I. ÉDUCATION ET CULTURE
D'un point de vue culturel il s’agit de mettre à la portée de toute la population les possibilités de s’instruire. Le service d’instruction et d’éducation populaires a créé dans trois cents centres d'éducation des conférences d’ordre général, des cours de sténographie, de langues, de calcul, de mathématiques, de sciences physiques et chimiques et même d’astronomie. Il a organisé des soirées où sont récitées des œuvres de poètes et d'écrivains. Un système ingénieux de bibliothèque circulante permet en outre de répandre les « bons livres » à l’intérieur de tout le pays. En 1936, 10.435 conférences ont groupé plus d’un million et demi d’auditeurs. Des visites dans les musées par groupes de vingt-cinq à cinquante personnes sont aussi organisées.
La Force par la Joie met à la disposition de ses adhérents les places dans différents théâtres avec lesquels elle a conclu des conventions ou dans des théâtres lui appartenant. Le prix des places est fixé d’une manière uniforme à un prix inférieur à un mark. Les places attribuées sont tirées au sort par les spectateurs, ce qui
n’est pas, comme il est soutenu, une innovation nationale-socialiste visant à développer le sens de la communauté nationale mais la continuation d’un procédé déjà utilisé par les syndicats avant 1933. Les représentations des théâtres de la Force par la Joie sont en fait sensiblement inférieures à celles des autres théâtres. Le chiffre des spectateurs utilisant les billets à prix réduit de la Force par la Joie est passé de 4.600.000 en 1935 à 5.840.000 en 1936. Ce public, en partie très nouveau, n’a exercé actuellement encore aucune influence sur le répertoire. Il a fait revivre des opérettes « viennoises » comme le Baron- Tzigane, le Comte de Luxembourg, la Chauve- Souris. Des opéras comme Tannhaüser ou le Freyschütz sont aussi représentés de même que des pièces comme la Mégère apprivoisée ou Peer Gynt. En 1936 la Force par la Joie a en outre fait jouer une revue à grand spectacle au Théâtre du Peuple à Berlin, revue vantant l’œuvre même de la Force par la Joie.
Il faut aussi mentionner la présence de vingtcinq voitures de films sonores et de trains de théâtre. Les troupes de ces théâtres ambulants sont au service de la Force par la Joie, elles assurent des représentations dans les campagnes et dans les petites villes et auprès des ouvriers travaillant à la construction des autostrades.
D’après le rapport présenté par M. Herst Dressler-Andress, inspecteur pour le Reich la « Force par la Joie », à la troisième conférence du Service Social reunie à Lonaäres en 1936 le théâtre ambulant est destiné à faire voir à des millions de personnes les œuvres les plus célèbres de l’art
allemand. L’arrière-pensée politique n’est toutefois pas absente de cette légitime préoccupation : Le Tartufe de Molière utilisé comme machine de guerre contre le catholicisme a, de la sorte, fait le tour de l’Allemagne en 1936.
L'activité musicale de la section d’éducation populaire est considérable, L'organisation des concerts a été particulièrement développée ; les chefs d'orchestre les plus renommés viennent diriger les « concerts modèles » organisés par K.d.F. Depuis 1936, un orchestre symphonique allemand national-socialiste de quatre-vingt-dix musiciens a été créé ; il a donné jusqu’à présent plus de deux cents concerts, particulièrement dans les petites villes,
La radiophonie populaire a découvert 100,000 amateurs et les a produits dans diverses réunions et fêtes. Les meilleurs d’entre eux : solistes, chœurs et orchestres ont été réservés pour des émissions dont le poste de Berlin seul a fourni six cents en 1936.
Des expositions d’art ont été organisées dans les usines ; en 1936 elles auraient été visitées par deux millions et demi de travailleurs. Les œuvres exposées sont offertes à des prix peu élevés. Le personnel d’une usine du centre de l’Allemagne a ainsi acheté en deux semaines pour embellir les lieux de travail quarante et un tableaux et neuf sculptures pour 3.500 marks.
L’activité de cette section d’éducation populaire peut être particulièrement féeonde lorsqu’elle répand chez les travailleurs le goût des œuvres belles et simples, fait appel aux profonds instincts populaires et restaure les notions d’art,
de chants et de danses populaires. Mais l’œuvre d'éducation pepulaire a une orientation politique certaine. L’enseignement qui y est distribué n’a pas uniquement pour but, comme l’indique le jugement officiel, le développement de la valeur intellectuelle du peuple allemand. Plus particulièrement en ce qui concerne les conférences et les cours, il ne s’agit pas, à raison de leur éparpillement même, de la véritable culture désintéressée qui forme l’homme. Ils ne constituent qu’une occupation intelligente des loisirs peu dangereuse pour le régime, des cours du soir.