‹ Le frère de PironChapitre 21 sur 41 · LOUISE, PIRON · texte numérisé non relu

LOUISE, PIRON

MROX , très-prèociupc. Ils sont it'nnis. Pourvu que l'intiijjue n'ait p,is le dessus ! c'est qu'on est remuant à Dijon.

LOUISE. Eh bien ! inon père, avez-vous des nouvelles ?

PlRO\. Pas encore, mon enfant : la séance n'est même pas ouverte.

LOUISE. Ya-t-il de nouveaux candidats?

riRON. Bah! unefoule... Qui est-ce qui ne se flatte pas d'avoir des titres dans ce pavs-ci?.. Nos concitoyens sont si suflisans !.. Il n'y en a pas un ipii ne se croie le premier moutardier du... ça fait pitié. {A Ud-nu'nie.) Ma lettre pourtant doit phiider en ma faveur. (^Ihiul.) Où est Piciionneau ?

LOUISE. ÎMaman vient di- l'appiL-r.

l'iiiON. Ah ça.' mais il n'est jamais lace Piclionneau. Jl ne fiitrien, d n'est bon à rien... je le prends en {;rip[)e.

LOUISE. Puisque maman a besoin de lui.

l'iiiON, Ça m'est éj;.il. A-t-il porté ma circidaire, au moins .^

LOUISE. C'est pour cela qu'il est soi ti tantôt.

l'iliON. Ah I pourvu qu'il n'y ait pas funr ré quelques fautes d'orlhof;iaphe en la «o- ■piant, car il me rappelle mon bf)ii sujet de frère quand il était jeune, celui-là : c"-jst l.i même facilité, la même inlellijjence... il écrit ( unilclioii avec un k et un y.

LOUISE. C'est quand il est pressé.

PIRO\. Heureusement qu'il n'avait (pi'à copier, cette fois. \oyonsI.. il doit en avoir laissé ici quelque exemplaire.

LOUISE. Je ne sais.

Piiio.v. Rejjarde sur la table.... Diable' je n'ai pas nies lunettes. ..

LOUlSi:, prenant un papier. Voilà, mon père.

PinON. Commence, je t'écoute.

(Il s'assied.)

LOUISE, lisant. Messieurs...

PinON. Combien a-t-il mis d'^

LOUISE. Il n'en a pas mis du tout.

PIRON. Hein? voilà une jolie affaire!

LOUISE. 13a m ! écoutez donc, mon père, ce n'est qu'un brouillon.

PIR0\. C'est comme ça qu'il les fait ? s'il a eu le malheiu" d'écrire dans ce genre-là, je vous demande un peu ce qu'on va penser de moi ?

LOUISE. Ne vous fâchez pas ; le reste va très-bien. {Lisant.) « Messieurs, j'apprends que des intrigans se mettent journellement sur les rangs pour m'enlever vos .sulfiages ; mais, j'en ai le pressentiment, ils échouerontcertainement; je m'en rapporte à votre jugement. »

pino\. Je n'avais pas fait attention à tous ces ents.

LOUISE. « Je vous demande en giâce de me nommer de préférence à un autre. D'abord, vous savez que je suis toujours de l'avis de tout le monde ; ainsi, je ne vous contrarierai pas ; ce sera exactement comme si vous n'aviez personne; et puis, si vous me refusez, j'empêcherai le mariage de ma fille avec Pichonnean, et le pauvre garçon est capable de se jeter à l'eau de tlésespoir. Vous ne connaissez pas le caractère de Pii honneau ? c'est un jeune homir.e qui n'a pas encore vingt ans... »

PiRON. Qu'est-ce que c'est que celte bèlise-i.à ?

l.otriSE. Mais c'est votre lettre.

l.E MAGASIN THEATRAL.

PIRON. Moi? est-ce que j'ai jamais c'crit de ])areilles baloindisrs ? Je me disais aiissi : je ne me lapjiclle pas du tout... Noyezvous, j'envoie à ces messieuts une biographie sur Pitlionneau ?

LOl.'lSE. Il y en a eiiroie une paj^ie.

IMUON. Ah! mou Dieu 1 qu't si-ce que c'est que ça? {.Jppelaut.) Pichonne.uil.

A-t-on idée d'une pareille myslilication ! {.-Ip/'elaiit.) Piclionneau !.. ^Iais c'est la slu|)idilé personmiiée que ce garçon-là.

{.■i/:pe/aiif.) Piclionncau !

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