cours
193 cours de fin de semaine ; 3.248 séances de formation ;
600 exposés ;
18.715 exposés techniques ; 2.459 visites ; 3,714 expositions.
Le Front du Travail aurait dépensé de la sorte 30 millions de marks pour l’enseignement professionnel.
La tâche du Front du Travail en cette matière ne se limite d’ailleurs pas à l’ouvrier ou à l’employé. Le service de l’éducation professionnelle renferme une section pour la conduite des entreprises (Abteilung für Betriebsführung). Les commissaires du travail, les administrateurs de région, les employeurs peuvent demander à cette section de mettre à la disposition des entreprises qui rencontrent des difficultés techniques dans l’organisation du travail des ingénieurs qui étudient les mesures susceptibles d’assurer le meilleur rendement d’une entreprise. En fait ce service n’a guère été utilisé jusqu’à présent que pour l’agencement de certains services publics. L’école DINTA est aussi chargée de la formation des chefs d’entreprise en ce sens qu’elle peut les obliger à suivre des cours et avertir le Front du Travail si, dans une entreprise, l’esprit du travail en commun semble menacé.
Un service spécial pour les sciences techniques (Ami für technische Wissenschaften) a pour tâche principale l’éducation des ingénieurs en vue de les rendre capables d’être par la suite des chefs d'entreprise animés de l’esprit national-socialiste.
Les employeurs doivent aussi suivre des cours destinés à leur donner des directives judicieuses sur la conduite de leurs entreprises. En réalité il s’agit d’expliquer l’application de la doctrine
du parti national-socialiste à des cas particuliers. En 1937, on relève par exemple, dans les cours professés dans le groupe d’entreprises « commerce », les objets suivants : travail et armée comme principe fondamental de la nation — la politique commerciale dans l'esprit national-socialiste.
En dehors des cours la formation technique est enfin assurée par la diffusion de la presse professionnelle. Celle-ci comprend des journaux qui publient des articles d’ordre général comme Arbeitertum et der Aufbau et quatre-vingt-six journaux techniques qui paraissent mensuellement avec un tirage de plus de dix millions d'exemplaires. Chaque membre du Front du Travail reçoit l’édition qui correspond à sa spécialité.
Il. LA RÉÉDUCATION PROFESSIONNELLE
La rééducation professionnelle est considérée comme une des tâches les plus importantes du IIIe Reich. Le Dr Ley a prétendu qu’il existait en 1937 plus de trois millions et demi de travailleurs qui ne se livrent pas au travail pour lequel ils ont des aptitudes marquées. Cette masse de travailleurs a le sentiment de sa pénible situation ; il y a lieu de faire disparaître son mécontentement. D'où l’effort tenté pour rééduquer les chômeurs et diriger les travailleurs vers les métiers qu’ils ont dû abandonner à raison des circonstances économiques.
Cette œuvre de rééducation professionnelle
est réalisée, suivant la conjoncture, dans toute l’Allemagne au moyen de cours d’une durée de plusieurs semaines distribués dans des camps ou des usines.
Le premier de ces camps {Umschulungslager) a été ouvert le 8 mars 1934. Depuis le mouvement a été amplifié. C’est ainsi que le groupe d’entreprises Fer et Métal utilise à cette fin plusieurs usines à Altona, Kiel, Lübeck et aux portes de Dresde (1). L’usine d’Altona-Behrenfeld avait en décembre 1936 instruit plus de 30.000 travailleurs par contingents de 1.600. À Dresde 300 élèves reçoivent un enseignement analogue à celui qui est donné aux apprentis, ils ne sont pas payés mais touchent en dehors de l’allocation de chômage une petite indemnité de déplacement.
La durée des cours dépend évidemment de la nature de la profession ; dans l’exemple précédemment choisi elle est fixée à treize semaines à raison de huit heures de travail pendant cinq jours. Mais le cycle peut s’étendre sur un temps plus long : un an, un an et demi, ce qui est le cas pour les industries du bâtiment. Il est alors prévu qu'après un certain délai les participants aux cours, tout en restant soumis à une direction pédagogique, pourront coopérer à certains travaux (2).
(1) Angrifj du 23 mai 1937.
(2) Nous ne possédons aucun renseignement sur l'efficacité pratique de cette rééducation qui semble être poursuivie sur une très large échelle en Allemagne. Nous tenons cependant à préciser que le Ministère du Travail français s’est également attaché à l’étude de cette question et que les résultats pratiques se sont avérés très décevants. Dans les métiers
manuels la rééducation paraît impossible dès que le sujet a dépassé un âge très jeune et elle entraîne des frais considérables.
Il convient en outre d’ajouter que le tableau de la conception du monde suivant la doctrine du parti national-socialiste, l’histoire du parti, la biographie du Führer, les théories de la race et l’éducation physique semblent occuper dans les camps de rééducation une place aussi importante que l’enseignement pratique et l’enseignement professionnel. Une telle répartition du programme s’expliquerait par la nécessité d’élever les travailleurs au sentiment de « l’homme allemand » par la culture commune et de les détourner de l’alcool et du tabac pour accroître leur confiance en eux-mêmes (1).