‹ Le frère de PironChapitre 10 sur 41 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Les IMiÎMES , BEAUSOLEIL. 7/ en/rr portant une valise de caoalîer qu'il pose sur une chaise.

EEAISOLEIL.

Tu verras sa personne, Son arrute qui l'environne.

11 n'y a rien de si beau Que de voir le roi et laisser son tioiipeau.

Ne vousdéran^^ez pas : c'est moi qui viens loger dans la maison.

PIRON. Un militaire I .. . Louise, baissez les yeux...

i.OiïSi:. Pouiqnoi donc?. .. il n'a pas l'air méchant.

EEAVSOLCiL , tirant Sun fjillit de liif^enienl et cliantaiil.

J'arrive (1(" la province Par le grand chemin; Si mon t'tiuipaççe est mince, Mon œil est mutin...

PIUON. Chut!.... {A part.) Quel ton!...

CCS soldats!., quelles manières!..

nEALSOl.KlL. Bon... bon... ça vous ennuie peut-être de me voir; mais le maréchal-des-logis m'a dit : voilà ton billet de lojjement... Grande rue de Dijon, chez

le fabricant de moutarde à preuve —

{Il donne Sun billet à Piron) et j'arrive sans regarder. Faut obéir à son supérieur..., le soldat à son capitaine , le capi<>aine au colonel , le colonel au maréchal , le maréchal au roi, le roi à personne v'ià

comme je comprends la société. Ah ! ça, vous êtes le papa , vous ? une bonne figure qui me plaît.... Vous , la maman ?

une belle femme C'te petite ? votre

fille ? gentille... et ce gros joufflu cjui la mange des yeux , son amoureux ? IJon , bon , me v'ià au courant. Moi , je m'appelle Beausoleil... joli nom... je reviens

de Philisbourg vive mon maréchal!

nous avons donné un tour aux allemands., j'suis un bon enfant... je mange bien... je bois de même et j'aime à rire. Au dessert je vous chanterai des chansons.

PIRON. Non... non pas... c'est inutile.

BEAUSOLEIL. Pouiquoi donc? ça égaie , et puis ça plait au beau sexe. On sait un peu ce qui lui convient , papa.

[Il chante.)

Passant au quai de rborloge ,

J'ai donne dans l'œil D'un £;ros sous-fermier qui loge

Quartier Montorgueil.

PIRON. Ch.ut! je vous en prie {A part. ) Ces chansons de régiment , ça doit être joli.

BEAUSOLEIL.. Bon... bon... vous savez ce que c'est ?

PIRON. Oui... inutile de me le dire.

BEAUSOLEIL. C'est un peu connu dans la société ! c'est d'un malin qui a de l'esprit je vous en souhaite autant je

porte toujours ses œuvres sur moi... ça ne

me quitte pas plus que mon sabre je

suis son élève pas d'éducation , mais

d'instinct... il aurait fallu que j'étudisse...

PICHONNEAU. Oh ! étudisse!.. Etudiasse.

BEAUSOLEIL. Répétez, jeune homme...

PICHONNEAU. Etudiasse.

BEAUSOLEIL. C'est possible : on dit étudisse au régiment EqûU; je ne suis

LE FUKRK DK PIP.ON,

f»as gênant , et vons scii'?. l/icn alsi; de me ogcr... ainsi qm: cocotte.

l'inON. Cocotte! ... elle n'est pas sur le billet...

BKAUSOLEIL. IMa j liment...

l'iuON. Picliniiiu-au , vas i^ conduire.

lîF. \i soLi:iL. Tu la tiouveias là... je l'ai faite entrer.

l'iuox. comment? comment?..

n!:AiJSOi.i;ji.. A cause des mouches qui la tourmentent.

Pin<»\. Dans le magasin i...

iîi:.\i;.sOLi:iL. Oh ' ji'ayez pas peur.... c'est doux et propre comme vin cliien.

PiiiON , à PicliDttneiiU. Vas donc vîlc... vas donc...

riCHONMC.AU. Oui... oui... {A Louise.) J'ai une idi'e pour réparer ma sottise... laissez-moi faire...

riKO.\ , à PicJiunneuu. Mais dépêche-toi donc...

nciiONNKAU. Oui... monsieur Piron.

(Il sort cil couiaïU.) CCfcOC4.COftCOfcOOCOOfcOOOCOCC08aOCaOQWOOCOOOOO

Page 1