CONCLUSION
L'organisation du Front du Travail est caractérisée par deux traits distincts. Le premier est une emprise énorme sur le travailleur et même jusqu’à un certain degré sur le patron, emprise non étatique qui, si elle est moins lourde que celle de l’État, a une action peut-être plus pénétrante encore. Le second trait, c’est l’action positive du Front du Travail.
Le Front du Travail est un instrument d’encadrement très puissant des anciennes forces groupées dans les syndicats ; c’est aussi un instrument d’administration et de contrôle. L’œuvre d'éducation morale en vue d’arriver à faire pénétrer le sens de la communauté populaire se traduit par une surveillance de toute la population active et par des obligations imposées à tous dans l'intérêt général. De même que les questions de salaires sont formellement exclues du champ d’activité du Front du Travail, et l’amélioration de leur situation économique par l’augmentation des salaires était autrefois le but poursuivi par les syndicats beaucoup plus que la propagande « marxiste », étiquette actuellement fort commode pour masquer tout ce dont il n’est pas permis de parler — de même les chefs
d’entreprise ne sont pas forcés, mais invités à employer une partie de leurs bénéfices à des améliorations devant servir au personnel. L’emploi des bénéfices dépassant six pour cent du capital d’une entreprise n’est d’ailleurs pas libre et le patron a tout intérêt à ne pas montrer d’hostilité envers un régime qui, dans un grand nombre de cas, ne lui laisse plus qu’une fonction technique.
Les avantages matériels sont avant tout ceux retirés des prestations servies par la communauté nationale-socialiste «la Force par la Joie » toutes réserves étant faites sur la possibilité de prendre part aux voyages, d’assister aux représentations théâtrales. Même les cours qui existaient en si grand nombre, comme d’ailleurs avant l’avènement du IIIe Reich, à l’image de ceux qui sont actuellement répandus dans toute la Russie (1) n'apparaissent pas destinés au développement de la personnalité ou de l'intelligence, ils se bornent à favoriser une solide formation technique. Ce développement « culturel » que recherche la Force par la Joie peut sembler d’une qualité suspecte quand on le rapproche des efforts tentés systématiquement pour abaisser le niveau de culture générale de tout un peuple, pour le dépouiller de tout humanisme et abolir en lui le véritable esprit critique, le jugement et le bon sens,
Il faut aussi ne pas mettre toute l’œuvre sociale considérable accomplie en Allemagné comme le répète une propagande inlassablé par
(1) Charles Vibprac, Russie Neuve.