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I. L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL

Une section scientifique du service de l’éducation professionnelle constitue un service de statistiques qui permet de connaître les professions encombrées, celles qui manquent de maind'œuvre qualifiée pour les années à venir. Ces statistiques suivent année par année les personnes actuellement employées dans les diverses professions. Doté d’un personnel abondant, ce service a pu dresser des tableaux pour les tes rentes régions et les différentes villes du Reich. Il permet ainsi de diriger les jeunes gens selon la génération à laquelle ils appartiennent de préférence vers tel ou tel métier, de créer en conséquence les cours professionnels nécessaires et de prévenir de la sorte bien des déceptions.

Mais l’orientation professionnelle ne doit être entendue en un sens aussi absolu. Il faut aussi découvrir si le jeune homme sera capable de recevoir un enseignement d’où l’existence à l’école, sous l’impulsion du Front du Travail, de cours préparatoires à l’enseignement professionnel proprement dit. Sous l’influence du service

d’éducation professionnelle, les dispositions du futur ouvrier sont recherchées plus intuitivement que scientifiquement : la méthode des tests et des épreuves psychotechniques a été abandonnée ; elle est actuellement remplacée par une formation à la Robinson {Robinsonerziehung). Vers quatorze ans les jeunes gens doivent exécuter au moyen d'instruments très simples : marteaux, limes et ciseaux, des objets en bois ou en papier. Les résultats obtenus selon les préférences marquées pour le bois ou le fer indiqueraient une impulsion créatrice ou une mentalité disciplinée.

Il appartient ensuite à l’enseignement professionnel puis à l’apprentissage d’intervenir, l’apprentissage étant nettement distinct de l’enseignement professionnel, l’un se donnant auprès de l’usine et dans l’usine, l’autre uniquement à l’école.

Qu'il s’agisse d’enseignement professionnel ou d'apprentissage, les directives qui président à l’enseignement sont émises par le service d’éducation professionnelle du Front du Travail qui étudie la psychologie du travail, recherche les meilleures méthodes au point de vue de l’éducation et de l’application notamment à l’école DINTA de Düsseldorf qui poursuit les recherches sur le sens du travail et les méthodes permettant au travail d’être eflicace (1). Les méthodes préconisées sont répandues par des ingénieurs qui reçoivent un enseignement spécial. Cette école au mois de juillet 1937 a commencé une enquête

(1) Ordonnance du Dr Ley du 26 juillet 1933 sur l’école Dinta.

sur les conditions de vie de trois mille ouvriers choisis dans huit cents localités différentes et dont le revenu ne dépasse pas trente-cinq marks par semaine.

Le service central étudie des plans de formation pour toutes les catégories de professions. Il met à la disposition des maîtres qui ne sont parfois que des ouvriers ou des contremaîtres peu préparés à enseigner un matériel considérable, comprenant des exposés, des collections de tableaux documentaires, des photographies, des films. Ce matériel est classé au service central par groupes d’entreprises du Reich. L’enseignement ne tend pas vers une spécialisation systématique ; il veut, pour chaque profession fondamentale, faire comprendre comment chaque métier s’incorpore dans l’ensemble de l’économie. On montre à cet effet aux élèves le développement historique du métier et le sort de la matière première depuis son origine jusqu’à la fabrication de l’objet ; ainsi pour les élèves qui se destinent aux métiers du bois, il existe des films éducatifs devant illustrer des exposés sur les forêts de l’Allemagne, les principales sortes de bois, le régime économique des forêts allemandes, la vie de l’arbre et la naissance du bois.

Dans l’apprentissage il ne sera pas fait usage de machines les plus modernes mais de machines anciennes afin d’étudier et de faire saisir les dificultés de la fabrication.

Le Front du Travail qui pose de la sorte les normes selon lesquelles doit être formé le travailleur n’assume que plus ou moins directement sa formation.

D'une part il possède et dirige certaines écoles professionnelles ; le droit de les ouvrir lui est reconnu en tant qu’'association rattachée au parti ; juridiquement ce droit est comparable à celui que détiennent les Églises en vertu d’accords passés avec la puissance publique en vue de leur permettre de posséder des écoles (1). Mais la plupart des écoles professionnelles sont encore des écoles d’État. Le Dr Ley a cependant annoncé en 1936 son intention d’ouvrir des écoles professionnelles du Front du Travail dans chaque région, une école d’Empire et plusieurs écoles ambulantes.

