I.ÉON
Jeanne?
DESROSIERS
Je suis fâché de t’affliger ainsi;
Mais hier, à ce bal. .. mais ce matin, ici...
Tu ne nous quittes plus ! La passion t’égare !
— Un obstacle éternel, Jeanne et toi, vous sépare !
Un obstacle?...
LÉON
Éternel ! un abîme !
LÉON
Comment !
DESROSIERS
Vous eussiez fait ensemble un ménage charmant.
Je te plains, mon ami, car je comprends qu’on l’aime !
LÉON
Mais non, rassurez-vous, je n’y pense pas même !
DESROSIERS
Si tu m’en avais cru, ce serait déjà fait;
Un pareil mariage aurait été parfait.
LR FRUIT DÉFENDU.
Il est trop tard ! jadis, lorsque c’était possible,
Comment ton cœur a-t-il pu rester insensible?
Comment n’as-tu pas vu que rien ne valait mieux Qu’un bonheur bien à soi, dont on est orgueilleux ?
Qu’une enfant de seize ans...
Je vous promets...
DESROSIERS
Comme elle...
Qu’on montre à tout le monde, en disant : Qu’elle est belle !
— A ton fige, j’aurais voulu me marier;
Mais alors j’avais trop besoin de travailler;
Je suis resté garçon, vieux garçon solitaire.
Fais mieux que moi, mon fils, puisque tu peux mieux faire; Choisis avec ton cœur, choisis avec ton goût,
Et tu choisiras bien ! — mais pas Jeanne, surtout
LÉON
Au moins expliquez-moi pour quel motif...
DESROSIERS
Qu’entends-je
Tu l’aimes!... malheureux !... j’en étais sûr... un ange!
iéon.
Mais pas du tout !
DÉSROSIERS.
Je suis cruel, je le comprends...
Au nom de ma tendresse et de mes cheveux blanc:.
Je t’en prie... à vingt ans, ce mal-là se répare,
Cherche ailleurs... un obstacle éternel vous sépare!