LE MAGASIN THEATRAL
jaloux , VOUS m'obélrez toujours, et tout ira bien. . . Nous serons trôs-hcureux.
PICUONNCAU. A la bonne heure.
LOUISE. D'où venez-vous ?
PICUO.WEAU. De la poste , où je n'ai trouvé pour iM.Pironque cette lettre, qu'il est bien inutile de lui donner... aussi, je la mets dans ma poche.
LOriSE. Pourquoi?
PlCUO\.\E\U. Parce que voire père la jetterait au feu connue les autres , sans l'ouvrir... elle vient de Paris : c'est de son imbécille de frère... je reconnais ses jambages... il paraît, manizelle Louise , que votre oncle ne fait pas honneur au nom de Piron...
LOUISE. Je ne l'ai jamais vu.
i'iCiiON\EAU. Votre père ne veut pas seulement en entendre parler... il enrouait... Au lieu de se marier connue lui, de prendre un bon état... fabricant de moutarde, à Dijon.... c'est honorable... cane faisait que boire, jouer, chanter... et puis, un être tout-à-fait incapable, sans la moindre intelligence , qui n'a jamais rien pu apprendre... tous ses maîtres l'avaient condanmé... tandis que votre père !.. à six ans, c'était un aigle... Ah! dam , c'est celui-là qui est un homme aimable, qui a de l'instruction, et des mœurs !.. il y a des maisons où ça arrive ainsi.. . Dans la mienne, par exemple, mon frère...
LOUISE. A de l'esprit.
i'icno\NEAU. Non, c'est moi... j'ai tout pris ; je ne lui ai rien laissé.
Air : Vaudeville de l'Écu de six francs.
A. l'exemple de votre père , J"o!jtins (lu ciel les dons flatteurs ; Pour moi sa Iwntctutclaire, Aux dt'pens de mes frér' et sœnrs, M'a seul comble de ses faveurs.
Uc-rlipsais tout, garçon et fille :
AuhSi, c!k"/. nous, chaque parent Mer'gardait comme qn cvea'mcnt...
Tant ils sont bcf dans ma famille.
(j'cstlà ce qui m'a encouragé à vous aimer. Votre père qui s'y connaît doit m'ap- ]>récier. Aussi , en attendant que M. Piron me cède son établissement, je travaille de totit cœur poiu- me mettre en état de le remplacer dans son commerce : je m'applique tant que ça m'abîme la vue... ça ine monte au nez — j'en deviens tout rouge : mais c'est égal , c'est pour vous mériter. Je vais relournei à l'ouvrage, il faut que je fasse un envoi à l'estragon. Ah! à propos de ça , manizelle , comment écririez-vous estragon , à votre idée? J'crois que je ferais bien de mettre a, i, s.
LOUISE. Par exemple! monsieur Pickou-
ncau ; vous qui vous moquez ton jours , qui reprenez les autres quand ils parlent mal, vous ne savez pas ça? e, s; t, r, a; tra, estra.
l'lCiiO\.\EAU. J,o, n... goa... estragon., c'est juste. Ah! bien, pour la peine, j'ai envie de vous embrasser... Hein.'.. 11 n'y a personne.
LOUISE. Voyons, dépèchez-vous.
IMCIIOWEAU. Eli bien ! voilà que je n'ose plus... j'aime mieux que vous refusiez.
LOUISE. Etes-vous drôle!
!»ïCiiON\EAiJ. Un refus, voyez-vous, ça me donne du courage... Dans ime dispute j'attrape toujours quelque chose.
LOUISE, [a menaçant. Ah! oui...
PICHOW'EAU. Bon!., un soufflet... c'est ce qu'il me faut poiu" in'enhardir... je vous embrasse. ..
LOUISE. Non.
PîciiOWEAU. Je vous embrasse...
LOUISE. Du tout...
(Elle lui donne un soufflet.)
PICHOMVEAU , r embrassant, .y Ik c'que
c'est.
eeQooe&oaoeoeseeeeseeeeoooeoeeeoeeoeeeeewe