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IV. L'HYGIÈNE

L’hygiène dans les entreprises doit être entendue autant de la protection de la santé du travailleur qui relève du service de santé publique du Front du Travail { Amt für Volksgesundheit) que de la tenue même des usines à laquelle veille le service de la Beauté du Travail { Schônheit der Arbeit) de la communauté nationale-socialiste la Force par la Joie.

A. La protection de la santé du travailleur.

La santé du travailleur doit faire l’objet de soins constants destinés à la protéger et à la conserver ; il s’agit d’ailleurs plus d’une œuvre d'hygiène que de soins véritables. L’amélioration de la santé est poursuivie par un changement de nourriture, la pratique des sports, la diffusion des préceptes d’hygiène élémentaires.

Mais ce service de Santé publique ne limite pas sa tâche à des examens préventifs des travailleurs, il a encore pour but de les rendre capables d’exercer « à plein rendement » leur métier, de combattre les maladies professionnelles et de prévenir, par une éducation appropriée, les accidents du travail.

Le but que doit atteindre la section de la santé publique est de rendre leur pleine capacité de travail à 100.000 ouvriers allemands, sur les deux millions et demi de travailleurs, dont le rendement est médiocre.

Dans certaines entreprises, chaque travailleur a été muni d’un « livret de santé » ou « passeport sanitaire ». Ce document doit permettre de constater la capacité de travail de l’ouvrier et de prendre des mesures appropriées en cas de capacité insuflisante, Un tel passeport sanitaire sera prochainement obligatoire.

Dans chaque entreprise auront lieu à cet effet, à intervalles réguliers, des « contrôles sanitaires ». Ces contrôles qui doivent être étendus à toute l’Allemagne fonctionnent depuis le mois de mai 1937 à Hambourg, Cologne, Aix-la-Chapelle, en Hesse et en Bavière.

Cette activité peut être poursuivie en partie grâce à la présence de médecins dans les entreprises et à la collaboration plus ou moins grâcieuse de médecins : en 1936, 2,071 médecins se sont mis ainsi volontairement à la disposition du service de santé publique, mais les entreprises sont aussi invitées à posséder un service sanitaire complet.

Il faut en outre signaler que dans les troupes d'usines, certains hommes sont instruits des soins à donner dans de nombreux cas en attendant l’arrivée des médecins ; ce sont les troupes de santé du travail.

Enfin le Service Social du Front du Travail organise en collaboration avec le Musée pour la protection du Travail et la Société allemande pour la protection du travail, des cours sur les maladies professionnelles et leur prophylaxie,

B. La Beauté du Travail.

Cette section de la communauté nationalesocialiste la Force par la Joie a pour objet de donner à l’ouvrier ou à l’employé le plaisir et le goût du travail. Le bien-être du travailleur dans l’entreprise ne saurait manquer d’avoir des répercussions sur sa vie familiale, sur son activité professionnelle et sur son goût artistique.

Le service de la Beauté du Travail lutte énergiquement contre la mauvaise organisation, le désordre et la malpropreté des ateliers et met à la disposition des entrepreneurs son personnel pour la transformation des lieux du travail.

Avant chaque entrée en campagne dans une branche d’industrie ou dans une région, le service sollicite les suggestions des chefs d’entreprise et des travailleurs. Les transformations sont souvent proposées ou même imposées aux patrons par les délégués d’entreprises nationales-socialistes. Les commissaires du travail du Reich font aussi remarquer que le souci du bienêtre du personnel ne peut que favoriser la paix sociale. La diffusion de films et de tracts, des séries de conférences, des expositions, une revue contribuent à développer le mouvement. Avant de faire exécuter des travaux de construction ou de transformation de locaux industriels d’une certaine importance, les inspecteurs du travail doivent, conformément à des directives du 19 juillet 1935 émanant du Ministère du Travail et concernant la collaboration de l’inspection du travail avec la section « Beauté du Travail »,

se mettre en relation avec ce dernier service. Celui-ci conseillera utilement l’employeur. Le service d'inspection ne pourra toutefois saisir directement la section « Beauté du Travail »

des projets de constructions ou de modification ui lui sont soumis qu’avec l’assentiment de l’employeur. De plus les inspecteurs suggèrent aux chefs d’entreprise désireux d’apporter des améliorations dans leurs bâtiments de soumettre leurs plans à la Beauté du Travail. Il existe une liaison constante entre l’inspection du travail et la Beauté du Travail tant en ce qui concerne les mesures visant à des constructions nouvelles qu’à la recherche des installations défectueuses.

