‹ Le fruit defendu comedie en trois actes, en versChapitre 40 sur 68 · I.ÉON · texte numérisé non relu

I.ÉON

Jeanne?

DESROSIERS

Je suis fâché de t’affliger ainsi;

Mais hier, à ce bal. .. mais ce matin, ici...

Tu ne nous quittes plus ! La passion t’égare !

— Un obstacle éternel, Jeanne et toi, vous sépare !

Un obstacle?...

LÉON

Éternel ! un abîme !

LÉON

Comment !

DESROSIERS

Vous eussiez fait ensemble un ménage charmant.

Je te plains, mon ami, car je comprends qu’on l’aime !

LÉON

Mais non, rassurez-vous, je n’y pense pas même !

DESROSIERS

Si tu m’en avais cru, ce serait déjà fait;

Un pareil mariage aurait été parfait.

LR FRUIT DÉFENDU.

Il est trop tard ! jadis, lorsque c’était possible,

Comment ton cœur a-t-il pu rester insensible?

Comment n’as-tu pas vu que rien ne valait mieux Qu’un bonheur bien à soi, dont on est orgueilleux ?

Qu’une enfant de seize ans...

Je vous promets...

DESROSIERS

Comme elle...

Qu’on montre à tout le monde, en disant : Qu’elle est belle !

— A ton fige, j’aurais voulu me marier;

Mais alors j’avais trop besoin de travailler;

Je suis resté garçon, vieux garçon solitaire.

Fais mieux que moi, mon fils, puisque tu peux mieux faire; Choisis avec ton cœur, choisis avec ton goût,

Et tu choisiras bien ! — mais pas Jeanne, surtout

LÉON

Au moins expliquez-moi pour quel motif...

DESROSIERS

Qu’entends-je

Tu l’aimes!... malheureux !... j’en étais sûr... un ange!

iéon.

Mais pas du tout !

DÉSROSIERS.

Je suis cruel, je le comprends...

Au nom de ma tendresse et de mes cheveux blanc:.

Je t’en prie... à vingt ans, ce mal-là se répare,

Cherche ailleurs... un obstacle éternel vous sépare!

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