‹ Le fruit defendu comedie en trois actes, en versChapitre 58 sur 68 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

JALABERT, tlUnt î Leon.

Un moment, s’il vous plaît, un moment !

A Marguerite.

Chère amie.

Devant ces trois messieurs... entendez-vous, Léon?...

Je viens publiquement vous demander pardon.

MARGUERITE

Pardon... de quoi?

JALABERT

Je sais mes torts et les confesse,

Et de les réparer, à tout prix, je m’empresse.

Je viens de racheter ma maison de Brunoy ;

Vous y viendrez demain demeurer avec moi.

Devant votre raison mes caprices se taisent ;

Nous fuyons les plaisirs, les bals qui vous déplaisent;

Je ne veux désormais suivre que votre goût.

Vous détestez Paris, partons !

MARGUERITE

Mais pas du tout

Je l'aime beaucoup.

JALABERT

Hein?... Quoi! vous aimez les fêtes?

MARGUERITE

Peu, c’est vrai.

Vous aimez le luxe et les toilettes?

MARGUERITE

J’aime... j'aime Paris!

Autrefois.

JALABERT

Vous l’aviez en horreur,

MARGUERITE

Autrefois, c’est vrai, j'en avais peur;

Mais depuis, vous voyant l’aimer, j’ai fait de même.

JALABERT

Et vous n’en aimez rien de ce qui fait qu’on l’aime !

Qu'est-ce qui vous en plaît, répondez?

MARGUERITE

Tout et rien...

Je ne sais, mais je veux y rester... j’y suis bien.

DESROSIERS, à part.

Tout et l'ion !

DE VARENHE, & part.

Tout et rien !

JALABERT

Vous voulez?...

MARGUERITE

Je désire,

Je souhaite... A cela trouvez-vous à redire?

C’est votre faute.

JALABERT

A moi?

A part.

Diable ! j’ai fait du beau !

Il ic retourne du côté de Leoa, qui, pour se donner une contenance, bro.*sv ion chapeau arec sa main.

DE V À R EN NE , bas à Desrosiers, regardant Leon.

Voyez-vous tout et rien qui brosse son chapeau?

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