RE ELU RM PE OR QUES FAT LAN 1 67414] 60 __ LE FRÈRE LOUIS
veillé par Champlain, et celui de l’éducation dans le pays, placé par la vénérable mère de l’Incarnation dans cette petite maison, qu’elle appelaitson Louvre, et où furent données les premières lecons de la doctrine chrétienne.
Oh ! comme un monument, élevésvr la place de l’ancien marché devant l’égiise de la basse-ville, pour rappeler qu’en ce lieu Champlain érigea son habitation, la première non seulement de Québec, mais de tout le Canada; qu’au même lieu fut construite la première chapelle où fut dite la première messe À Québec ; et que près de la même place débarquèrent les premières religieuses venues en ce pays et logea d’abord la vénérable mère de l’Incarnation avec ses généreuses compagnes ; comme un monument, dis-je, rappelant tant de faits remarquables, ferait bien le pendant du monument Cartier-Brébœuf !
‘ Les bons religieux, dit le même auteur, ne demeurèrent pas un instant oisifs ; ils se mirent à l’œuvre sansretard,
s’employant avec tout le zèle possible à la conversion des sauvages de Québec et des autres localités, ainsi qu'aux fonctions du saint ministère auprès des quelques catholiques français du Canada.
Dieu seul sait ce que ces premiers missionnaires du Canada eurent à supporter de souffrances, de privations et d’angoisses continuelles pendant cette période de leur séjour dans le pays.
Cependant la connaissance qu’ils acquirent bientôt des besoins de la colonie, au poiut de vue religieux, les décida à fonder une habitation permanente et ils choisirent pour cela un site charmant sur lc bord de la rivière Saint-Charles, à environ un m lle de Québee, le lieu même qu’occupent aujourd’hui les bâtisses de lHôpital- Général. La première pierre de cette résidence fut pos$e le 3 juin 1620, et la chapelle fut bénite le 25 mai de l’année suivante 1621,et dédiée à la Sainte Vierge, sous le vosable de Notre-Dam: des Anges, Cependant la première chapelle du pays, bâtie à la basse-ville en 1616, ne fut pas
tout à fait abandonnée, maïs elle servit d’hopiceet de char-elle succursale jusqu’au temps où elle fut détruite, lors de lu prise de Québec par les Kerth, en 16.9.
Lorsque, sur linvitation des Récollets eux-mêmes, les Pères Jésuites Brébœuf, Lallemant et Masse, avec deux Frères, arrivèrent en Canada, en 1625, ils acceptèrent l'hospitalité que leur offrirent les Récollets et demeurèrent avec eux deux ans à Notre-Dame des Anges. Pendant ces deux années ils se firent construire une maison et une petite chapelle, à l’endroit même où Jacques Cartier passi l'hiver de 1634 À 1635. er sur lequel on a inauguré avec grande solennité, le 24 juin 1889, le beau monument élevé on souveui: de ces deux événements. En 1627 donc les Jésuites se séparérent des Récollets et quittèrent Notre-Dame des Anges pour aller résider dans leur maison au confluent du ruisseau Lairet et de la rivière Saint-Charles. Mais cet état de choses ne dura que deux ans, car, après la prise de Québee par les Kerth, en 1629,
les Récoliets et les Jésuites furent forcés de quitter le pays et de retourner en France. Après le traité de paix qui rendit le Canada à la France, en 1632, les Jésuites seuls purent revenir au pays immédiatement, tandis que les Récollets.
victimes d’une suite d’intrigues tramées contre eux, ne purent, à leur grand regret, revenir qu'après quarante ans d’absence et d'attente, c’est-à-dire en 1670.
