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CHAPITRE XIV

GUERISONS

E plus grand nombre des faveurs attri- ' buées de nos jours par la reconnaissance au bon Frère Didace, sont, avons-nous dit, des guérisons corporelles. En effet, sur un peu plus de cinq cents faveurs relatée? dans la Revue du Tiers-Ordre et de la Terre-Sainte, les deuxtiers sont des guérisons. Il serait intéressant de dresser la liste des maladies guéries par le saint Frère ; elle prouverait que tous les malades peuvent recourir à lui avec confiance : des aveugles voient, des sourds entendent, des boiteux marchent, des hydropiques, des épilepti-

ques, des dyspeptiques, des asthmatiques, des névropathes, des personnes souffrant de prostration nerveuse et même d'aliénation mentale sont délivrées de leurs infirmités. Des fièvres malignes, la typhoïde, la diphtérie sont chassées ; des cancers et des ulcères disparaissent ; des fractures sont réparées ; des malades, n'ayant plus rien à attendre de la science ni des remèdes, reviennent à la santé.

Nous ne pouvons citer ici qu'un petit nombre des guérisons attribuées au Frère Didace ; c'est pourquoi nous ne rapporterons que les faits accompagnés d'un certificat de médecin ou relatés par des prêtres, des religieux ou religieuses, de tels faits portant les marques d'une certitude plus grande.

La première guérison certifiée par un médecin, et que nous ayons retrouvée, est celle d'une dame de Beauport ; cette guérison est ainsi rapportée par le Dr Larochelle, de Québec: "Saint-Sauveur de Québec, 9 mai 1892. Je, soussigné, Docteur médecin de l'Université Laval à Québec, certifie avoir vu et soigné la jambe de Dame Marie Drouin, épouse de Sieur

Olivier Parent, de Beauport. Elle était affligée d'un ulcère, tenace depuis longtemps, douloureux et croissant d'une manière très inquiétante. Les remèdes étaient inefficaces pour le moment, et eussent-ils triomphé du mal, la guérison devait se faire attendre longtemps. Mme Parent, découragée de l'impuissance de la médecine, s'est adressée au Frère Didace, Franciscain, décédé aux Trois-Rivières. Elle s'est un soir appliqué l'image du Frère sur sa plaie, et le lendemain matin, elle s'est trouvée débarrassée de l'ulcère et de ses conséquences. La promptitude et la perfection de la guérison ne sont, à mes yeux, explicables que par la puissance d'une intervention surnaturelle. A. Larochelle, méd. "

Dans le cours de la même année 1892, un oculiste très renommé, le Dr Beaupré, certifia par écrit le fait suivant, que nous lui avons entendu raconter depuis avec la même conviction: " Québec, 8 juillet 1892. Je, soussigné, certifie que Madame Pierre Saint-Michel, demeurant rue Saint Real, No 31, faubourg Saint-Jean, est venue me consulter le 10 février 1892 pour une

grave maladie de l'œil gauche ; elle me dit qu'elle n'}^ vo3^ait presque plus de cet œil. Je lui fis un sérieux examen de l'œil et je constatai une grave hémorrhagie rétinienne du côté droit du nerf optique. D'après cet examen ophtalmoscopique, j'ai pronostiqué la perte irrémédiable de cet œil, sans aucun autre traitement que des soins hygiéniques.

" Je revis la même patiente le 6 courant (juillet) mercredi et après un nouvel examen minutieux, je constatai la disparition complète de la maladie et je retrouvai le fond de l'œil dans un état absolument normal et sain. Je constatai ceci à mon extrême surprise et je dois dire que je considère cette guérison comme extraordinaire et le fait probablement d'une intervention divine.

" En foi de quoi je lui donne le présent certificat. Dr Wilfrid Beaupré, oculiste, 58 rue Saint-Louis, à Québec. "

A ce certificat, tout entier de la main du Dr Beaupré, le Révérend Père Perron, Oblat de Marie Immaculée, ajoute sur la même feuille la note suivante qui explique la cause de cette

guérison : "Et moi je crois de mon devoir de déclarer et de certifier, pour la plus grande gloire de Dieu et la glorification du Frère Didace que cette Dame fit une neuvaine au bon religieux susdit et reçut la faveur reconnue dans le certificat ci-contre. Le 5 octobre 1892. J, W. Perron, O. M. I. Directeur du Tiers-Ordre. " Ce bon Père pouvait certifier d'autant plus facilement le fait que c'était lui-même qui avait conseillé à la malade de recourir au Parère Didace, et lui avait donné à cette occasion une image du serviteur de Dieu. C'est ce que le Rév, Père Perron nous a communiqué en nous parlant de la guérison rapportée ci-dessus.

