‹ Le frondeur, comedie en un acte et en versChapitre 1 sur 26 · CLITANDRE, VALÈRE, JULIE, ERMINE · texte numérisé non relu

CLITANDRE, VALÈRE, JULIE, ERMINE

VALÈRE

Ce moment souhaité, l’attendrons-nous toujours ? Serons-nous vos cousins le reste de nos jours?

Eh! quand de notre sort les suprêmes arbitres Voudront-ils nous laisser prendre de plus doux titres? Je sens, à dire vrai, ma patience à bout.

Hors le jour de l’hymen ils conviennent de tout.

Que ne le fixent-ils?

JULIE

Ah! mon futur beau-frère.

Modérez- vous, de grâce.

CLITANDRE

Oui , calme-toi, Valère.

JULIE

Depuis un mois, au plus, si vous calculez bien,

Fut arrêté l’accord de ce double lien.

VALÈRE

Mais vous parlez d’un mois comme d’une journée. Pour des cœurs bien épris, un mois est une année.

a LE FRONDEUR,

ERMINE

Ne savez-vous donc pas qu’espérer c’est jouir?

VALÈRE

Quand le bonheur est sûr, l'attendre c’est souffrir.

CLITANDRE

Sans doute ; néanmoins...

VALÈRE

Néanmoins, cher Clitandre, Autant qu’il vous plaira, permis à vous d’attendre.

J’ai hâte, quant à moi, très hâte d’en finir.

Je suis pour le présent; d’un heureux avenir,

Julie et vous, goûtez la longue expectative.

Ermine a, comme moi, l’humeur un peu plus vive,

Et nous voudrions voir cesser notre tourment.

ERMINE

Le mien serait de voir un fat dans mon amant.

VALÈRE

Je dis la vérité. Trêve d’hypocrisie.

JULIE

Mon père est inquiet. J’en ai l’âme saisie.

L’allégresse commune est pour lui sans appas.

Il a quelques soucis que je ne connois pas,

Que je voudrais connoître.

ERMINE

Oh ! j’en sais quelque chose.

CLITANDRE

Voyons, instruisez-nous.

ERMINE

J’en soupçonne la cause;

Je ne dois pas la dire.

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