SCÈNE XII
Que j’ose prendre part à vos félicités.
On nomme , et c’est un choix qui plaît à tout le monde...
Qui?
LAFLEUR
Deux de vos amis.
Que le ciel te confonde!
LISIMON.
Sur un bruit fort douteux je te vois alarmé.
Qui t’a dit que Lafleur soit si bien informé?
Des propos de valets qu’entend un imbécile.
Sont- ils donc après tout paroles d’Evangile ?
LAFLEUR
Je tombe de mon haut. J’accours, pensant ici Répandre l’allégresse , et l’on me traite ainsi !
Le nom des deux élus?
LAFLEUR
Oh! c'est ce que j’ignore.
Tu les dis mes amis.
LAFLEUR
Chez monsieur de Valmorc
On le disoit tantôt.
DORIVAL lui fait signe de sortir. Il sort.
Ah ! le sot animal !
Mon ami ne vient point, et j’en augure mal.
Mais voici son laquais. A l’air de son visage Je vois qu’il est porteur d’un fort triste message,
Que Yalmore a voulu s’épargner la douleur
De me venir lui même annoncer mon malheur.
(Au laquais qui porte une lettre .)
Donne.
LISIMON.
Tu prends plaisir à te mettre au supplice.
Moi, j’espère.
DORIVAL, lisant.
« On te fait une atroce injustice.
» En ta faveur déjà tout étoit arrangé;
» C’est sûr. En un clin d'œil , mon cher, tout a changé. n Des méchans t’ont dépeint comme un atrabilaire,
» Comme un censeur jaloux, violent, téméraire,
» Dont l’unique plaisir est de tout contrôler.
» Qu’il hf.ste spectateur ; il pourra nous siffler » A-t-on dit, puisque c’est sa volupté suprême.
» Il faut lui procurer l’amusement qu’il aime.
» II m’est bien démontre que de traîtres échos » Ont redit quelques uns de tes piquans bons mots. »
Valmorc.
LISIMON.
Les voilà bien payés!
L’espérance déçue
Au moment du succès, est un coup de massue.
J’cn suis abasourdi. Ma foi , tant pis pour eux Au surplus. Mais qui sont les concurrcns heureux? Voyons.
(Il continue de lire!)
Dupuis! Rinval ! Ces choix sont admirables !
Des gens sans caractère, et de plus, incapables.
Que j’aurai de plaisir à les voir opérer !
Nous sommes déjà mal. Nous allons empirer.