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I. L’ARTISANAT

Le Front du Travail est chargé de réaliser une des conceptions économiques les plus chères au régime : le développement de l’artisanat. Cet effort correspond à un des buts du parti nationalsocialiste qui désire aider à l’existence d’une solide classe moyenne, soit en soutenant l’ancienne classe moyenne, soit en favorisant l’ascension

de nouvelles couches de population vers la petite propriété et la petite entreprise. Cette classe moyenne nouvelle représente d’ailleurs au point de vue politique le meilleur soutien du régime. Après avoir assuré son existence par une politique de formation des prix des objets fabriqués par les artisans le national-socialisme cherche à développer l’artisanat.

L’ancienne loi sur les métiers du 27 juillet 1897 n’avait pas subi de modification depuis 1908 et les artisans, qui forment un huitième de la population active, reprochaient à la République de Weimar sa préférence marquée pour les ouvriers de la grande industrie. La loi provisoire du 29 décembre 1933 sur l’organisation provisoire de l’artisanat allemand permet aux autorités publiques d’apporter des simplifications dans l’organisation des corporations artisanales afin d’adapter leur activité « aux nouvelles missions du Reich et des pays ». C’est par application de cette loi qu’ont été dissoutes un grand nombre de corporations sans aucune indemnité. Le statut de l'artisanat est fixé par des ordonnances des 15 juin 1934 et 15 janvier 1935 : elles donnent la haute main sur l’organisation des métiers au Front du Travail, les gardes de chaque corporation, les compagnons ne peuvent être nommés qu'avec l’assentiment des sections du Front du Travail. Dans un manifeste du 20 février 1937 le Dr Ley a annoncé que l’artisanat serait placé sous le contrôle absolu du parti national-socialiste et du Front du Travail, ce dernier fixant la ligne de conduite que devront désormais adopter les corps de métier,

Les organisations de patrons, de compagnons et d’apprentis sont réunies en corps de métiers ( Gewerke). Le centre culturel et social du corps de métier sera la maison commune ; dans chaque localité tous les artisans du Front du Travail seront réunis en un groupe artisanal local, dirigé par le chef de l’artisanat local (Ortsbandwerkwalter) ; des groupes d’atelier analogues aux pelotons du travail seront aussi constitués.

L’instruction professionnelle sera confiée au Front du Travail qui veillera à ce que tous les jeunes gens passent par un atelier d’artisan et accomplissent leur tour d’Allemagne ; de plus des écoles professionnelles permettent le perfectionnement des connaissances techniques.

La « reprise en main » de l’artisanat s’accompagne de la création de rites à caractère nationalsocialiste, destinés à remplacer les traditions d’inspiration maçonnique : admission des apprentis, congés, nouveaux drapeaux. Les anciennes bannières des corporations de métiers qui rappelaient les divisions de l’artisanat ont disparu ; une décoration de l’artisanat qui sera décernée par le parti ou le Front du Travail a été créée. Cet ensemble de mesures doit permettre de reconnaître si l’artisanat fait partie intégrante du peuple. Deux grandes fêtes, au printemps et à l’automne, seront organisées, la première pour l’immatriculation des apprentis et la nomination des compagnons, la seconde pour la nomination des maîtres.

Mais, l'effort le plus intéressant, est, sans aucun doute, celui tenté en vue de recruter une nouvelle génération artisanale dans toutes les

couches de la nation. Le Front du Travail prend soin de l’établissement des jeunes artisans reconnus les plus capables par leurs connaissances professionnelles et par leur caractère. À cet effet il a été constitué, en 1937, un fonds d’établissement des artisans. À titre transitoire des crédits seront d’abord consentis à tous ceux qui auront été reconnus posséder la capacité technique suffisante et dont l'attitude politique sera irréprochable, même s'ils ont dépassé l’âge auquel on doit assurer son existence par ses propres moyens. Mais à l’avenir ces crédits seront réservés aux jeunes apprentis qui auront satisfait à certaines conditions : appartenir au Front du Travail, avoir suivi les cours de formation professionnelle du Front du Travail, avoir pris part avec succès aux concours. Il est en outre recommandé aux apprentis et aux compagnons de demander un carnet d'épargne sur lequel seront collés par leurs soins des timbres de trois ou de cinq marks, qui, rempli de douze timbres, constituera un premier dépôt à la banque du Travail.

Le Front du Travail se réserve avant d’accorder le prêt sollicité d'examiner si l’artisan trouvera des moyens d’existence au lieu dans lequel il a l'intention de s’établir.

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