II. LES ACCORDS SCHACHT-LEY
Le régime de l’artisanat représente un effort en vue de réaliser un nouvel ordre économique, mais il ne concerne qu’une partie de la population allemande laborieuse, aussi plus significa-
tive de la puissance du Front du Travail est la convention du 31 mars 1935 dite accord Schacht- Ley dont le but serait de poser les bases d’une nouvélle organisation de l’économie allemande:
Cette convention doit sérvir à la collaboration étroite du Front du Travail et l’organisation économique du Reich (Organisation der gewerblichen Wirischaft) formée par le groupe de l’industrie du Reich, le groupe de l'artisanat du Reich, le groupé des banques du Reich, le groupe des assurances du Reich et le groupe des forces motrices du Reich. Un organe central, le conseil du Travail et dé l’économie du Reich (Reichsdrbeits- und Reichswirtschaftsrat) qui se réunit sur la convocation des chefs des deux organisations ést chargé d'étudier les questions de politique économique et sociale, les mesures pour l’exécution des décisions prises. Ce conseil comprend les chefs du Front du Travail, de la Chambre économique et de la Chambre du Travail du Reich, La même organisation paritaire se retrouve à l’échelon district : le Conseil consultatif de la Chambre locale d'économie sé réunit avec le conseil local du Front du Travail pour former le conseil du travail et de l’économie de la région. En principe cette organisation a surtout pour but d’éviter l’hostilité qui pourrait naître entre le Front du Travail et l’organisation économique et de prévenir les divergences de vue qui pourraient séparer les deux organismes : le premier pouvant trop incliner à représenter le personnel bien qu’il groupe employés et employeurs, et le second né se souciant que des intérêts économiques des entreprises. L’idée qui présidait à cèt
accord était aussi d’arriver à une réglementa: tion des questions sociales et économiques en dehors du Commissaire du Travail, celui-ci n’intérvenant qu'éventuellement pour faire tespecter la notion d’intérêt général.
L'application de la convention a été menée avec beaucoup de prudence. Les réunions des Conseils de districts de l’économie et du Front du Travail n’ont pas été fréquentes. En fait on ne peut affirmer que les nouveaux organismes qui étaient d’ailleurs purement consultatifs aient véritablement fonctionné et la liaison établie entre eux s’est révélée assez fragile. L'action du Front du Travail sur l’économie allemande est cependant sensible, mais elle trouve une meilleure expression dans l’accord Schacht-Ley du os novembre 1936 qui habilite le chef du Front du Travail et le Ministre de l'Économie du Reich à travailler directement dans le cadre du plan de quatre ans et à réaliser des œuvres communes. Ce dernier accord aux termes très vagues permet au Front du Travail d’être chargé de services qui débordent le cadre de l’association professionnelle.
Parmi ces accords, au sujet desquels il est fait grand bruit lors de leur conclusion, mais dont l'efficacité dépend avant tout de la personnalité des dirigeants et de leur influence momentanée, il faut mentionner l’accord avec la corporation paysanne {Reichsnährstand) du 6 octobre 1935 qui permet à celle-ci d’être membre corporatif du Front du Travail, l’accord avec la corporation des juristes du 9 octobre 1935, l’accord avec la Chambre de Culture du Reich pour assurer le
développement de la culture populaire, dans la communauté nationale-socialiste « la Force par la Joie ».
Toutes les institutions du IIIe Reich finissent ainsi par se rejoindre, mais l’organisation poussée à ce degré est loin d’aboutir dans tous les cas à des réalisations effectives.