Ainsi que nous l'avons déjà remarqué ailleurs, le R. Père Perron avait une grande dévotion à son saint compatriote, le Frère Didace ; il recomrïiandait volontiers aux malades de s'adresser au saint Récollet pour obtenir leur guérison ; les faits prouvent que ce n'était pas en vain. Les deux guérisons déjà citées ont été obtenues du Parère Didace sur le conseil du Père Perron. Voici un autre fait rapporté en quel-

ques mots : " Je certifie que le Sieur Jean- Baptiste Bourré, de Saint-Sauveur de Ouébec, a souffert du 21 au 25 novembre 1892 d'une amygdalite grave. Dr J. A. Marcoux, 6 décembre 1892. " A ce certificat constatant la maladie et la guérison, le Père Perron a ajouté la note suivante constatant l'intervention du Frère Didace : "Il (Mr Bourré) a invoqué le Frère Didace et a été guéri presque radicalement et de suite. J. W. Perron, O. M. I. " Citons une autre guérison demandée au Frère Didace encore sur l'avis du Père Perron qui se trouvait être le confesseur de la malade. Le récit est accompagné d'un certificat. Nous citons l'un et l'autre : " Saint-Sauveur de Québec, le 10 janvier 1895, au Directeur de la Revue Franciscaine} Révérend Père, permet-:tez à une humble enfant de saint François et protégée du Frère Didace de solliciter de votre bonté la faveur de la publication du fait suivant. Depuis six mois je souffrais de trois

I. C'est-à-dire la Revue du Tiers-Ordre et de la Terre- Sainte.

maladies, déclarées incurables par le médecin : maladies de foie, de rognons et la jaunisse. Depuis lors, je ne vivais qu'au lait et je me vis obligée de prendre le lit à quatre époques différentes. A la dernière attaque, le médecin jugea à propos d'avoir mon confesseur ; ce dernier me fît aussitôt commencer une neuvaine en l'honneur du Frère Didace. Pour ranimer ma confiance, il me fit le récit d'une foule de faveurs obtenues par l'intercession de ce grand serviteur de Dieu. Le lendemain, le R. Père me donna la sainte communion et m'ordonna de me lever, ce que je fis aussitôt sans le moindre effort. J'étais mieux, mais j'avais la défense du Docteur de manger. Le Père m'ordonna de le faire envers et contre tous. Je mange depuis ce temps sans ressentir la moindre indisposition, et j'ai pu, à la fin de ma neuvaine, aller faire la communion à l'église. Je suis en parfaite santé maintenant, je ne sens aucune douleur et je travaille comme par le passé. Oui, je suis guérie, grâce en soit rendue à Dieu et à son serviteur le cher Frère Didace. Olympe Plante. "

Suit le certificat du Docteur: " Je, soussigné, médecin de l'Université Laval, déclare et certifie avoir donné les traitements professionnels à Délie Plante, tels que détaillés dans le récit ci-dessus et avoir trouvé en elle les symptômes de trois maladies graves vu sa constitution et son état habituel de santé. Je la revois maintenant parfaitement guérie, à ma grande surprise, et je ne puis m'empêcher d'attribuer ces résultats à une intervention toute divine. Z. Giasson, M. D. L. Québec, 19 janvier

L'année précédente, deux Docteurs de Montréal délivraient les certificats suivants. Le premier constate la guérison d'une hernie ; nous citons la Rcvilc du Tiers-Ordre. " Saint-Henri de Montréal, 20 mars 1894. Une neuvaine faite au bon Frère Didace a produit, au témoignage des parents, la guérison extraordinaire constatée ici par l'autorité médicale : "Je, soussigné, certifie avoir visité l'enfant de Madame Ludger Lapointe, vers le 6 février dernier, et avoir constaté alors, que l'enfant souffrait d'une hernie. Je l'ai revu le 20 mars et la hernie est

complètement disparue. Docteur J. H. Legault.. "

Le deuxième fait est la guérison d'une affection à la langue, disparue sans autre moyen que l'invocation du Frère Didace, alors cependant que le cas exigeait une opération, d'après le médecin qui dit: "Je, soussigné, médecin, certifie que selon moi M. André Bellefleur souffrait d'un épithélisme à la langue. Je crois que la guérison ne pouvait avoir lieu sans opération, parceque les cautérisations les plus violentes ont été employées sans résultat apparent, Jos. Beaudoin, médecin. " Ce certificat est du 28 juin 1894.

