SCENE II
Les Mêmes, PIRON, M™'' PIRON, entrant par le côté gauche , GUICHARD , entrant en même temps par le fond.
PIRON, M™" PIRON. Ah !
GUICHARD. Oh !
LOUISE. JMa mère !
piCiiOXNEAU. Monsieur Guichard !
PIRON. Qu'est-ce que je vois!
LOUISE, à Pichonneau. Etes-vous maladroit !
GUICUARD. C'est très-bien... très-bien...
monsieur Pichonneau.
PIRON. Je suis confus... je me voile le visage... Gomment, mademoiselle?... vous permettez ..
GUICHARD. Je suis fâché d'être arrivé si mal à propos.
'jI""" PIRON, Ces enfans s'aiment.. . ils ont notre consentement.
PIRON. Oui, c'est cela.
GUICHARD . Ab ! VOUS conuaissez leur intimité?
PIRON. Eh ! non.
GUICHARD. Libre à vous, monsieur Piron. Au fait, il est aujourd'hui bien des pères de famille qui n'y regardent pas de plus près.
M""^ PIRON. Qu'est-ce à dire?., comment l'entendez-vous ?
GUICllAnD. Ce ne sont p.-.s là ir.es affaires, (y/ J'iron.) Vouscics vcim it; ma'.in chez moi. J'étais sorti. Le but de votre visile était sans doute de sollicilrr ma voix pour être nommé membre de notre académie de inorale?
PinON. Oui, c'est en efi'et dans cette intention...
GL'ICHAUD. On choisit anjourd'liui entre les candidats.
PIR0.\. Et j'ose espérer...
GUICIIARD. Los litres qui peuvent donner droit à l'honneur cpie vous sollicilc7, ne sont pas si faciles à acqni'rir que (|uelques gens le croient. Il faut une conduite austère, irréprochable pour luériler d'entrer daus une académie dont le but est d'arrêter, par le bon exemple, le tU'bordement des mauvaises mœurs.
pino\. Est-ce que je ne dois plus compter sur votre appui ?
GUICHARD. Je ne m'explique pas. î\Iais, à ce que je puis voir , vos principes ne s'accordent pas précisément avec ceux de la société dont vous voulez faire partie. Vous avez peut-être raison; chacun est libre , ce ne sont pas là mes affaires. A en juger seulement par la manière dont vous élevez votre fille...
M"* PIU0\. Comment I conuncntl... ma fille est bien élevée, eniende/.-vous ?
GUICHARD. Ahl elle Se permet cependant un amoureux...
M™*' PIRON. Il y a bien des fennnes mariées qui en ont... Attrape.
GUICIIARD. C'est possible... ce ne sont pas là mes affaires... je me retire.
M"* PIRON. Et vous les connaissez, celles-là?..
GUICHARD. Je ne sais ce que vous voulez dire. Adieu, monsieur Piron ; à vous parler franchement, j'ai peur que vous ne soyez jamais mon confrère...
jijme pinoN. Votre confrère?., comment l'entendez-vous?.. non, il ne le sera pas, c'est moi qui vous le dis.
PIRO\. Voulez-vous vous taire?...
GUICIIARD. Il suffit... pardonnez-moi de vous avoir dérangés.