‹ Le fruit defendu comedie en trois actes, en versChapitre 37 sur 68 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MARGUERITE, LÉON

MARGUERITE

Ici, tous les matins, qu’est-ce donc qui t’amène?

LÉON

J’ai... beaucoup d’amitié pour... monsieur de Varennc... Et puis, quand j’ai causé, le soir, seul avec toi,

La campagne devient comme un besoin pour moi.

MARGUERITE

Sur tes impressions, pour revenir ensemble,

Tu pouvais bien au moins m’en parler, il me semble.

« LÉON

Si je ne l’ai pas fait, c’est par disefttion.

C’est par tendresse... hélas! c’est par compassion!

Je souffre de te voir triste et désenchantée.

Comme une pauvre fleur par l’orage emportée.

Au milieu de ce inonde insipide et bruyant

Oui ne sait pas comprendre un bonheur moins brillant. Mon amitié du moins jamais ne t’abandonne;

A part.

Je me lance, tant pis, l’occasion est bonne'...

HiUl.

C’est ici, c’est ici, sous ce ciel embaumé !

Qu’il serait doux de vivre, et plus doux d’être aimé!

DESROSIERS, rentrant, au Tond.

Bien !

LÉON

Si ton cœur lisait dans le cœur le plus tendre.

Ce que je ne dis pas, tu pourrais le comprendre;

Le respect m’a toujours retenu, tu le sais...

Mais maintenant...

MARGUERtTE, se lésant.

Oh ! ciel !

DESROSIERS, & part.

Assez, mon drôle, assez

MARGUERITE

Que dis-tu!...

LÉON

Je ne sais ce que je dis moi-même !

A pari.

Allons, décidément, c’est celle-là que j’aime!...

DE S ROSI ERS, au fond, te montrant. "

Hum! hum!... •

MARGUERITE

Mon oncle!...

LÉON

Encor !...

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