III. LES CONCOURS GÉNÉRAUX PROFESSIONNELS
Un tel exposé serait incomplet s’il n’était fait mention des concours généraux professionnels réservés pour le moment à la jeunesse, maïs auxquels doit être dans un proche avenir convié à participer l’ensemble de la population laborieuse du Reich. Ces concours, dont l’idée aurait pris naissance au sein même de la jeunesse, sont organisés chaque année par le service de la jeunesse du Front du Travail en collaboration avec le chef de la Jeunesse du Reich. Ces concours sont l’occasion d’une véritable mobilisation de la jeunesse travailleuse du Reich, y compris les cultivateurs et les étudiants. Ils sont ouverts à partir de la deuxième année d’apprentissage aux jeunes gens et jeunes filles âgés de quinze ans ;
(1) Dr DAESCHNER, Die deutsche Arbeïtsfront, p. 27.
ne peuvent plus y participer lorsqu'ils ont atteint leur dix-huitième année que les jeunes gens se destinant à des professions commerciales et toutes les jeunes filles, ces deux dernières catégories pouvant alors affronter les épreuves des concours jusqu’à l’âge de vingt et un ans. Les concurrents peuvent être aussi bien des apprentis que des jeunes gens à la recherche de leur voie. Cependant la préférence est donnée dans le choix des participants aux membres de la jeunesse hitlérienne, des sections de jeunes filles hitlériennes, des troupes d’assaut et des troupes de choc, aux concurrents des précédents concours, aux auditeurs des cours de perfectionnement professionnel (1).
Le concours professionnel du Reich est marqué par trois concours successifs : concours local (Orisberufswettkampf), concours régional ( Gauberufswettkampf), concours général ( Reichsberufswettkampf). La durée totale du concours est d’une année, dont quatre mois de préparation, quatre mois pour le concours et quatre mois pour l’enseignement à tirer des résultats.
Les séries d’épreuves sont spéciales à chaque catégorie de profession et à chaque année d’apprentissage. Mais le programme du concours est très vaste en ce sens que les questions politiques et les concours sportifs n’en sont pas bannis. Les performances sportives du concours professionnel doivent être au moins égales à celles exigées pour avoir droit à l’insigne sportif de la jeunesse
(1) Le service social et la communauté ; l'éducation de la jeunesse allemande à la communauté dirigée par la « Jeunesse d’État » par l’Obergebietsführer Axmann.
hitlérienne. Les jeunes filles doivent en outre satisfaire à des épreuves d’ordre domestique. Les épreuves pratiques se déroulent dans les entreprises mêmes, les commerçants mettant par exemple leurs boutiques à la disposition du Front du Travail. Il y a lieu de relever qu’en dehors de la composition d’ordre politique portant sur les conceptions mêmes du régime, les épreuves techniques, dans la mesure du possible, sont en rapport étroit avec les tendances du parti national-socialiste. Les sujets techniques et les sujets d’arithmétique du concours général de 1937 avaient pour thème général la lutte contre la perte et le gâchis, qui constitue un des motifs du Plan de quatre ans. La composition de troisième année de la branche commerce était intitulée « le travail du vendeur au service de la communauté nationale-socialiste » ; celle de la branche « cuir » : la communauté d’entreprise.
Actuellement les neuf dixièmes de la jeunesse prennent part à ces concours : 1.800.000 jeunes gens ont subi en 1937 les épreuves des concours locaux. Le concours général du Reich qui a lieu à Munich a ressemblé en 1937 trois mille deux cents concurrents ; il est précédé, la veille des épreuves, d’une fête solennelle devant la Feldhernhalle et d’un serment de fidélité au Führer ; il est suivi d’une soirée de camaraderie après les épreuves. Les premiers d’entre les concurrents, les vainqueurs du Reich (Reichsieger) pour chaque communauté d’entreprise reçoivent une bourse de mille marks pour continuer leurs études et sont présentés au Führer le 127 mai.
La situation sociale des familles des jeunes lauréats est intéressante à noter : En 1936, 18 % de ces jeunes gens avaient leur père chômeur, 36 % provenaient de familles de travailleurs manuels, 22 % de familles d’artisans, 22 % de familles de fonctionnaires et 12 % de familles de commerçants ou de professions libérales.
16 % des jeunes gens appartenaient à des familles de plus de cinq enfants.
Par la mise en scène, par les fêtes qui l’accompagnent pendant une semaine jusqu’à la proclamation des résultats, ce concours général, procédé autrefois inconnu et banni de la pédagogie allemande, se rattache aux manifestations de masses que le IIIe Reich se plaît à organiser. II s’agit plus d’une propagande en faveur du régime que d’un tournoi destiné à assurer l’avenir des meilleurs fils de l'Allemagne et à chercher des chefs pour les jeunes générations.