D'autre part à côté de cette action directe il faut noter la surveillance que le Front du Travail exerce sur l’ensemble des écoles professionnelles, les contributions qu’il verse pour l'institution de cours d’apprentissage dans les différentes usines, la création de cours du travail, la formation des maîtres de l’enseignement professionnel dans les écoles normales, l’organisation de voyayes d’études professionnelles. Ainsi décrite, l’influence emble complexe, l’éducation professionnelle qui ne se présente d’ailleurs pas sans un aspect très cohérent est en voie de réorganisation, a-t-il été annoncé dans un discours du Dr Ley du 28 septembre 1936. Une nouvelle loi sur cette matière est d’ailleurs en préparation depuis 1930.

Dans chaque circonscription il existe des écoles qui distribuent un enseignement d’ordre pratique pendant un certain cycle dont la durée

(1) Die Parlei als Schulträger, Gazette de Francjort du 20 octobre 1935.

varie avec l’ordre de l’enseignement. Les cours ont lieu le soir et le dimanche pendant les loisirs des travailleurs ; ils ne sont pas gratuits en vue d’exiger un effort personnel des auditeurs. A côté de ces cours assez généraux, des matières spéciales sont enseignées aux meilleurs élèves qui font des stages dans les écoles de maîtres ou les écoles supérieures techniques. Tous ces cours tendent à améliorer la formation du travailleur et lui permettre d’être ainsi rangé dans une classe de salaires plus élevée ; pratiquement d’ailleurs, l’ascension du travailleur qualifié se heurte à des difficultés tenant à la législation du travail et à la « fidélité » qu’il doit à son chef d’entreprise (1).

Les groupes d’entreprises du Reich possèdent des écoles techniques spéciales. Il existe même 4.500 entreprises d’exercice ({ Uebungewirtschaften), particulièrement dans le commerce, à l’image des entreprises réelles ; quelques-unes de ces entreprises fonctionnent à l’étranger : ce sont des firmes fictives qui complètent l’école professionnelle et l’apprentissage et qui font passer les jeunes gens de l’étude de la théorie à celle des problèmes pratiques. Elles dépendent du service de la jeunesse du Front du Travail.

L'organisation des cours est une tâche considérable qui est en principe décentralisée à l’échelon région et à l’échelon communauté d’entreprise. L’œuvre éducative est complétée par des voyages d’information scientifique ou d’éducation économique dont l’objet est de permettre

(1) Jacques DougLer, Le devoir de fidélité entre ouvriers et patrons du 111 Reich, L'Allemagne contemporaine, novembre 1937.

au travailleur de voir plus loin que l’ouvrage qu’il accomplit lui-même, d’assister à toutes les phases de la production, de connaître de la sorte l’ensemble de sa profession et de comprendre les services qu’elle rend à la communauté. Les jeunes travailleurs du bois sont ainsi promenés pendant huit jours de la forêt à la luxueuse fabrique de meubles. Ils apprennent à distinguer les différentes sortes de bois, leurs avantages et leurs inconvénients. En 1935 divers groupes professionnels accomplirent 324 voyages groupant près de neuf mille participants.

Il est difficile de porter un jugement sur la nature des résultats obtenus par ces cours qui se multiplient sans cesse dans tous les domaines. On ne peut savoir si le développement de l’esprit de camaraderie n’a pas trop tendance à nuire à cette formation qui par ailleurs semble excessivement primaire, alors même qu’elle est donnée avec un aspect de culture générale.

La grandeur de l'effort accompli ne saurait cependant être méconnue. D’après les statistiques officielles en 1934 le Front du Travail a organisé 87.000 séances réunissant plus de 5 millions 1 /4 de participants, et 18.000 cours s’étendant au moins sur un trimestre et dont les leçons avaient une durée minima de deux heures ont été fréquentés par 520.000 auditeurs. En 1935 plus de 2 millions 1/2 d’auditeurs ont assisté aux séances qui se décomposent ainsi :

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