‹ Le frère de PironChapitre 22 sur 41 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

LOUISE, PIRON, PICFIONNEAU.

PiCllONXr.vu, (le t'a luulisse. I\Ie voilà , monsieur Piron.

PIRON, hors Je lui. C'est une infamie, un {Miel-ajxens,

ricuo\M:.\u,e///n////. Qu'estcequ'il y a?

PiiiO.v. On veut me tuer, m'assa^siner.

riCijLO.X.NEALI, criant. Au secours, à la garde I

Piuo\. Eljbien ! il crie, à présent. Veuxtu te taire, petit malheureux ?

PICHOWEAU. DamI je croyais...

PIRO\, le regaiiLml ft-xemnit ^ et cliercJuiiit a se conlciiir. Tu croyais?.. Pichonneau, mon ami, tues bien loin...

PICIIONNEAU. Monsieur?

PIRON. ^lon bon ami Pichoiuieau. .

PiciiONNEAU. lia vui drôJe il'aùl.

PIRON. Donne-moi une ciiaise , mon garçon,

PicnONNEAU. Tous voulez vous asseoir ?

PlîiON. C'est possible, mon ciilani...

donne... {la prenant) que je te la jctU; à la lèLe.

PICIIONXEAU, qui net a paslûchce. Tiens I à cause ?

PIRON. Ah I je te la dirai, la cau.e, stélérat !

PICIIOXNEAU, tenant toujours un làlon île la cliai.^e. Hein ? qu'est-ce que c'est que ça ? monsieur Piron !.. un instant I

PIRON, ahandonnant piut-à-cuup hi cJiaise, et Im donnunt un soujjlct. Tiens I

prr.MO\NE\i;. Ah! c'est bête, ça.

LOUISE, >;c nuttent entre lui et son fine. Mon pèii-, je vou>en supplie...

PicuoNM.M . il est tempsi.. vous êtes encore ;;i nh':. VOUS.

pinov. Jl i lut (jue je le tue.

PICIIOnNEAL". Voyez-vous?.. Est-ce qnr VOUH crf)yiz cpicje vais me laisNerhumilii-r • de la sorte?... N'avancez j^a^l le s<:i.> un

homme aussi., il ne faut pas avoir un air.. Qu'on ne me pousse pas à bout,

PiRON. Insolent!

piCHONNEAiJ. Eh bien! voulez-vous ne pas avancer I

viv.o\, à sa Ji/Ie. Tu l'entends!.. Qu'estce que c'est que ça?,... c'est la circulaire, mallieureux !

pu.iiONNEAU. Eh bien ! qu'y trouvezvous à redire?

PIRON. Ce que j'y trouve? un ramassis de bêtises.

PICIIONNEAU, Bon! La vôtre était meilleure avec ça. Bien engageante ! On n'y parlait que de stabilité, d'inflexibilité, de rigidité. Oh! elle était jolie la circulaire... ah! ahî..

PIRON. Il a résolu de me rendre fou. Pichonneau , retiens bien ceci, toujours : Si ma nomination n'a pas lieu, et c'est toi qui en seras cause , jamais Louise ne t'appartiendra.. Tu verras si je tiens parole.

PICIIONNEAU. Bon! vous allez me mettre ça sur le dos. Sera-ce ma faute s'ils ne veulent pas de vous?

LOUISE. Mais, mon père, ne soyez pas in quiet. Tout va le mieux du monde.

PIRON. Qui te l'a dit?

LOUISE, Quelqu'un qui répond de la réussite, qui va faire valoir vos titres.

PICHONNEAU, Et ça ne fera pas de mal ; car jusqu'à présent ils n'ont pas sauté aus yeux. On se donne une peine, on se met en quatre pour lui être utile, il ne vous en sait pas le moindre gré. Oh! il est d'une iiigialitude, cet homme-là !.,

SCEAE XIV,

PIIION, LOUISE, pici]o.\m:au , BEAUSOLEIL.

Bi:al.S0LEIL. Ah! à la bonne heiue !

v'ià cpie ça marche; ça va aller tout seul»

LOUISE. Vraiment?

BEALSOLEIL, Je réponds de la victoire; et, eu fait de victoire, on s'y connaît.. Quand on a servi sous mon n^aréchal.

iMais ce n'est point ici le moment de traiter des questions militaires. Tant il y a que ladaire est des mieux engagées. Je le savais bien. Il fallait que je m'en mè.. .lisse.

PlCiiON\EAU. IMèlasse.

r.EvusOLEiL. lu'pi'tez, jeune homme.

Picu ON N E A i: . M classe.

BEAI SOLEIL. C'est ])0ssible. On dit mélisse au régiment. Ah I ah! j'étais sûr de mon eflet. Si vous aviez vu toutes ces têtes à perruque , quand j'ai étale devant eux

LE FREllF. DE Pli^ON.

les objets en qtieslion. Rcvcrends, que je dis, vous voulez des titres, en voilà, et deî soiçnés. S'il y en a un parmi vous qui soit capable d'en faire autant, je ne m'appelle pas Beausoleil.

LOUISE. Vous avez parlé à ces messieurs?

HEXUSOLEIL. A{>r('ablement , je m'en vante. Il y avait bien à la porte une e<".pèce de concierjje qui ne voulait pas me permettre d'entrer ; mais je lui ai répondu en lui njontrant la chose : mon vieux , v'ià mon laisscz-passer ; avec ça on se présente partout. Là-dessus je lui en ai jeté im échantillon, parce qu'il faut toujours de l'adresse ; ça ne peut pas faire de mal.

PIRON. Un échantillon ! Qu'est-ce que tout cela veut dire? je veux mourir si je comprends un mot...

BEAUSOLEIL. Sufllcit , papa. Nous nous expliquerons plus 'tard. Enchanté d'avoir pu trouver l'occasion de vous être utile.

PIRON. Mais encore...

BEAUSOLEIL. Motus!.. Le fait est que quand on le regarde comme ça — et qu'on ne sait pas... il a l'air d'un imbécille.

PIROIV. ^lonsieur !..

BEAl'SOLEIL, apercevant Guichard. Tenez ! v'ià déjà un des individus de la chose qui arrive. Je me disais aussi : ça ne peut pas manquer.

PIROIV , impatiente. Ah ça ! je fuiirai par savoir, peut-être...

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