VERTUS ET DEVOTIONS
CE n'est pas sans fondement que tout le monde, depuis l'évêque jusqu'au simple fidèle, vénérait le Frère Didace comme un saint. Ce que nous savons jusqu'ici, ce que nous allons ajouter maintenant, prouve que la réputation de sainteté dont notre Récollet jouit de son vivant et après sa mort, était bien méritée : qu'il était devant Dieu tel que l'estimaient ses contemporains.
Malgré la brièveté et la concision des renseigrnements que le Père Joseph Denis nous a laissés sur la vie intérieure du Frère Didace,
nous pouvons encore toutefois pénétrer suffisamment les secrets de cette âme séraphique, admirer les œuvres de sanctification opérées en elle par la grâce du Saint-Esprit et nous édifier en contemplant les vertus pratiquées à un degré éminent par le serviteur de Dieu.
Ce que le premier biographe du Frère Didace nous dit de ses vertus, il n'est pas sans intérêt de le remarquer, rappelle aussitôt à l'esprit quelques-uns des traits distinctifs de Saint François d'Assise. Ouvrons les biographies du Patriarche des Mineurs, et dans toutes, nous admirons son innocence de vie, son amour de la pauvreté, sa mortification, son humilité, sa vénération profonde pour le sacerdoce, sa dévotion à la Très Sainte Vierge. Or, tels sont les traits de la physionomie morale du Frère Didace. Telles sont les vertus, les dévotions qu'en véritable fils de son illustre père, il s'efforça de reproduire et de pratiquer.
Rien de plus facile aussi que de rapprocher la vie sainte du Didace canadien de celle de Saint Didace d'Espagne, son patron, et de constater que notre Récollet s'efforça d'imiter
les exemples de ce disciple du Pauvre d'Assise dont il portait le nom. Nous avons déjà relevé certaines ressemblances entre ces deux serviteurs de Dieu, nous en constatons d'autres en rappelant que Saint Didace d'Alcala se fit remarquer par son innocence toujours conservée, par le zèle pour l'observance de la Règle qu'il avait embrassée, par sa profonde humilité, sa parfaite obéissance, ses effrayantes austérités, son amour de la pauvreté-^ " Marie était honorée de lui comme une souveraine, invoquée comme une avocate, aimée comme une mère.' "
Or tout cela convient parfaitement au Didace du Canada. C'est là le portrait de notre Récollet, portrait dessiné de main de maître par le Père Joseph Denis. Et qui donc mieux et plus sûrement que lui aurait pu nous dépeindre les beautés de cette âme, lui qui, avons-nous déjà dit, fut en contact continuel avec le serviteur de Dieu ; lui qui reçut en sa