La transformation des établissements concerne le développement des installations sanitaires, l’augmentation du nombre des lavabos et des vestiaires, leur édification dans des salles propres et carrelées. Dans une entreprise visitée par nous, nous avons noté la proportion de quatre-vingts lavabos et de huit douches pour quatre cent cinquante personnes qui avaient toutes leur vestiaire individuel. Un effort général a été poursuivi en vue d’obtenir une aération par des ventilateurs et un éclairage rationnel des lieux de travail, la « bonne lumière » est synonyme d’un « bon travail », cette campagne visait aussi bien la distribution de la lumière artificielle que la pénétration de la lumière solaire dans les ateliers par de larges baies.

Les terrains vagues situés à côté des usines ont souvent été aménagés en pelouses pourvues de bancs où les travailleurs peuvent se reposer pendant les suspensions de travail ; les fenêtres

égayées par des rideaux coquets ont été munies de fleurs coupées ou de plantes vivaces, toute cette décoration très simple devant contribuer à rendre engageant le travail.

Dans le même ordre d'idées il faut signaler la création de salles à manger communes au personnel et au chef d’entreprise : lé personnel de direction et les ouvriers peuvent y prendre ensemble leur repas. Ce n’est, en effet, souvent pour le personnel qu’une faculté dont il n’use pas ; en effet, bien que certaines entreprises offrent des repas de deux plats pour 0 mark 50 — repas qui reviennent en général à 0 mark 80, l’entreprise prenant à sa charge le couvert, la cuisson et le service — ces salles à manger sont peu fréquentées, les salaires ne permettent pas actuellement à un ouvrier allemand qui a des charges de famille de dépenser chaque jour cette somme et la plupart des ouvriers mangent à midi le repas qu’ils emportent de chez eux. La possibilité de prendre des repas non près de Pétabli ou de la machine, mais dans une salle claire et aérée, pendant que joue parfois l’orchestre de l’usine, constitue cependant une amélioration certaine dans la vie du travailleur. De plus, la plupart des entreprises devront prochaïinement installer des cuisines populaires pour que le personnel n’ait plus à emporter de repas froids. |

Du même esprit procède l’inspection. des logements des travailleurs. On demande aux chefs d'entreprise de savoir si, en conscience, ils laisseraient leurs fils dormir dans les locaux qu’ils mettent à la disposition de leur personnel.

Le souci du bien-être des travailleurs se marque encore par l’édification de maisons de camaraderie, {Kameradshaftschäuser) où se réunissent pour des fêtes et des soirées tous les membres de l’entreprise et qui doïvent comprendre des salles de repos, des bibliothèques.

C’est en quelque sorte le point d’aboutissement de cette conception patriarcale de l’entreprise et de l’économie : les liens indestructibles qui unissent le chef d’entreprise: et son personnel y trouvent leur expression la plus belle et la plus visible, nous apprend-on (1). L’entreprise ne forme qu’une seule famille ; la garde de ces bâtiments est assurée le plus souvent par un travailleur victime d’un accident du travail et veille à leur entretien. Il existe plus d’un millier de ces maisons de camaraderie.

L’effort du service de la Beauté du Travail a jusqu'ici principalement porté sur les établissements dans lesquels les conditions du travail apparaissaient particulièrement défectueuses les tanneries, les briqueteries, les fabriques de chaussures, les hôtels et les navires de la marine marchande. Au sujet des installations sur ces navires, le Führer a notamment déclaré dans une entrevue avec M. Abel Bonnard au mois d’avril 1937 :

« Jusqu’à ces derniers temps, dit-il, il y avait sur les bateaux des grandes compagnies de navigation un contraste choquant entre le luxe réservé aux passagers et la vie du: personnel ; d’un côté, tous les raffinements, toutes les recher-

(1) Schünheit der Arbeit, n° 1, année 1936.

ches ; de l’autre, aucun agrément, aucune commodité, des conditions d’existence pénibles et malsaines. En vain nous insistions pour que cela fût changé ; quand nous demandions que les gens du personnel fussent logés plus à l’aise, on nous répondait que la place coûtait trop cher sur les grands bateaux pour qu’on pût nous satisfaire ; quand nous demandions qu’ils eussent un pont réservé pour pouvoir prendre l'air, on nous disait qu’il y avait là une difficulté. »

« Maintenant, sur les nouveaux navires, le personnel a des cabines convenables ; il a un pont à son usage où il peut se reposer dans de bons sièges, il a des appareils de radio pour se distraire, il a une salle à manger où ses repas sont présidés par un officier du bord ; et toutes ces améliorations n’ont pas coûté tellement cher, mais il fallait les vouloir. »

Le service de la Beauté du Travail aurait fait effectuer en 1935 des dépenses pour 200 millions de marks et en 1936 pour 400 millions de marks ; les subventions allouées par le Front du Travail s’élevant respectivement à 99 millions de marks en 1935 et à 79 millions en 1936.

Sur l’activité de la Section depuis sa création, les chiffres suivants ont été produits dans le rapport de l’année 1936 : ont été édifiés :

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