ETUDE DE L’ARBRE
L'étude de l'arbre offre des difficultés dans tous les genres de dessin. Elle se simplifie dans le fusain qui en donne surtout la poésie, la noble et grande expression, l'apparence vigoureuse ou délicate, soit que l'on aborde la forêt aux sombres effets, soit que l'on veuille, par contraste, faire filer dans le ciel une branche légère au feuillage
clair-semé. On peut avec un fusain taillé en pointe préciser les formes d\m arbre ébauché. En général^ le fusain de branches naturelles, provenant d’arbustes de diverses sortes, est excellent par sa friabilité pour accuser l’esprit d’une ébauche ; il donne les dégradations du noir le plus intense. On trouve dans ces mêmes espèces un choix de fusains blonds qui donnent ces dégradations plutôt en gris. Le fusain à petites branches, fabriqué avec le bois de ce nom, permet des traits d’une finesse extrême. Ces divers fusains fournissent des travaux très-variés. On en alterne à son gré l’emploi dans le même travail. 11 serait facile de s’exercer à chercher les travaux qui conviennent le plus à l’étude de l’arbre en disposant des tons clairs sur le papier; on estomperait ce travail par places, et à côté des demi-teintes qui en résulteraient, on établirait des noirs vigoureux ; par ce simple exercice on verrait le parti que l’on peut tirer des clairs, des demi-teintes et des tons foncés pour arriver à modeler l’ensemble d’un arbre. Par cette recherche du modelé, par l’harmonie de ces diverses teintes, on obtient des masses lumi-
neiises se détachant sur des plans intermédiaires plus foncés^ et Ton donne du mystère aux parties profondes du feuillage, au travers duquel on ménage à la mie de pain des trouées sur le ciel.
On rend à merveille au fusain l’écorce d’un tronc d’arbre, son apparence lisse ou rugueuse, sa coloration sombre ou brillante; la mie de pain y enlève au milieu d’une ombre grise ces éclats de lumière, comme Diaz sait si bien les faire jaillir dans ses lisières de forêts par une magie de couleur dont il a le secret.