Ils trouvèrent alors leur habi ation de Notre-Dame des Anges dans un bien triste état. ‘ La maison, dit l’auteur que j'aime à citer, d’abord pillée par les Anglais, avait été occupée temporairement par les Jésuites, après leur retour en 1632; puis quelques familles françaises s’y étaient logées, avec la permission de . M. de Lauzon, et avaient fait occuper l'étage inférieur par des animaux. ”
Sans se décourager les Récollets se mireut À l’œuvre pour réparer et agrandir cette demeure dont une bonne partie existe encore aujourd’hui. On aime à se rappeler, quand on entre dans la chapelle
de l’'Hôpital-Général, qu’elle a plus de deux cents ans d'existence. TL’air d’antiquité qu’on y respire est loin de déplaire, et on pardonne même facilement au sculpteur du temps d’avoir fait ce Père Eternel si propre à inspirer de la crainte aux âmes timorées et de la terreur aux enfants. Ceux qui, avec permission, peuvent visiter la partie cloîtrée de cet antique monastère, remarquent avec plaisir et intérêt les cellules des Récollets qu’occupent aujourd’hui lesreligieuses. Ces cellules sont les mêmes, seulement on a agrandi les portes, qui étaient bien petites, à l’exception d’une seule qu'on a eu le bon esprit de conserver telle qu’elle a toujours été, comme curiosité à montrer aux visiteurs. On aime à faire remarquer aussi aux visiteurs la place où le comte de Frontenac, grand ami et grand protecteur des Récollets, allait faire tous les ans une retraite dont on redoutait les fruits, parce que, disait-on dans le temps, il en sortait pire qu'auparavant,
Cependant les Récollets, voulant s’ap-
procher de Québec et s'établir à la hauteville, ne furent pas longtemps sans faire des démarches à cette fin, et dès le 28 mai 1681, ils avaient obtenu du roi un emplacement appelé la Sénéchaussé, situé à Pendroit où se trouvent aujourd’hu, église anglicane et la Place d’ Armes ou le Rond de Chaînes.
Leur but avoué pour l'acquisition de ce terrain 6tait d’y bâtir une Infirmerie pour leurs religieux malades qui y seraient plus à portée des médecins et des remèdes ; mais en réalité leur dessein bien ferme était d’y transporter peu à peu, dans des édifices projetés, une partie de leur communauté et d'y fonder un nouve 1 monastère. Ils savaient que Mr de Laval et autres s’opposeraient à cette fondation d’une seconde maiïson de eligieux mendiants, dans une petite ville d'environ 3090 âmes, comme Pétait alors Québec, et ile rurent pouvoir éluder cette difficulté en procédant comnre par voie d’'insimuation.
‘ L'infirmerie, dit M. de La Tour d’une
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manière fine et piquante, devint bientôt un hospice pour tous les religieux, sains etmalades, et l’hospice devint un couvent, l'autel pour dire la messe devint. une chapelle, et la chapelle une église. Un chœur et une sacristie l’assortirent.. Le dortoir suivit l’infirmerie ; le réfectoir et la cuisine accompagnent le dortoir. : Les portes qu’on fermait d’abord pendant la messe, s’ouvrirent.... et le public y fût recu. La messe basse devint solennelle ; en don:a la communion, on précha, on confessa, on célébra les fêtes de l'Ordre ; elles furent annoncées par le prédicateur ztécollet....; on eut soin d'élever un clocher pour servir, disaïit-on, aux :observances régulières, mais bientôt la eloche appela le public aux offices.” (1)
Mgr de laval qui n'avait consenti à laisser bâtir l’infirmerie demandée et qui aussi n'avait donné ia permission de dire la messe, portes fermés, qu’en faveurdes religieux malades, et cela seulement. jusqu’à ce qu’ils passent retourner à. leur
p 1) Mémoires aur la vie de Mar de Laval,
monastère de Notre-Dame des Anges après leur convalescence, révoqua d’abord cette permission ; puis, les écarts et l’opposition continuant toujeurs, il leur interditenfin‘toute fonction ecelésiastique dans le pays, et obtint même de Louis XIV l’ordre d’abattre le clocuer du monastère de la haute-ville. Ce qui fut fait sans délai. Après cela les Récollets reconnurent la justice des punitions qu’on leur avait infligévs; la paix se fit peu à peu, et Mgr de Laval leur rendit les pouvoirs d'autrefois. : Un bon nombre d’entre eux continuèrent à séjourner dans leur monastère de Noïre-Dame des Anges, où on allait souvent en pèlerinage par dévotion,
Mais enfin le premier projet d’avoir deux résidences fut tout-à-fait abandonné, et les Récollets finirent par consentir à n'avoir qu'une seule maison. La chose put se conclure facilement en 1692, car alors ils cédèrent par accommodement, à Mar de Saint-Vallier, leur monastère de Notre-Dame des Anges que ce prélat convertit en hôpital, ‘“ destiné aux pau-
eg he nn,
vres mendiants, valides et invalides, de l’un et de l’autre sexe,” sous le nom d’'Hôpital-Général, et qu’il confia à des religieuses hospitalières de la \iséricorde de Jésus, de l’ordre de Saint-Augustin, détachées de l'Hôtel-Dieu de Québec. x Ces religieuses fondatrices de l’IKôpital- Général prirent possession de l’ancien monastère des Récollets le 1er avrii 1698.
