Actes du Frère Didace : Lettre du P.Joseph Denis
2l6 LE FRÈRE DIDACE
encore toujours son supérieur, de le laisser faire, aimant mieux mourir dix ans plus tôt et avoir la consolation d'avoir observé sa Règle que de vivre dix ans plus tard et avoir à se reprocher de s'être épargné.' " Voilà des paroles qui révèlent bien l'esprit de foi de notre Récollet. Et puis, quelle mortification constante, quelle abnégation de soi-même, quel amour de la souffrance, quel abîme de renoncement à ces convoitises qui tourmentent l'âme des enfants d'Adam, à la recherche des aises, aux exigences de la sensualité, ne dévoilent-elles pas ?
Mais la vertu la plus nécessaire, parce que sans elle les autres ne pourraient subsister, parce qu'elle est la base de tout l'édifice spirituel, l'humilité, le Frère Didace la possédaitjl ? Ecoutons son biographe autorisé : " Son humilité était si profonde qu'il s'estimait toujours serviteur inutile quoique doué de beaucoup d'esprit et de pénétration pour tous les