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II. TRAVAIL ET COMMUNAUTÉ

La valeur du travail provient de ce qu’il ne peut se concevoir sans apport à la communauté. Une activité qui s’exercerait contre le bien de la communauté ne serait pas du travail mais un crime, une mauvaise action. On ne peut qualifier de travail que ce qui sert au bien de tous. Les théories du travail rejoignent donc les théories hitlériennes de la communauté, base de la solidarité du peuple. Tout Allemand, donc tout travailleur allemand, n’est qu’un élément de la vie organique de la communauté perdu dans le flot de la race. Le travailleur est au service de la communauté qui, en revanche, pourra exiger de gros sacrifices de lui. « Être social signifie construire l’État de telle manière que chacun travaille, pour la communauté et possède le sentiment du bien de cette communauté et puisse mourir pour elle » (discours du Führer du 12 avril 1922).

L'existence d’une communauté entre le peuple et le Führer permet à ce dernier d’exprimer les vues de cette communauté (2). Mais cette liaison

(1) Der Vierjahresplan 1937, n° 4. Dr. Otto Drerricu. Der Führer und der deutsche Arbeiter.

(2) R. BonnarpD, Le droit et l’État national-socialiste.

ou plutôt cette communion ne peut avoir lieu que par une action continue destinée à aider au maintien de la forme du régime, du Führerstaat, et à l’élaboration du droit. Cette action est une œuvre d'éducation morale. Elle est particulièrement utile auprès des masses ouvrières puisqu’en 1933 les syndicats groupaient encore, après avoir perdu une partie de leurs effectifs, plus de cinq millions de membres. Il faut éviter que l’opinion que le peuple souhaite exprimer, soit contrariée par des courants de pensée opposés ou contradictoires. D’où la création du Front du Travail qui réunit tous les Allemands qui « travaillent de la tête et du poing », employeurs et employés, et qui a pour tâche essentielle d’aider à la formation de la communauté populaire en faisant l’éducation des travailleurs dans le sens national-socialiste et en détournant les regards des masses des questions matérielles vers les valeurs morales (discours du D* Ley du 7 mars 1935 prononcé devant les représentants de la presse étrangère à Berlin, à l'hôtel Kaiserhof, sur les voies et but du Front du Travail allemand).

Cette association est encore, suivant une autre expression de son chef dans un discours d’octobre 1935, «la caserne où le travailleur est exercé à l’idée de la communauté et du vrai socialisme ».

Des principes doivent guider chaque membre de la communauté ; le point 10 du programme du parti indique notamment que l’activité des particuliers ne doit pas aller à l'encontre des intérêts de la communauté mais doit se poursuivre dans le domaine de la collectivité et pour l'utilité de tous. De ce point, il convient de rap-

procher le point 24 : l'utilité générale doit l’emporter sur l’utilité particulière et les critiques apportées à la coexistence de deux Ministères distincts pour le travail et l’économie nationale. Cette dualité représente la survivance de l'esprit de politique sociale aboutissant à un compromis après la lutte des intérêts privés (1).

L'esprit de communauté, de service pour le bien de tout le peuple allemand, doit se rencontrer chez tous les travailleurs — ouvriers et patrons. La doctrine hitlérienne, est-il abondamment proclamé, n’est pas une doctrine de classe. Selon elle le progrès de l’humanité ne peut résulter d’une lutte. La pensée que l’on puisse améliorer le sort d’une seule classe par la lutte des classes est une erreur (discours d’A. Hitler du 10 novembre 1935). Aussi « le Front du Travail allemand accueille-t-il tous les hommes participant au travail économique sans tenir compte de leur position économique ou sociale » (2). L’ouvrier doit y être à côté du patron. Ils ne seront plus séparés par des groupes et des associations servant à la protection spéciale de classements d'intérêts économiques ou sociaux.

C’est pourquoi l’objet de la présente étude s’appelle Front du Travail et non Front des Travailleurs.

La traduction juridique de cette proclamation est la loi du 20 janvier 1934 sur le régime du travail national, aux termes de laquelle le chef d’entreprise et sa suite, le personnel de l’entre-

(1) ScHUHMANN BRUuCKER , Sozialpolilik inm neuen Slaat. (2) Appel à tous les travailleurs allemands lancé le 27 novembre 1933 par le Chef du Front du Travail.

prise, travaillent ensemble pour la fin de l’entreprise et pour le bien commun de la nation et de l'État. On rejoint de la sorte l’idée d’un patronat patriarcal ou éclairé. La loi, appliquant le ‘principe du chef :dans l’entreprise, ne parle plus d’employeur ou d’employé, mais de chef et de suite, désirant ainsi façonner d’une manière nationale-socialiste les relations qui naissent à l’intérieur de la communauté d’entreprise.

En outre, si le travail au service de la communauté occupe la première place, la ‘propriété a perdu son ‘caractère absolu, ‘elle devient une fonction au service de la communauté justifiée par les services rendus. Cette notion de propriété fonction sociale, ne peut être considérée comme une innovation du national-socialisme. Elle était déjà inscrite dans la Constitution de Weimar sous la forme «propriété oblige ».

Les manifestations de cette mystique du travail'au service de la communauté et du façonnement de la communauté par le travail sont multiples. Elles débordent même le cadre d’un exposé sur le Front du Travail. Il a paru cependant nécessaire d’en rappeler quelques-unes qui illustrent les considérations générales précédentes.

1. — Le Service du Travail institué par la loi du 26 juin 1925 doit réaliser la communauté nationale en faisant travailler dans les mêmes conditions les jeunes gens à des améliorations ou à des récupérations de terrains, les jeunes filles à des travaux domestiques ou agricoles quelle que soit leur origine. Ce service est obligatoire, mais en fait les contingents ne s’élèvent qu’à

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