Une fois ces difficultés aplanics, dit
l’auteur déjà plusieurs fois cité, le calme
se rétablit définitivement. Les Récollets vécurent en parfaits religieux, se montrèrent fidèles observateurs de leurs saintes règles, se livrèrent activement aux travaux du ministère sacré, et firent beaucoup de bien dans leurs missions lointaines, ” vous
Le 14 juillet de cette méme année de
la fondation de l'Iôpital-Général (1693), Mgr de $aint-Vallier posa la première pierre du nouveau monastère des Récollets et de leur église À la haute-ville. Ces édifices furent d’abord gravement endommagés lors du siège et de la prise de |
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ne
Québec par les Anglais en 1759, et enfin complètement détruits par l'incendie du 6 septembre 1796. Ce dernier malheur fut l'événement fatal qui mit fin À l'existence, comme corps religieux, des Récollets en Canada. ë
Voilà un apercu, bien incomplet sans doute, de ee que furent et de ce que firent les Récollets de Québec depuis leur arrivée.
jusqu’à leur séparation après l'incendie de leur monastère.
Pour revenir au Frère Louis qué nous avons laissé s'entretenant avec le Frère Paul, il ne fit que languir, en proie à la maladie dont il était atteint et qui devait mettre fin à scs jours. C’était la paralysie qui ne pardonne jamais lorsqu’elle attaque
quelqu'un dans un Âge avancé. Détaché de tout et uniquement occupé de la pensée -des vérités éternelles, il semblait ne plus vivre pour la terre. Enfin, muni des secours que lEglise accorde 1 ceux de ses
enfants qui partent pour le grand voyage de Péternité, et épuisé par son grand
mourut de la mort dos justes lo
mercredi, 9 août 1848, à l’âge de 88 ans et huit mois. On put dire de lui à sa mort ce que Ecriture dit du patriarche Isaac : Consumptusque aetate mort vus est senex ct plenus dierum. (1)
Il fut enterré dans l’église de Saint:
Roch, samedi le 12, par M. Antoine Parent, alors procureur du séminaire de Québec et son exécuteur testamentaire.
L’affluence de monde qui assista à son service fut une preuve de plus de la grande estime qu’on avait pour ce bon religieux. Mgr Turgeon, alors évêque de Sydime et coadjuteur de Mgr Signay, M. Louis Gingras, supérieur du séminaire de Québec, MM. E. Charest, L. F.
Lareau, Edmond Langevin, Léon Roy, Joseph Matte, David % artineau, Narcisse Beaubien, Léon Lahaye, prêtres de la ville, et le Frère Zozime, supérieur des Frères des Ecoles Chrétiennes, assistaient À son service et signèrent son actede sépulture. Les coms ‘du drap mortuaire furent tenus par le docteur Je: ean n Blanchet, Fa
de
(1) Genèse, 35-29.
et les marguilliers Prudent Vallée, Louis
Prévost, Joseph Tourangeau, F, X. Pa-
radis, et Charles Touchette qui signèrent aussi son acte de sépulture. (1)
Par son testament il avait laissé aux pauvres de l’Hôpital-Général ses hardes ct le linge qu’il possédait ; à son neveu Louis Pronami sa maison et ses dépendances, et au séminaire de Québec son argenterie. ;
Le Frère Louis fut suivi de près dans la tombe par les deux seuls Frères qui lui survivaient, Le Frère Paul mourut à Montréal en novembre de la même année.
et le Frère Marc mourut à Saint-Thomas de Montmagny en mars de lannée suivante 1849. Le Frère Marc fut par conséquent le dernier représentant de son ordre en Canada.