Citons encore un cas. très récent, puisqu'il est de 1908 et qui, comme les précédents, a été confirmé par le témoignage de la science: "Je, soussignée, Marie Louise Fournier, certifie avoir été guérie d'une maladie du cœur et du fpie dont je souffrais depuis longtemps, après une neuvaine de prières faite en l'honneur du bon Frère Didace, Récollet.

"Après avoir eu les soins de médecins distingués, sans presque aucun résultat, je recon-

nais devoir ma guérison à l'intercession du Frère Didace, Récollet. Mes sincères remerciements à ce bon Frère, et je souhaite avec ardeur voir l'heureux jour de sa béatification. Marie Louise Fournier. " A cette déclaration, le Dr Emile Fortin ajoute ce qui suit : " Lévis, I juin 1908, je, soussigné, médecin, certifie que Mademoiselle Fournier, qui souffrait depuis plusieurs mois d'une affection du cœur et du foie, est parfaitement rétablie. "

En i8g2, le Père Désiré, franciscain, en mission dans le comté de Charlevoix, rapporte plusieurs faits miraculeux. En voici deux : "A Saint Placide, un jeune père de famille était atteint d'un rhumatisme inflammatoire par tout le corps. A ma visite il eut besoin de l'aide de deux personnes pour s'asseoir dans son lit et se recoucher. La neuvaine fut commencée le soir même, et le lendemain matin, le malade se levait sans douleur aucune. Depuis

près de deux mois, il n'a pas été arrêté dans son travail."

"A la Baie Saint-Paul, une mère de famille très pauvre souffrait de grande faiblesse dans

les jambes qui la condamnait à rester assise ou couchée depuis huit ans. Au deuxième jour de la neuvaine elle se levait et reprenait ellemême tout le travail de la maison. Elle est ainsi remise depuis près d'un mois. "

Le 3 juin 1893, M. Chouinard, curé de Saint- Moïse, comté de Rimouski, a relaté la guérison suivante : " Une jeune fille de ma paroisse revint des Etats-Unis où elle était allée travailler dans les manufactures, tellement épuisée, qu'elle était dans une prostration complète, au point qu'elle ne pouvait parler ni dormir, dans un grand état de faiblesse et incapable de prendre aucune nourriture. Ses parents crurent un instant qu'elle était devenue folle. Je la visitai plusieurs fois. Un jour, il me vint à l'idée de lui donner une petite image du bon Frère Didace. Elle ne la prit pas et ne fit aucun signe d'approbation sur les mérites du bon Frère et l'efficacité de son intercession. Je déposai l'image près d'elle, sur une. table. Après mon départ, elle la prit et la plaça dans son scapulaire et s'endormit profondément. Le lendemain, elle était parfaitement bien, parlait,

mangeait et agissait dans la maison comme par le passé. Elle s'approcha des sacrements et depuis cette époque elle jouit d'une bonne santé. J'avais fait une neuvaine en l'honneur du bon Frère Didace avec les enfants se préparant à la première communion. "

M. Elzéar Auclair, curé de Saint-Urbain, comté de Charlevoix, a écrit le ir avril 1893, qu'une Dame Joseph Coulombe, aj'ant perdu un œil depuis trois ans, ne voyait presque plus de l'autre. Une neuvaine fut faite au Frère Didace." Cette neuvaine n'était, pas encore terminée qu'un mieux sensible se fit sentir, lequel augmenta considérablement les jours suivants. Aujourd'hui cette personne voit comme auparavant. "

Monsieur Charles J. Garceau, curé de Saint- Pierre-les-Becquets, a relaté le 11 mai 1893, sa propre guérison.

Monsieur Adolphe Légaré, curé de Beauport, comté de Montmorency, a délivré deux certificats de la guérison d'un de ses paroissiens, certificats d'ailleurs identiques pour le fond, le premier est du 13 août 1893, le second du s

mars 1894. Nous citons le premier qui ne paraît pas avoir encore été publié : " Je, soussigné, certifie que Monsieur Philibert Dufour, journalier de N-D. de Beauport, m'a paru avoir été miraculeusement guéri d'une tumeur très maligne à la gorge (tumeur cancéreuse, porte le 2^ certificat), laquelle tumeur a été déclarée par les médecins comme dangereuse et ne pouvant être enlevée que par une opération qui devait être fatale. Monsieur Dufour renonçant alors à la chirurgie s'est adressé à l'intercession du Frère Didace. La guérison s'est effectuée par la seule dite intercession de ce vénérable Frère- • • A. J. J. Légaré, prêtre curé de N-D. de Beauport, par L. E. Côté, prêtre desservant N. D. de Beauport. "

