LOUISE, BEAUSOLEIL
BEAUSOLEIL. Elle me revient cette petite.... je sais bien que Pichonneau en est amoureux, mais un inslanll je m'appelle Beausoleil joli nom, je reviens de... attention! C'est bien aimable à vonsd'ètre restée avec moi.
LOUISE. J'ai peut-être tort...
BEAUSOLEIL. Pourquoi donc ?
LOUISE. Parce qu'on dit que tons les militaires sont des enjôleurs.
BEAUSOLEIL. ]Nou pas moi... j'aime les jolies fdles; mais je les respecte.
LOUISE. C'est que mon père est si sévère!., pas plus tard que ce malin, parcequ'il a vu Pichonneau m'euibrasser , il s'est mis dans une colère... et il m'a menacée de me faire entrer dans un couvent.
BEAUSOLEIL. Laissez donc! ..
LOUISE. Sérieusement.
BEAUSOLEIL. C'estlà une idéebonfi'oiuie.
Ah! votie père est un lier farceur !.. il
s'est moqué de vous... en tout cas, ça ne vous conviendrait guère, n'est-ce pas.^
LOUISK. Je crois bien , quand on a un amoureux...
ULAlSOLEIL. Oui, parlons de lui... estce que vous l'aimez, ce garçon-là ?.. je ne sais pas si c'est à cause de son état, mais je lui trouve l'air un peu cornichon.
LOUISE. Il n'a pas des manières élégantes; maisça vaut peut-être mieux pour un mari. Pichonneau est comme moi, il n'est jamais sorti de Dijon...
BE.VLSOLEIL. Et VOUS ne seriez pas fâchée de voir un peu le monde? ça forme...
voilà lagrémcnt de notre état .. mais on ne pouirait pas, sans fatuité , vous proposer. ..
LOUISE. J'aurais voulu que mon mari me menât à Paris... Oh! c'est Paris surtout que je voudrais voir... j'étais bien contente il y a deux ans, parce que mon père devait m'y mener; mais il a réfléchi; il s'est consulté avec le curé...
BEAUSOLEIL. Avec le cuié ?.. ah ! bon , bon! je le connais... (^C/ianfani. )
Où allcz-yous, iiioiisiciir FahLc?..
bon... bon... continuez...
LOUISE. Et puis, ils ont dit qu'il y avait trop de danger... Est-ce vrai qu'à Paris toutes les fdlcs ont un amoureux i*
BEAI SOLEIL. Plus souvent deux.
LOUISE. Tiens... tiens.... comment arrangent-elles ça?
BEAUSOLEIL. Je vais VOUS dire comment ça se pa.sse. Une supposition : nous sommes à Paris; vous aimez Pichonneau; vous êtcsmème mariée à Pichonneau; je vous rencontre et jevousdis: ÎMamzelle, je m'appelle Beausoleil... joli nom!., je reviens de Pliilisbourg , vive mou maréchal! la gloire m'a couronné de ses lauriers ; je n'ai pas de grade, mais ce n'est pas la valeur qui me manque. J'ai eu le malheur de plaire à la femme démon Heutenant et de donner dans l'œil à celle de mon capitaine, qui n'a pas trouvé l'anecdote à sou goût... mon capitaine... ce n'est pas un conte; j'ai mis le fait en chanson, elle a couru le régiment... trois mois aux arrêts.. Puis j'ajoute : ALiis, brune adorable , ni la femme de mon lieutenant , ni celle de mon capitaine, iiilcs vivandièresde France, ni les princesses étrangères ne m'ont plu autant comme vous : je suis en congé, disposez de mou cœur pour un semestre.
,\ii\ de: l'Artiste.
Un inniia£;e ordinaire Est un peu plus lont; qn' ça ; Mais; pour aimer et plaire, On n'uous laiss' que c' teiups-l.à...
LE VaGA-IN riIKATHAL.
Ar.ssi, (l;ins !>a sagesse,