N’est-il pas À désirer que chacun de
Dr ve msi démarre onnrmatieme patrie
(1) Et y a chez M. Joseph Tellier, No 51, rue Charest, à Saint-Roch, un portrait à l’huile du Frère Louis, excellent comme ressemblance. Il appartient à
une de ses nièces, madame veuve Rémi Cayer, de-
meurant à DA EAP On a tiré de ce PREVEMIE
une bonne ri
ni be he om + ce à ns ce mi mt PEN
79 LE Pdes LOUIS
ces trois Frères Récollets, dernières épaves du naufrage d’un ordre qui a rendu tant de services au pays, eût une biographie écrite par quelque amateur de notre histoire ? Cos trois biographies pou: aient former un volume qui aurait d’autant plus d'intérêt qu’il devrait renfermer l’'histoire complète des Récollets dans le pays.
L'étude que je livre au jourd hui au public pourrait être utile à celui qui voudrait remplir cette tâche.
La suggestion que je f. ; ici m'est elle- * même inspirée par les réflexions que fait le correspondant de PAbeille, en terminant son important travail sur les Récollets de Québec, et par lesquelles je ne puis mieux terminer moi-même :
‘Si la forec des choses, dit-il, et le changement de domination les à eontraints de disparaître d’an pays où leurs labeurs semblaient leur avoir acquis un .inviolable droit de cité, il cst juste au moins que la postérité, et même que nos contemporains, ne perdent pas le souve-
# nir des premiers missionnaires de notre .
Fa
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k ; LE FRÈRE LOUIS : 78
à 2 PA MR ville de Québec, Leur zèle, leur dévouement héroïque À la cause de la religion ct de la patrie, les fatigues et les privations inhérentes À de longs voyages chez les tribus barbares, leurs fonctions d’aumôniers daus : les expéditions guerrières de l’époque, d’ambassadeurs pour les traités de paix, de premiers instituteurs de la Jeunesse canadienne : leur vie de sacrifice et de mortification, les missions lointaines, leurs démarches cCourageuses auprès du roi en faveur des colons opprimés, voilà autant de titres qne ces bons religieux ont à notre reconnaissance. Nous n'avons dans nos murs, pour perpétuer leur mémoire, ni une colonne de bronze, niune Statue de marbre, ni même un nom vivant; tout a disparu. Si nous ne voulons pas que les traditions s'altèrent bientôt au contact des années et des gé-.
nérations peu soucicuses de leurs devancières, hâtons-nous de les consigner dans
- … les fastes de notre histoire et de leur don …
ner ainsi une sorte de consécration et
reconnaissance est
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mate eue de eme À
une dette du cœur qui oblige les sociétés comme les individus : malheur au peuple qui, ne scrutant que les fautes, oublie trop facilement les vertus cet l’héroïsme des ancêtres ; il ne mérite plus que Dicu lui envoie des sauveurs au Jour des urandes calamités.” Kat
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L'ABBÉ JEAN NAUD
Au mois d'août 1889, les journaux annoncaient la mort du vénérable abbé Jean Naud, décédé à Pà ige de 87 ans, 9 mois et 20 jours, après avoir fourni une carrière sacerdotale de 63 ans et quelques
. mois. Il était décédé à Saint-Laurent de Vîle d'Orléans, où il résidait depuis 56 ans: comme curé pendant 26 ans, ct comme prêtre malade pendant 50 ans. "M
Nroie était le doyen, non seulement du clergé
ie a : de Québec, mais même du£lergé de toute
Ja Confédération.