Monsieur Louis Joseph Garon, étant vicaire à Deschambault, comté de Portneuf, écrit au Père Perron, le 31 juillet 1893, pour lui faire connaître une guérison arrivée dans c'ette paroisse. Il s'agit d'un jeune homme de quinze ans lequel " a été, dit le vicaire, complètement guéri d'une maladie très grave qui ressemblait beaucoup à la consomption. "

Le 20 mars 1893, Monsieur J. B. Routhier, curé de Masson, comté de Labelle, raconte la guérison de Monsieur Pierre Allan son paroissien.

Le 22 Juin 1894, *' Sœur Sainte Hedwige, des Sœurs Grises, " dit : " Je souffrais d'une névralgie depuis quatre mois. Ayant fait une neuvaine au cher Frère Didace, je me trouve complètement guérie • "

Une religieuse de la Providence rapporte la guérison suivante : " Longue-Pointe, près de Montréal. M. Télesphore Riendeau, père de famille, avait totalement perdu la vue depuis trois mois. Des oculistes distingués lui donnèrent leurs soins en novembre 1895, entre autres le Docteur Desjardins et le Docteur Faucher. Après qu'ils l'eurent déclaré incurable, nous nous remîmes entre les mains du Frère Didace. en promettant la publication de la faveur que nous obtrendrions de lui. Nous fûmes si merveilleusement exaucés qu'aujourd'hui le patient est employé au service des chars électriques . " Ce fait a été publié en janvier 1897.

Une trifluvienne, devenue Franciscaine Mis-

sionnaire de Marie, doit au Frère Didace sa vocation en recevant de lui la santé. Son récit est un peu long, mais il n'y a rien à supprimer.

Depuis trois ans, j'étais retenue au lit par une maladie de cœur, une maladie de foie et ime maladie de reins. De plus, les médecins ont constaté en moi un ulcère intérieur qui me aisait expectorer beaucoup de sang. J'avais tout le côté gauche paralysé, la main presque constamment fermée, et la langue immobile pendant les fortes attaques. Les côtes du côté gauche étaient soulevées de deux pouces audessus des côtes correspondantes à droite, dans le dos trois proéminences étaient formées par le déplacement de cinq côtes.

" La violence du mal me causait de fréquentes convulsions où je perdais connaissance durant quatre à cinq heures. Revenue à moi, j'avais le visage cyanose pendant plusieurs jours, par suite du long arrêt de la circulation du sang.

"Trois médecins furent d'avis que mes trois maladies étaient incurables. Durant la période de mon mal, je reçus deux fois le sacrement de

l'Extrême-Onction et cinq fois le Saint Viatique. J'éprouvai une apparence de convalescence pendant quelques mois, après quoi je retombai. Voyant que tout était bien fini pour l'art médical, je commençai une neuvaine au bon Frère Didace. S'il m'obtenait ma guérison» je lui promettais de me faire religieuse, selon la volonté de Dieu. C'était en janvier 1892, le cinquième jour de ma neuvaine, après la 'sainte communion, toute douleur disparut; j'étais radicalement guérie et je quittai le lit immédiatement. Depuis lors, je n'ai pas eu un jour de maladie, je suis entrée au monastère, j'ai fait mon noviciat et j'ai fait ma profession religieuse. Je rends grâce à la puissante protection du bon Frère Didace pour ce bienfait signalé. Si j'ai attendu jusqu'à ce jour pour le porter à la connaissance publique, c'est que je voulais constater et faire constater que ma guérison est bien hors de doute. Mon hommage n'en est que plus éclatant pour la gloire de Dieu qui est admirable dans ses saints. Rébecca Bellemare, fille de M. Damase Bellemare, en religion Sœur Marie-Odoric de la

Croix, Franciscaine Missionnaire de Marie. " Sa Supérieure à Québec, Mère Marie-Charité de Jésus, ajoute : " Je certifie que Sœur Marie- Odoric de la Croix n'a jamais été malade, à l'exception d'une petite attaque de grippe, depuis qu'elle est entrée au noviciat, et qu'elle a toujours suivi la Règle de la Communauté, comme les autres religieuses. " Cette guérison a été publiée par la Revue du Tiers-Ordre en février 1898.

