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IV. LES DÉPENSES DE PROPAGANDE

Le total des dépenses précédemment énumérées ne permet pas de retrouver — et de beaucoup — le chiffre des cotisations annuelles : 300 millions de marks en 1935 et 350 millions de marks en 1936. Si l’on souligne complaisamment que

l'absence de grèves permet d'employer toutes les cotisations en prestations positives alors qu'auparavant une grosse partie des ressources des syndicats formait un fonds de réserve destiné à soutenir les grèves, il n’est nulle part fait mention des sommes considérables qui doivent être utilisées pour la propagande servant les œuvres du Front du Travail. Cette propagande s'adresse d’ailleurs aussi bien au public allemand qu’au public étranger. Elle s’exerce d’une manière incessante à l’intérieur de l’Allemagne par les moyens les plus divers : tracts, journaux, réunions en vue d’aider à la réalisation de cette communauté populaire indispensable dans un État conduit par un chef ; elle vise non seulement à faire connaître tous les avantages que le Front du Travail réserve à ses membres, mais encore à faire pénétrer des idées politiques qui dépassent singulièrement le domaine des activités strictement professionnelles. La part faite à l’armée, à la flotte et à l’aviation dans la presse professionnelle ne peut que frapper celui qui parcourt l’ensemble de ces journaux. De cette propagande à l’usage interne, on passe insensiblement à la propagande à l’usage de l’étranger. Les services de Presse et de Propagande travaillent d’ailleurs en commun, ils fournissent de nouvelles la presse étrangère et renseignent sur les impressions que produit l’œuvre du Front du Travail à l’étranger ; ils font aussi passer des communiqués sur tous les sujets d’ordre social dans la presse allemande.

L'organisation de la Force par la Joie a créé un bureau international dont l’activité est con-

sacrée à l’étude des problèmes concernant les loisirs, l’histoire du mouvement en faveur des loisirs, l’organisation des loisirs dans les différents pays. Ce bureau édite une très luxueuse revue illustrée dont les articles sont publiés en cinq langues. Son prix de revient chez l’imprimeur est au moins égal au double de son prix de vente : 1 mark. On ne saurait au surplus affirmer avec certitude que cette revue trouve de nombreux acheteurs... mais c’est un merveilleux moyen de propagande, non pas tant pour les œuvres sociales du IIIe Reich dont il est peu question que pour le régime lui-même et l’Allemagne. La lutte contre le bolchevisme y occupe une place importante et si l’ouvrage de M. Gide sur la Russie a été, comme toutes les œuvres de cet auteur, interdit en Allemagne, la revue a publié avec une satisfaction évidente la photographie d’un article du Matin, reproduisantdes passages du livre il dont s’agit sur la Russie qui ne pouvaient que remplir d’aise les dirigeants du parti national-socialiste.

À cette propagande il faut rattacher les voya-: ges à l’étranger organisés soit dans un but de récréation, soit dans un but de formation professionnelle et les voyages conduisant les travailleurs allemands dans les régions frontières (Grenzdeutschtum). La conservation de l’idée allemande et sa diffusion sont servies par les œuvres du Front du Travail.

Les cotisations des travailleurs sont ainsi utilisées pour la propagande générale de l’Allemagne dans le monde.

Il faut enfin ajouter que le Front du Fravail

aide encore pécuniairement certaines œuvres qui tiennent à cœur à ses dirigeants et qui ne peuvent être rangées dans la sphère d’activité normale du Front du Travail. Tel est le cas des chàteaux-forts ou séminaires de l’ordre (Ordensburgen) offerts au Führer au nom des travailleurs allemands par le Front du Travail et destinés à la formation des futurs chefs du parti ; ils dépendent du Dr Ley en qualité de Reichsorganisationsleiter du parti.

Le Front du Travail participe aussi à la création de chemins cyclables qui sont utilisés par les travailleurs tant pour se rendre à leurs lieux de travail que pour voyager en profitant de leurs loisirs. Le Front du Travail en 1937 a ainsi subventionné un programme de construction de 38.000 kilomètres de ces chemins.

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