LOUISE
Ali ! quelle imprudence fatale !
r.tqiie doit-il penser de nous?
.Mon prr' va ciier au scandale.
Comment apaiser son courroux
l'ICIlOItNEAU.
II sV-mporte, il crie an scandale, Monsieur Firon s'met en courroux.
l):ms l'inlerèt de la morale, C baiscr-là me vaudra des coups.
I [Guichard suit.
; SCEZs'E III.
: Les Mêmes, excepté GUICHARD.
] Piu0\. Quel événement ! il sort scanda-
j lise! il va tout raconter! la plus mauvaise
] lanfjue de Dijon!., je suis peuluî.. (.7 sit
femme.) Et vous, au lieu de chercher à
l'apaiser...
M""" PIRON. Au fait, de quoi se mêlet-il? Calui va bien d'être membre d'une académie de morale et de faire le dégoûté chez les autres. Il veille sur les mœurs !..
Ain : f'auJeville du Château perdu.
Pour préserver d'accidens un menaj^e, N'voilh-t-il pas un gaillard bien adroit ? Lui, que sa femme, un an après Imariage, Dans tout' la vilT faisait montrer au doigt ! Mais, après tout, il est util' peut-être ; Car, en malheurs de c'tc naluie-là, C'est encor' lui qui doit Tmieux s'y connaître, Vu la très-grand' liabitud' quil en a.
Si on le met jamais dans un catalogue, ce ne sera pas clans celui des saints , je vous en réponds, foi de Madeleine-A irginie Loiscau...
Piuox. Ma fille dans les bras d'un homme !
M""' PIRON. Dieu de Dieu! que vous êtes ennuyeux !
iiROis. Si je no suis ]ias nommé , je te chasse de chez moi; et vous, mademoiselle , retenez bien ce que je vais vous dire : Vous serez reli^jieuse.
PH.UOXNEAU. Oh ! cette idée !
M""^' PiuON. illettré votre fille dans un couvent!
pinON. Oui...
M"'" PIRON. Plus souvent qu elle ira!....
PIRON. Je suis le maître...
M'"' PIRON, Je vous ferai bien voir que non... un couvent!.. Elle a tort, c'est vrai; mais c'est jeune... ça aime à se distraire..
LE M.iUASliN jiii;\ru.M..
Est-ce (juc vous croyez qu'on s'aiiiiisc ici?.. Toute la journée à la lioulique , et le solides remontrances, des sermons. .. jamais un petit mot pour rire ça ne lui convient pas à cette enfant. D'abord , elle tient de moi : c'est vif , c'est éveillé
comme un écureuil et il ne faut
pas l'ahurir et lui donner envie de pleurer, parce qu'elle a joué avec son amoureux In couventl... je voudrais bien
voir.. .
1>IR0\. J'ai le droit d'être sévère, madame Piron ; j'en ai le droit. Je donne l'exemple de la pureté: je ne me suis jamais permis un mot équivoque.
jjme piiioN, Ici... mais ce que vous faites ailleurs, peut-être, vous ne vous en vantez pas : je ne vous ai pas suivi dans votre voyajje à Paris...
PIRON. Madame, c'était pour mon commerce... je suis incapable...
jijme pinox. Qui sait? je vous ai toujours soupçonné d'être un libertin.
PIRON. Madame Piron!..
3jme PIRON. Allons , que ça finisse. Viens ici, Louise, et embrasse ton père , il te pardonne.. Quant à toi, Piclionneau , tâche que je ne t'y rattjape jamais.
PICHONNEAU, à part. Je sais bien ce que je m'en vas faire , de mou côté, pour me remettre bien avec lui.
(On entend clianter derrière le théâtre.)
M™" PIRON. Tiens !.. qu'est-ce que c'est que ça?
piRON. On chante... chez moll...
M""' PIRON. C'est du nouveau!,. PIRON. Piclionneau, vas donc voir...
EEAi'SOLEiL, derrière le théâtre.
Ain : Des Folies d'Espa-^ne.
Si tu veux voir le loi, Il te faut venir, la belle, en campagne.
Si tu veux voir le roi, 11 te faut venir, la belle, avec moi.