nor Plusieurs apprirent avec surprise par
| cette annonce, que ce bon prêtre, qu'ils
PA
| nr © croyaient mort depuis longtemps, existait
76 L’ABBÉ JEAN NAUD
encore; quelques-uns dûrent même apprendre qu’il y avait un prètre de ce nom dans le clergé. On est si vite oublié lorsqu'on a quitté la vie active et qu’on est entré depuis piusicurs années dans la * classe respectable, mais peu nombreuse, des octogénaires. |
Cette réflexion me rappelle celle que fit M. Bonis-Jacques Casault à propos de la sépulture du grand-vicaire Jérôme Demers, une des plus grandes et des plus pures gloires du clergé canadien, mort à l'âge de 78 ans, et n’ayarnit plus d'autre occupation depuis Quelques années que celle de se préparer au grand voyage de l’éternité. M. Auclair, alors curé de Notre- Dame de Québec, apprenant la mert de M. Demers, s’empressa d’aller au séminaire de Québec offrir à M. Casault, supérieur de cette maison, l’usage de la cathédrale pour ie service funèbre, afin que le grand nombre de ses anciens élèves, de ses amis et de ses admirateurs pût y assister facilement. :—‘ Merci, lui dit M.
Casault, mais je crains bien que la petite
‘L'ABBÉ JEAN NAUD 77
chapelle du séminaire soit plus que suffisante pour contenir tous ceux qui voudront y assister. M. Démers est mort trop vieux, il est déjà bien oublié.”
Combien y en a-t-il parmi nous qui ont connu M. Naud? A sa mort, il y avait plus de 4f ans, dit-on, c’est-à-dire depuis Ja retraite ecclésiastique du 8 septembre 1846, que M. Naud n’était pas sorti de île d'Orléans et il n'avait jamais revu Québec, malgré la facilité qu'il avait d'y aller, surtout en été. Depuis bien Iongtemps même, il n'avait pas laissé sa chère paroisse de Saint-Laurent, et aussi, hors de cette paroïsse, 11 n’étuit connu que d'un petit nombre de personnes.
Cependant, ce prêtre presqu'inconnu était un homme d’un grand mérite et qui avait rendu des services qu’il est juste de faire connaître.
Des détails sur la vie saiute de ce vertueux prêtre intéresseraient et édifieraient en même temps; mais ces détails m'étant peu connus, je laisse à d’autres le soin de les publier. Mon but principal est de
78 L'ABBÉ JEAN NAUD
faire connaître une partie de ce qu’il a fait en faveur du ecliège de Fainte-A nne de la Pocatière et dont j'ai cu l'occasion de prendre connaissance.
Je ne veux donc point parler ici de toutes les vertus que ce saint prêtre a pratiquées, il faudrait un cadre plas grand que celui qn° je me suis tracé ; maïs je crois devoir faire connaître quelques traits de son détachement des biens ‘e ce ion.c et de l'incomparable généro -:té de son cœur, à présent surtout qu'il ©: v à plus à craindre de blesser s01 humi .t
Rien de ce que je vs dire n’a été co::nu du public pendant la 1:60 de M. Kaud, car il ne voulait pas même gne sa main gauche connût ce que sa main drojte faisuit. Fe rappelant toujours que l'Ecriture ait qu'on ne doit pas louer un honime
ant sa mcrt—ante morlem ne laudes lcminen quemquam--i} mettait le plus grand soin à cacher les dons qu'il faisait, “fin de ne pas provoquer des lonangces qu'il redoutait autant et plus que d’autres es aiment. Maïs à présent au’il est allé
L’ABBÉ JEAN NAUD 79
recevoir au ciel la récompense de ses bonnes œuvres, on peut proclamer bien haut ce qu’on n'aurait pu dire lorsqu'il vivait, car 1l est bon de publier ct de faire connaître après la mort les bonnes œuvres faites dans le secret, afin, dit Jésus Christ, que les hommes voient ces bonnes œuvres ct glerifient votre Père qui est dans le ciel—ut videant opera vestra bon« et glorificent Patrem vestrum qui in cœlis est.
Il faisait le bien pour le bonheur de le faire ; c'était pour lui une jouissance de donner ct de rendre service. Il donnait en vue de Dieu seulement, sans rechercher les louanges des hommes, se souvenant toujours que le bon maître, qu’il servait si bien, ne se laisse jamais vaincre en générosité et qu’il rend au centuple dans l’autre le peu qu'on fait pour lui dans ce monde: cela lui suflisait, ,Et puis il donnait non seulement volontiers, mais encore avec joie; car il savait aussi que Dieu aime aue l’on donne ainsi— Æilarem datorem ailigit Deus.
M. Pilote qui pendant 34 ans s’est dé-