SCÈNE I
VALÈRE
Et moi, je la dirai.
Il est très-mécontent, tout va contre son gré.
On a donné déjà deux ou trois ministères;
Rien pour lui. Son humeur déroute nos affaires, Et les siennes peut-être. Avec emportement Il parle de la cour et du gouvernement ;
Et j’en tire pour nous un augure sinistre.
Nous serons mariés quand il sera ministre.
Vous voyez, mes amis, s’il en prend le chemin.
CLIT ANDRE
C’est celui de sa terre, où peut-être demain On pourra le prier, pour unique vengeance, D’aller se consoler du bonheur de la France.
JULIE
Eh! que faire à cela, si ce n’est d’en gémir?
VALÉRE
Votre tranquillité , d’honneur, me fait frémir.
Il faut incessamment, à force de suppliques.
Détacher notre hymen des affaires publiques.
De ces grands intérêts je me remets au ciel.
Mais nous, soyons heureux; voilà l’essentiel. Tâchons de désarmer cet oncle atrabilaire.
CLIT ANDRE
Je pense qu'il faudrait laisser parler mon père.
Il saura mieux que nous trouver le bon moment.
VALÈRE
Oui, je vais l’en prier. Le voici justement.