1843, vol. i-m. Chabaneau promet de publier une autre rédaction, inédite encore, des Legs d'Amors.

B. — Aperçu das sons au XII' aièote

a- Provençal 14. Les 30D8 que possédait le provençal au xii° siècle

étaient tes suivants :

p p a 9 ce

no, dû

.un

ie'.

Page 1