Signalons encore deux faits en les résumant. Une personne souffrait depuis six ans d'hydropisie ; elle faisait une neuvaine au Frère Didace, quand un matin elle se réveilla parfaitement guérie et ayant perdu 25 livres de pesanteur. Cette personne, guérie en 1893, s'est mariée, a plusieurs enfants et vit encore ; elle a donné par écrit le récit de sa guérison; de plus ce fait nous a été raconté par le Révérend Père Perron qui connaissait très bien cette personne.

Un enfant âgé de trois ans et dix mois était atteint d'une maladie des yeux qui annonçait une cécité complète. Les médecins décla-

rèrent une opération nécessaire. Mais auparavant les parents de l'enfant firent une neuvaine au Frère Didace, en appliquant son image sur les 3'eux malades. Au cinquième jour de la neuvaine l'enfant était guéri. A son père qui lui demandait : qui donc t'a guéri? il répondit : c'est Didace. — Et comment a-t-il fait pour te guérir, cher petit ? — Comme ceci, "dit l'enfant, en faisant le geste de passer la main sur ses yeux. — Mais es-tu bien sûr que c'est lui .'' — oui papa, c'est le bon Didace qui m'a guéri, lui que nous avons prié en lui demandant : bon Frère Didace, guérissez-le, bon Frère Didace, guérissez-moi. — La neuvaine se termina en actions de grâces.

De tels faits et tant d'autres que nous ne citons pas, arrivés à différentes époques et dans des lieux parfois bien éloignés les uns des autres, justifient bien ce que nous avons avancé sur la confiance de beaucoup de chrétiens envers le Frère Didace et sur la puissance de ce serviteur de Dieu.

« /~^ELUi qui s'élève sera abaissé, celui qui ^—^ s'abaisse sera élevé. " Cette sentence» portée par la Vérité même, s'accomplit infailliblement comme toutes celles qui sont tombées des lèvres divines de Jésus-Christ. Cependant en présence des perpétuelles humiliations des uns, des succès arrogants et jamais contrariés des autres, on entend quelquefois murmurer contre Dieu que l'on accuse d'injustice. On ne comprend pas l'économie divine, on oublie que pour abaisser les uns et exalter les autres, l'Eternel a toute l'éternité. Toutefois, que la

sentence portée par le Christ s'exécute même dès ici-bas, il n'en manque pas d'exemples ; l'histoire en est remplie. La mort surtout n'estelle pas excellemment le moyen employé par Dieu pour exécuter ses jugements ?

A la mort s'accomplit pour ceux qui mettent toutes leurs espérances dans les choses d'icibas, l'anéantissement le plus complet de leurs ambitions, de leurs plaisirs, de leurs richesses. A la mort s'accomplit aussi la glorification de ceux qui ont souffert pour conserver l'innocence et garder la justice, de ceux qui ont suivi pas à pas Jésus-Christ humble, souffrant et pauvre, de ceux que nous appelons les saints. Au jour de leur trépas, ce n'est pas la mort qu'ils ont rencontrée, c'est la vie, la vie de la gloire dans le ciel sans doute, mais aussi la vie dans le souvenir des peuples, la vie dans la confiance que ces peuples ont en leur intercession et qui établit entre celui qui prie et celui qui est prié une communion intime qui ne pouvait exister auparavant. Et cette nouvelle vie est presque toujours plus remplie que la première ■d'œuvres magnifiques et merveilleuses. Cha-

cun leur adresse ses requêtes, et elles sont entendues, leur montre ses maladies de l'âme et du corps, et elles sont guéries.

Dès lors retentit le concert harmonieux de la reconnaissance : les noms vénérés de ces bienfaiteurs célestes volent de bouche en bouche ; bientôt des peuples entiers connaissent, aiment et invoquent ceux-là même qui, de leur vivant, fiers déjà de leur humble origine, s'étaient encore ingéniés à descendre plus bas dans l'estime des autres, et se réjouissaient d'avoir été méconnus par le monde. Etrange phénomène ! Le doigt de Dieu est là ! Il glorifie ici-bas ses serviteurs. Il a attendu parfois jusqu'à la mort ; mais à ce moment il a fait descendre les puissants de leur trône et il a exalté les humbles.'

Et n'est-ce pas ce que nous avons constaté au cours de cet ouvrage ? N'avons-nous pas vu un humble enfant de la campagne, devenu humble enfant de saint François, passer sa vie dans l'humble état de Frère convers, et mou-

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