LES PAPIERS
Dans chacune des deux brochures1, les seules intéressantes et les seules sérieuses qui aient été écrites sur le fusain, il y a une opposition telle dans le choix des papiers à employer, que nous citerons les deux passages, pour dire ensuite notre opinion à ce sujet, et spécifier dans quel cas on pourra se servir avantageusement de chaque espèce de papier.
« Le papier, dit M. Lalanne, s'il a un certain grain, une rugosité semblable à celle du papier vergé, accroche les parties friables du fusain, et, quel que soit le sujet qu'on veuille traiter, on fera bien, après avoir taillé son fusain, de passer en tout sens un ton général, qui donnera
i. MM. Lalanne et Allongé.
déjà un commencement de valeur, pour n'avoir pas à travailler ensuite sur une surface blanche, mais bien sur un fond préalablement établi. Cette valeur pourra se modifier suivant les différents plans du sujet. »
D'autre part nous trouvons : « Ce qui me force à condamner des papiers qui auraient un grain trop fort ou des divisions régulières, c'est que je trouve qu'il est absolument nécessaire, pour les fonds, de pouvoir écraser le ton, afin de le rendre plus fin à cause de son plan, quelque vigoureux qu'il soit comme ton; de même pour les eaux, et alors, si le grain du papier donne dans les fonds le même travail qu'au premier plan, il vous force à laisser dans votre travail des aspérités blanches pour toutes les lumières, si différentes entre elles; vous n'aurez plus ni plans ni valeurs, car ce grain blanc rendra aussi bien le jaune que le vert, le ton sourd que le ton brillant, nous tombons dans le procédé et le côté pictural disparaît 1 . »
Cette réfutation, quant à l'emploi des papiers vergés, nous semble fort juste ; car, outre qu'il est fort difficile en préparant un ton général, comme l'indique Lalanne, d'obtenir avec ce papier un ton fin, uni et partout égal, et où les rayons ne paraissent pas, ce papier, par cela même qu'il laisse voir, entre les aspérités qui accrochent le fusain, le ton du papier lui-même, loin de donner un ton frais et lointain, portera facilement l'élève à exécuter des dessins dont les ciels et les eaux papilloteront, et dont les terrains manqueront absolument de solidité. De plus, ce papier, fort léger de sa qualité même, est d'un