CONCLUSION
des discours, des exposés et des tracts à l’intérieur et à l’extérieur du Reich au compte de la révolution nationale.
Certes le nouveau régime a offert des avantages concrets considérables, mais ils sont très habilement grossis ; ils sont certainement plus importants que ceux accordés par les anciennes associations professionnelles mais ils sont dans la ligne de ceux qu’auraient sans doute offerts les syndicats sans les bouleversements économiques dûs à la guerre. l’Allemagne ne commence pas en janvier 1933 et les régimes antérieurs avaient souvent réussi à améliorer le sort des classes laborieuses,
Seule toutefois la Constitution de Weimar prévoyait dans son article 263 que les syndicats ouvriers pourraient collaborer sur un pied d’égalité avec les employeurs à la réglementation des conditions de salaires et de travail en général et au développement économique des forces de la production,
Le mouvement social actuel est assez dans la ligne de la politique pratiquée par les monarques allemands au xix® siècle. Cette politique telle qu’elle était pratiquée par la royauté prussienne (l) visait à ne perdre aucune force nationale et parmi ces forces était rangé le prolétariat ; mais les réformes ne devaient pas avoir pour effet d’accroître la puissance politique du prolétariat : l’idéal en ce domaine pour Bismarck notamment, était une contrainte corporative qui devait peser sur les ouvriers.
(1) E. VerMex, L'Allemagne du Congrès de Vienne à la Révolution mondiale.
Guillaume IT ensuite a aussi cherché à intégrer le prolétariat dans la nation en multipliant les réformes sociales ; ses efforts furent plus ou moins couronnés de succès. À l’heure actuelle n’assistons-nous pas à un nouvel essai d’intégration alors que la classe ouvrière, qui existe encore en fait, est privée de tous droits et que certains points du programme national-socialiste comme la participation aux bénéfices (point 14) paraissent définitivement abandonnés même si ce retard est expliqué par les difficultés pratiques de réalisation ?
Le but ne semble pas toutefois atteint ; les discours officiels sont encore toujours construits sur les mêmes thèmes du retour du peuple dans la communauté et de la lutte contre le marxisme qui conduit les peuples à la ruine et à la mort ; les affirmations sur l’Allemagne rénovée miraculeusement et devenue plus belle sont trop nombreuses pour correspondre à la réalité, celle-ci peut se passer de tous commentaires.
L’idée de la communauté nationale, comme d’ailleurs en régime parlementaire le dogme de la souveraineté populaire, n’est qu’une fiction et ne peut faire l’objet que d’actes de foi.
La jeunesse, qui seule intéresse le régime — le Führer en 1935 n’a-t-il pas dit aux ouvriers des usines Siemens qu’à défaut des pères il aurait les fils pour lui — reste l’inconnue. Elle aura été façonnée complètement dans la mystique et aura subi l’enthousiasme des manifestations grandioses.… le mythe ne peut-il devenir alors réalité