‹ Le frère Didace Pelletier, RécolletChapitre 65 sur 99 · Auréole séraphique^ vol. IV, p · texte numérisé non relu

Auréole séraphique^ vol. IV, p

Registre paroissial des Trois-Rivières. Le Père Joseph Denis a été supérieur du couvent des Récollets et ■curé de la paroisse des Trois-Rivières, de 1709 à 1717.

qualité de confesseur ses confidences les plus intimes; lui qui, en outre de ses hautes qualités d'esprit, de ses éminentes vertus, jouissait d'une longue expérience des âmes et d'un jugement que la maturité de l'âge rendait et plus calme et plus sûr. Le Père Joseph Denis avait 62 ans quand il écrivit au Procureur des Récollets cette lettre dans laquelle il dépeint d'une main sûre les vertus de son illustre pénitent. Il devait vivre encore dix-sept ans.

Le Père Joseph, parlant du Frère Didace, dit : " Il a conservé toute sa vie non seulement la première ferveur de son noviciat, mais encore la première grâce de son baptême ; m'ayant fait deux confessions générales, je n'}' ai pas remarqué qu'il ait jamais offensé Dieu mortellement, par conséquent toute sa vie vierge, quoique au milieu des assauts du diable et de la chair.^ " Dans ces lignes nous voyons d'une part la parfaite innocence du serviteur de Dieu, de l'autre les combats multipliés qu'il eut à livrer pour conserver son

trésor. Heureuse est sans doute l'âme de qui Dieu éloigne par une grâce spéciale les tentations qui pourraient ternir en elle la vertu des anges, mais ne doit-on pas dire plus heureuse, plus admirable en tout cas, l'âme d'un saint Paul, d'un saint Benoit, d'un saint François d'Assise, d'un Didace, qui, obligée de soutenir de pénibles assauts, sait ne jamais capituler ; c'est en cela que consiste l'héroïsme de la vertu.

Si le Frère Didace sut garder sans souillure la robe de son innocence, si dans le cloître il resta inviolablement fidèle à son vœu de chasteté, il se montra aussi très zélé pour l'obéissance qui fut chez lui " parfaite dans les petites choses comme dans les plus grandes.' "

Et sa pauvreté était bien digne du mendiant d'Assise. Le Père Joseph nous en a conservé un trait qui suffit pour nous dévoiler l'amour du serviteur de Dieu pour cette vertu caractéristique de l'Ordre franciscain. Nous avons raconté les travaux du bon Frère, nous l'avons

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